Violences du 17 octobre à Toulouse : prof de dessin, étudiant ou alternant, les premiers casseurs poursuivis ont comparu face aux juges, "le cocktail Molotov ? On me l'a donné"
l'essentiel Après les violents incidents qui ont émaillé la manifestation samedi, à Toulouse, les suspects interpellés commencent à défiler devant la justice ce lundi à l'issue de leur garde à vue. Échos de l'audience des comparutions immédiates devant le tribunal correctionnel de Toulouse.
Sweat-shirt blanc, visage fatigué par 48 heures de garde à vue, Camille-Andrea est le premier à être présenté "pour des violences sur les forces de l'ordre", annonce le président Didier Suc. Le prévenu confirme d'un signe de la tête. Avec son défenseur, il souhaite un délai pour préparer sa défense.
"Pas de difficulté mais en raison des risques de réitération de l'infraction, et de la gravité avec des violences sur les forces de l'ordre, je demande son placement sous mandat de dépôt", annonce Stéphanie Veyssière, la procureure.
Prof de dessin, un premier séjour en prison
À 27 ans, cet auto-entrepreneur travaille "dans le dessin. Je donne des cours". Jamais condamné, pas d'antécédent avec les forces de l'ordre. "On parlera lors de l'audience au fond de ses infractions très contestables", prévient son avocat, Denis Lamotte. "Cet homme est inséré, dispose d'un logement, d'un emploi, d'une compagne. Un contrôle judiciaire suffit. Les actes qui lui sont reprochés ont eu lieu le samedi matin. Rien à voir avec le chaos vu à la télévision ou sur les vidéos."
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Le tribunal se retire et confirme le mandat de dépôt à son retour. Un souffle d'incompréhension traverse la salle d'audience, avec des bancs très fournis. Le jeune prof de dessin repart vers la maison d'arrêt. Il sera jugé le 10 décembre.
La détention ou le permis ?
Naël prend sa place à la barre. Lui a été laissé libre dimanche par le juge des libertés et de la détention. "Vous avez jeté une canette vers les policiers", résume le président. Cet Ariégeois de 28 ans confirme. "Et vous avez dit devant le juge des libertés et de la détention que vous ne vous sentiez pas du tout responsable", s'insurge la procureure qui requiert son placement en détention.
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"Parce qu'il se trouvait loin des policiers. Il savait qu'il ne pouvait les atteindre", tempère son défenseur Me Baptiste Bourqueney qui soutient son client dans sa demande de renvoi. Et veut lui éviter la prison : "Il ne vit pas à Toulouse. Il doit passer son permis de conduire demain. Un contrôle judiciaire suffit avant sa comparution." Court délibéré et confirmation du contrôle judiciaire. Naël repart vers l'Ariège. Il doit signer une fois par semaine au commissariat de Foix et n'a pas le droit de revenir à Toulouse avant son procès.
Un cocktail Molotov : "On me l'a donné..."
Ylane, regard d'enfant, lui succède dans le box. Juste majeur, il venait "chercher une alternance", détaille d'une voix fluette ce garçon de 18 ans. Il a été interpellé samedi avenue Etienne-Billières au plus fort des incidents. "Vous veniez de lancer un cocktail Molotov", précise le président Suc. "On me l'a donné. Je n'ai pas voulu le lancer..."
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Les policiers ont vu atterrir la canette à trois mètres d'eux. "Trois mètres, six mètres, dix mètres, on ne sait pas trop", argumente Me Claire Macario. Elle bataille pour éviter les douze mois de prison requis par le parquet. "Il s'est laissé embarquer dans une situation qui le dépasse. Jamais il n'a voulu faire du mal. Vous avez tant de solutions autres que la détention."
Le tribunal se retire et revient pour annoncer un an de prison avec sursis probatoire, et 140 heures de travail d'intérêt général. Obligation de formation, de travail, interdiction de porter une arme et suspension des droits civiques, une obligation. Ylane cherche des yeux son avocate pour comprendre. Ce soir, il sera libéré.
D'autres manifestants et aussi quelques pilleurs, sont attendus dès ce mardi devant la justice.