Visite du pape à Lourdes : Léon XIV encourage l’Église de France à "poursuivre" son action face au "douloureux fléau" des violences sexuelles

Visite du pape à Lourdes : Léon XIV encourage l’Église de France à "poursuivre" son action face au "douloureux fléau" des violences sexuelles

Lors d’une réunion à huis clos, le pape Léon XIV a vivement encouragé les évêques français à poursuivre leur lutte contre le "douloureux fléau" de la pédocriminalité dans l’Église.

C’est un sujet de poids sur lequel le Saint-Père est très attendu. Le pape Léon XIV a encouragé les évêques français à "poursuivre" leur action engagée face au "douloureux fléau" de la pédocriminalité dans l’Église, lors d’une rencontre à huis clos à Lourdes, dimanche 27 septembre.

"Je vous remercie pour ce que vous avez fait" contre les violences sexuelles sur mineurs, avec "de courageuses dispositions pour y répondre", a-t-il affirmé, évoquant des mesures concernant "l’écoute, la recherche de la vérité, la justice, le pardon, la réparation et un engagement déterminé en faveur d’une culture de la prévention".

"Il convient de poursuivre dans la voie engagée en maintenant la plus grande vigilance", a ajouté le pape américain, qui ne s’était pas encore exprimé sur le sujet depuis le début vendredi de sa visite de quatre jours en France.

Lors de cette rencontre, le chef de l’épiscopat français, le cardinal Jean-Marc Aveline, a également évoqué "la poursuite du combat contre les violences sexuelles commises dans un cadre ecclésial", selon le texte de son discours transmis, avec un "déplacement du regard" vers le "point de vue des personnes qui en ont été les victimes" d’abord.

330 000 victimes mineures en France

"Pour guérir des blessures profondes, des infidélités et des égarements douloureux commis" au sein de l’Église, "nous devons nous tenir humblement sous le regard purificateur du Seigneur", a par la suite déclaré le pape dans l’homélie de sa messe géante, sans nommer directement ce dossier.

Léon XIV, qui doit rencontrer dimanche après-midi sept victimes à huis clos, était très attendu sur ce sujet qui reste brûlant pour l’Église de France, cinq ans après le rapport qui avait estimé à 330 000 le nombre de victimes mineures en son sein depuis 1950.

Avant d’entrer dans la salle où l’attendaient les évêques, le pape avait marqué une étape vers 9 h 00 devant la représentation de L’Enfant qui pleure, une photographie d’une statue d’angelot en larmes symbolisant les souffrances des victimes de violences sexuelles dans l’Église, apposée en novembre 2021 après la publication du rapport révélant l’ampleur de la pédocriminalité en son sein.

Après ces révélations qui avaient fait l’effet d’un séisme, l’épiscopat français avait lancé deux instances d’écoute et de réparation. Celle pour les violences commises dans les diocèses, l’Inirr, a été saisie par près de 2 000 personnes et elle vient de céder la place à une nouvelle instance créée par l’épiscopat, qui suscite de fortes interrogations parmi les victimes.