Viols et agressions sexuelles sur mineurs en Tarn-et-Garonne : deux pédophiles présumés face à la cour criminelle

Viols et agressions sexuelles sur mineurs en Tarn-et-Garonne : deux pédophiles présumés face à la cour criminelle

l'essentiel Du 21 au 24 septembre 2026, la cour criminelle départementale du Tarn-et-Garonne se réunit pour sa quatrième session de l’année. Pendant quatre jours d’audience, la juridiction a à juger deux hommes poursuivis pour de lourdes infractions sexuelles sur des mineurs. La cour examine d’abord le dossier de Marc C., un retraité accusé de viols et d’agressions sexuelles incestueuses commis entre 1998 et 2002, puis en 2022 et 2023 sur une seconde victime. Les juges se pencheront ensuite sur le cas de Nicolas M., poursuivi pour viol, agression sexuelle et corruption de mineurs à la suite de faits commis entre décembre 2022 et 2023.

Ce lundi 21 septembre 2026, dès 9 heures, la cour criminelle départementale du Tarn-et-Garonne ouvre ses portes au tribunal judiciaire de Montauban, sous la présidence d’Hélène Ratinaud, pour juger deux affaires d’atteintes sexuelles imputées à des adultes sur des adolescents et des enfants.

Le premier procès, prévu les 21 et 22 septembre 2026, concerne Marc C., 68 ans, natif de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et ancien technicien supérieur résidant à Verdun-sur-Garonne. L’accusé comparaît détenu et assisté par Mes Imane Krimi et Rachel Lheureux, tandis que les parties civiles sont représentées par Mes Mourad Benkoussa et Jérémie Glories.

Il remet une lettre d'aveux aux gendarmes

L’affaire a éclaté en 2023 lorsque le sexagénaire s’est présenté de lui-même à la brigade de gendarmerie de Montech avec une lettre dans laquelle il reconnaissait des attouchements sur le petit-fils par alliance de son épouse, alors âgé de 13 à 14 ans au moment des agissements.

L’adolescent, dont les résultats scolaires s’étaient effondrés, s’était confié en larmes à son enseignante avant de déposer plainte en octobre 2023 dans un commissariat de Paris. Se sachant découvert à la suite des révélations intrafamiliales et du dépôt de plainte, le sexagénaire a devancé les gendarmes en leur remettant sa lettre d’aveux après avoir adressé des courriels à ses proches.

Secrets de famille et révélations tardives au tribunal de Montauban

Les investigations ont établi des faits d’agressions sexuelles et de viols répétés commis entre avril 2022 et juillet 2023 à Verdun-sur-Garonne, dans un camping à Montech ainsi qu’à Barbâtre (Vendée), sur l’île de Noirmoutier. L’instruction a également révélé une seconde série d’agressions sexuelles incestueuses imposées entre mars 1998 et mars 2002 à Méré (Yvelines) et à Montreuil (Seine-Saint-Denis) sur l’ancien beau-fils de l’accusé, âgé à l’époque de 11 à 14 ans.

Devant le juge d’instruction, le retraité tarn-et-garonnais a reconnu les attouchements, mais a contesté la pénétration sexuelle, invoquant une impossibilité médicale. Une expertise a toutefois conclu à la compatibilité des actes dénoncés avec son dossier médical, tandis que les examens psychologiques ont mis en évidence un traumatisme profond chez la jeune victime.

Au fil des deux jours d’audience consacrés à cette affaire d’inceste, les discussions promettent d’être intenses. Elles tourneront autour de l’emprise installée dans la famille et de la personnalité de l’accusé, que les psychiatres décrivent comme quelqu’un qui contrôle mal ses impulsions et supporte difficilement la frustration.

Du trafic de stupéfiants aux fichiers cryptés du darkweb

Mercredi 23 et jeudi 24 septembre 2026, la cour criminelle poursuivra ses travaux avec le procès de Nicolas M., natif d’Agen (Lot-et-Garonne) et aujourd’hui âgé de 27 ans. Également maintenu en détention provisoire depuis son mandat de dépôt en mars 2024 et défendu par Me Rachel Lheureux, cet homme, domicilié à Saint-Nazaire-de-Valentane, répond de viols sur mineurs de 15 ans, d’agressions sexuelles et de corruption de mineurs. Les parties civiles sont représentées par Me Laurent Mascaras.

L’origine de la procédure remonte à avril 2023, lors de son interpellation par les gendarmes de Castelsarrasin pour un trafic de stupéfiants. L’analyse de son portable avait révélé, dans le cache photo, quatre images pédopornographiques téléchargées via le réseau Tor sur le darknet.

Les investigations et les déclarations familiales ont mis au jour une gravité tout autre : des viols, des agressions sexuelles et le visionnage forcé de films pornographiques imposés entre novembre 2017 et août 2018 à Malause, Saint-Nazaire-de-Valentane et Roussillon (Isère) sur ses deux jeunes cousins, alors âgés de 4 et 8 ans au moment des faits. Les deux accusés encourent, pour ces faits, jusqu’à 20 ans de réclusion.