Yémen: les Houthis revendiquent des frappes contre «deux pétroliers saoudiens» en mer Rouge

Yémen: les Houthis revendiquent des frappes contre «deux pétroliers saoudiens» en mer Rouge

Les Houthis ont revendiqué des frappes contre deux pétroliers en mer Rouge. L'agence maritime britannique a annoncé qu'un pétrolier avait été touché mercredi 22 juillet par un projectile dans la mer Rouge au large de l'Arabie saoudite. Les rebelles Houthis pro-iraniens avaient adressé des avertissements radio à des navires après l'annonce lundi 20 juillet d'un blocus maritime de l'Arabie saoudite. Des données analysées mercredi 22 juillet montrent qu'au moins neuf bateaux avaient fait demi-tour au large du Yémen, dans les environs du détroit de Bab el-Mandeb ou en mer Rouge. 

Publié le : 22/07/2026 - 21:15Modifié le : 23/07/2026 - 00:39

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Les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué mercredi des frappes au moyen de drones et de missiles contre « deux pétroliers saoudiens » en mer Rouge, après avoir annoncé un blocus maritime du royaume saoudien.

Les Houthis ont indiqué dans un communiqué publié sur Telegram avoir « mené une opération militaire qualitative ciblant deux pétroliers saoudiens qui ont violé le blocus », en identifiant les navires comme l'Encelia et le Layla

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO avait auparavant rapporté qu'un tanker avait été touché par un « projectile non identifié » dans la mer Rouge à 70 milles nautiques (environ 130 km) au large du port saoudien d'Al Shuqaiq.

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Un blocus maritime de l'Arabie saoudite après les frappes contre l'aéroport de Sanaa 

Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont annoncé lundi un blocus maritime de l'Arabie saoudite. Les relations entre les Houthis et l'Arabie saoudite se sont dégradées à la suite des frappes contre l'aéroport de Sanaa le 13 juillet pour empêcher l'atterrissage d'un avion en provenance d'Iran, transportant une délégation houthie partie à Téhéran pour présenter ses condoléances lors des funérailles du guide suprême défunt Ali Khamenei.

Les Houthis ont attribué la responsabilité de ces frappes à l'Arabie saoudite et ont promis de riposter. Cet épisode était le plus grave depuis la trêve négociée par l'ONU en 2022 entre les Houthis et l'Arabie saoudite. 

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C'est dans ce contexte que les Houthis ont adressé mercredi des avertissements radio à des navires croisant dans la région. L'annonce fait craindre des perturbations importantes du trafic maritime via le détroit de Bab el-Mandeb, goulet d'étranglement situé à l'extrémité sud de la mer Rouge utilisé pour relier l'Asie à l'Europe via le canal de Suez.

Neuf bateaux ont fait demi-tour au large du Yémen

Les Houthis ont été « enregistrés en train de transmettre un message d'avertissement aux navires dans la région », a indiqué à l'AFP la Chambre internationale de la marine marchande (ICS). Le message transmis à l'AFP par la compagnie maritime Neptune P2P indique : « Nous avertissons tous les navires appartenant à l'ennemi saoudien de ne pas emprunter la mer Rouge ni le golfe d'Aden. En cas de non-respect (...), ces navires seront pris pour cible. »

D'après le site de suivi maritime Kpler, trois des bateaux concernés avaient chargé des produits pétroliers au terminal saoudien de Yanbu, en mer Rouge. Ce port est devenu crucial pour les exportations d'hydrocarbures du royaume depuis le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran, en réponse aux frappes américaines.

Avant de changer de cap, deux navires affichaient via leur signal des destinations en Chine (Qinzhou et Tianjin) et un autre en Inde (New Mangalore). Tous trois ont inversé leur trajectoire mardi 21 juillet alors qu'ils faisaient route vers le sud en direction de Bab el-Mandeb. L'un d'eux a toutefois effectué un nouveau demi-tour quelques heures plus tard et poursuivait mercredi sa route vers le détroit.

Les six autres navires se trouvaient de l'autre côté du passage stratégique, dans le golfe d'Aden ou en mer d'Arabie, lorsqu'ils ont rebroussé chemin. Il s'agit de deux porte-conteneurs, d'un transporteur de véhicules, d'un vraquier chargé et de deux pétroliers, dont l'un convoyait une cargaison en provenance des Émirats arabes unis. Trois de ces embarcations ont depuis repris leur route vers Bab el-Mandeb.

Des mesures de précaution prises par les bateaux 

Comme cela a déjà été observé aux abords du détroit d'Ormuz ces derniers mois, plusieurs navires ayant fait demi-tour ont ouvertement mis en avant leurs liens avec certains pays. Cette pratique fait partie des mesures de précaution adoptées par les bateaux afin de réduire les risques d'être pris pour cible dans des zones dangereuses.

Après son demi-tour dans le golfe d'Aden, au large du Yémen, le pétrolier Desh Viraat a modifié son message électronique dans le champ habituellement réservé à la destination du navire, passant de « Garde armée à bord » à « Gouvernement de l'Inde en attente », d'après le site MarineTraffic. Deux navires ont eux affiché explicitement des références à la Chine, indiquant respectivement « propriétaire équipage chinois » et « propriétaire cargaison chinois ».

Malgré ces hésitations et changements de direction, le trafic continue dans le détroit de Bab el-Mandeb. Un total de 44 navires l'ont traversé le 20 juillet, jour de l'annonce du blocus, et 29 le 21 juillet, selon Kpler. Sur les cinq jours précédents, le nombre maximum de passages par jour a été de 53 et le minimum s'est établi à 30.

Entre 2021 et 2023, quelque 65 navires traversaient en moyenne le détroit quotidiennement, selon Kpler. Le trafic a baissé après le début des attaques houthies contre des navires en mer Rouge ou dans le golfe d'Aden pendant la guerre à Gaza. Depuis lors, il s'est maintenu autour de 35 passages par jour en moyenne.

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