VIDÉO Policiers racistes de Carcassonne : "Une vieille a percuté un bougnoule apparemment", qu’entend-on précisément sur les images ?
Un équipage de policiers municipaux de Carcassonne a été filmé à son insu le 6 novembre 2025 par la caméra piéton du chef d’équipe, révélant des propos racistes, misogynes et complotistes. Les images, découvertes en interne, ont conduit à une enquête préliminaire du parquet. Le principal protagoniste, C.R., est un ancien parachutiste lié au Rassemblement national.
Midi Libre a révélé mardi 8 septembre 2026 qu’un équipage de quatre policiers municipaux de Carcassonne avait été filmé à son insu pendant six heures, le 6 novembre 2025, par la caméra piéton du chef d’équipe. Cet enregistrement permet d’entendre clairement des propos racistes, misogynes, complotistes et putschistes.
Les images sont entre les mains des gendarmes depuis janvier 2026 et ont conduit le parquet de Carcassonne à ouvrir une enquête préliminaire. Le principal protagoniste, C.R., 50 ans, ancien parachutiste, était également très investi dans la sécurité du Rassemblement national, donc il a été exclu ce matin.
Qu’entend-on sur cette vidéo ? Des propos inadmissibles, jusqu’à la nausée, pour des agents en mission de service public.

Racisme
“Ils roulent vite ces bougnes”, lance par exemple C.R., le chef d’unité, ex-militaire et dévoué au RN, en début de patrouille, devant le passage d’un Maghrébin au volant. En souhaitant vivement être à décembre où “la zone sera claire avec les forains : les punks à chien et les bougnoules, ils aiment pas ça”. La suite est du même tonneau avec une stigmatisation de l’étranger et un torrent de haine : “J’en peux plus, en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l’Afghan…”, éructe-t-il. Par deux fois, les Africains sont traités de “singes”. Un de ses collègues n’est pas en reste, insultant entre ses dents un passant depuis la voiture de police, “c’est un bougnoule qui pue le kebab”.
Lors de la seule intervention de la soirée, une dame signale par téléphone avoir percuté ce qu’elle pense être un chevreuil ou un sanglier… “S’il vit encore, ça va être le bordel…”. “Tu lui mets une cartouche dans la gueule et voilà…”. “Fais chier, va falloir écrire après” échangent-ils. Et puis empruntant un accent caricatural : “C’est peut-être un migrant […] Un petit Kirikou de la savane, il est venu en France et il est percuté par un véhicule”. “Imagine il vient en France, il se fait buter par une voiture communiste.”
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e téléphone sonne, un collègue s’enquiert de leur activité. L’équipe répond : “Une vieille a percuté un bougnoule apparemment.” Entre deux vidéos consultées sur internet et une attention toute relative portée à la sécurité de la ville, ils dissertent sur le wokisme, Macron ou encore les femmes avec un masculinisme échevelé.
Masculinisme et complotisme
“Bruce Lee, ça a jamais été une gonzesse, des femmes il en faut partout, mais chacun son domaine […] Tu feras jamais le même travail qu’un guerrier, lance l’ex-militaire, brigadier-chef principal. On s’est fait bouffer, on a fait venir tout le monde, on a pris 40 ans de merde, de gauchiasse […] Le patriarche, c’est celui qui commande à la maison, celui qui bande et qui a les muscles : chez Cro-Magnon ça marchait comme ça, les conasses à l’époque dans les grottes, si elles étaient pas avec leur mec, elles se faisaient buter à l’extérieur.”
Le président de la République est attaqué sur sa sexualité et Brigitte Macron, accusé d’être un “transgenre” – fake news relayée par l’extrême droite, ayant déjà débouché sur des condamnations pénales – le tout, avec une tonalité complotiste du quinquagénaire : “On essaye de cacher ça au monde entier.”
Le passé militaire ressurgi quand l’ancien parachutiste découvre une vidéo TikTok critique envers le général Bigeard “tortionnaire” en Algérie. “Le mec qui a fait cette vidéo, il a intérêt à faire attention […] Et alors, on a niqué des bougnoules, et eux combien de soldats ils ont niqué ? Gauche de merde, ça, c’est des Lfistes, ils veulent qu’on donne tout aux bougnoules, nos maisons, nos filles.” La pluie tombe, l’équipe rigole dans le véhicule de service. “Et puis qu’on me dise : où commence la torture ?”, renchérit C.R.. Le silence s’installe.
Russes et coup d’État
Puis vient un passage au IIIe RPIma où la patrouille passe boire un café. Entre des critiques sur cinq collègues municipaux qu’il faudrait “virer” et une blague raciste, encore sur les migrants, ils écoutent un légionnaire raconter comment il a récupéré et remonté un fusil de l’armée allemande.
Les souvenirs de l’armée affluent entre C.R. et son ex-collègue : “Tout ce qui était dans l’armurerie quand on l’a vidée, tout ce qui n’était pas dans les comptes, on faisait disparaître”, lance le militaire. La patrouille repart, le service touche à sa fin, et le “remplacement civilisationnel” inquiète : “On est devenu chrétien sous Clovis, on va devenir musulman sous Macron”, lance encore le chef de patrouille affirmant avoir trouvé une arme pour un proche.
“Moi, j’aurais pensé qu’il y ait un putsch sous ce gouvernement, l’armée va monter au créneau, ce n’est pas possible”, lance un autre policier. Un troisième : “Il nous manque un général à grosses couilles, un ptit coup d’État, une petite dictature en France ça ferait pas de mal.” Et ils en viennent à souhaiter l’arrivée des Russes, “on sera obligés de boire de la vodka et manger du caviar !”. 22 h 45, une journée de travail s’achève. La caméra filme dans le vide.