À Cannes, une trentaine de tortues découvertes chez un voleur de plaques d’égout
Ou bien était-il à la recherche de Leonardo, Raphael, Donatello et Michelangelo, les fameuses Tortues Ninja dont le repaire se trouve dans les réseaux souterrains ?
Toujours est-il qu’en suivant la trace d’un voleur de plaques d’égouts, les policiers de Cannes ont découvert le pot aux roses.
Photo AFP
Une enquête pour les vols de plaques d’égout à Cannes
Tout a commencé par des investigations menées par les enquêteurs du GAJ (Groupe d’Appui Judiciaire) de Cannes, suite au signalement de nombreux vols de plaques d’égouts, dont la fonte se négocie bien sur un marché parallèle (d’autant plus que l’argent n’a pas d’odeur, paraît-il….).
Avec l’appui de la vidéosurveillance, les policiers ont repéré et identifié l’auteur présumé.
Ce vendredi 31 juillet 2026, l’heure est donc venue d’interpeller le suspect, et de perquisitionner son domicile à Cannes-la-Bocca.
Si le butin en métal avait déjà disparu, restait un trésor animal, dissimulé dans le jardin de l’intéressé : des tortues des Maures (également appelées ainsi en raison du parc naturel qui leur est consacré dans la Plaine des Maures dans le Var) de toutes tailles et de tous âges, s’entremêlaient dans une sorte d’enclos avec grillage.
Destinées à être revendues elles aussi ? Le receleur l’a nié, expliquant qu’il s’agissait d’un « héritage de sa grand-mère ».
Sachant que la valeur marchande d’un spécimen peut varier de 150 à 450 euros selon l’âge, le poids et le sexe de la bête, les policiers n’ont pas été convaincus par cette fable indigne de la Fontaine.
D’autant plus que la tortue Hermann (du nom du médecin naturaliste Jean Hermann) est une espèce protégée qu’il est interdit de cueillir ou capter à l’état sauvage.
Un arrêté de 1985 interdisait également sa vente, avant qu’une dérogation européenne l’autorise pour les spécimens issus de la captivité.
Reste qu’il est également proscrit pour un particulier d’en détenir au-delà de six, et encore, cela nécessite une autorisation d’élevage d’agrément (AEA).
AFP / SYLVAIN THOMAS
« La protection de la biodiversité fait partie des missions de la police »
Placé en garde à vue, le voleur et receleur décidément « à côté de la plaque » a été remis en liberté, avant une prochaine convocation en justice.
Il risque jusqu’à 150.000 euros d’amende et trois ans de prison pour une détention illégale.
Les tortues, elles, ont été remises aux bons soins du service vétérinaire pompier du SDIS 06, dans le but d’être confiées à une association de protection animalière.
Alors que le syndicat Alliance 06 de la police estime que « la protection de la biodiversité fait aussi partie des missions de la police nationale. Qu’il s’agisse de lutter contre les trafics, de préserver les espèces protégées ou de faire respecter la loi », qui sait si ces tortues-là ne participeront pas au repeuplement des zones forestières incendiées dans le Var, à l’heure où la nature reprendra ses droits sur les cendres ?