Électrification : l'Europe décroche
Quand Christine Lagarde annonce une hausse des taux d'intérêt en pointant la flambée des prix de l'énergie, elle enquiquine bien sûr investisseurs et emprunteurs, surtout dans un contexte de croissance économique atone. Mais la patronne de la Banque centrale européenne pointe aussi indirectement du doigt le retard endémique de l'Europe sur l'électrification. C'est pourtant l'un des enjeux les plus concrets et vitaux de notre avenir. Rouler, se chauffer, produire, sans dépendre du pétrole ou du gaz importés. Or, l'électricité ne représente qu'un peu plus de 20 % de la consommation d'énergie européenne, loin derrière la Chine, où elle avoisine les 30 %, et les États-Unis. L'Union ne manque pas d'ambition sur papier – 46 % d'ici à 2040 – mais c'est une réalité : l'énergie chère continue de creuser le fossé.

