Ancien champion du monde de moto GP, Wayne Gardner lance sa marque de vélo haut de gamme à Monaco
C’est un croisement entre une moto et un vélo. Un clin d’œil à la carrière de ce champion du monde de moto GP, titré en 1987, auquel le nom de la marque – Gardner87 – fait évidemment référence. 34 ans après avoir arrêté sa carrière à moto (il l’a poursuivie en Supercars notamment), Wayne Gardner se replonge dans le deux-roues. Mais autrement cette fois. Le soixantenaire a décidé de lancer sa propre marque de vélo.
« On peut dire que l’idée m’est venue quand j’avais 12/13 ans, retrace le principal intéressé. J’avais un vélo et je l’utilisais pour me rendre à l’école chaque jour en Australie. J’utilisais aussi des petites motos qui avaient des suspensions, ce qui n’étaient pas le cas de mes vélos. Les virages étaient assez mouvementés alors j’ai voulu rajouter des suspensions sur mon vélo en prenant des amortisseurs de ma moto avec laquelle j’étais sponsorisé. J’ai tout découpé et assemblé moi-même. Mon père m’a aidé avec la soudure, il était chauffeur de camion. J’étais vraiment content du résultat et j’étais un peu le gamin cool à l’école. Le seul qui avait des suspensions sur son vélo. » [Rires]
25 ans de carrière plus tard, Wayne Gardner revient à son premier amour, le vélo. « C’est quelque chose que j’ai toujours eu envie de faire mais pour lequel je n’avais pas le temps. C’est seulement une fois ma carrière terminée que j’ai pu me lancer dedans en étudiant sérieusement le marché du vélo. »
Après quatre années à concevoir un prototype, épaulé par un studio de design à Amsterdam notamment, les machines électriques ont été dévoilées cette semaine en Principauté, où elles seront assemblées dans les ateliers de la marque, rue du Gabian.
Pour ce qui est des caractéristiques techniques, Wayne Gardner nous fait le tour du propriétaire. « D’abord, ces vélos sont équipés de moteurs Yamaha qui se coupent à partir de 25 km/h pour respecter la législation. » En clair, le moteur s’arrête à partir de cette vitesse mais, bien évidemment, vous pourrez continuer à pédaler et dépasser ce seuil à la force des jambes.
Toujours dans une volonté de créer une machine hybride empruntant quelques caractéristiques de la moto, les vélos sont équipés d’un bras oscillant. « J’ai voulu garder un ADN moto de route sur la partie arrière du vélo. Le système de biellette et les amortisseurs viennent eux tout droit du monde de la motocross. Le reste des équipements proviennent du vélo : le cintre, l’amortisseur, les pneus, la fourche, les pédales. »
Trois modèles distincts
« J’ai toujours voulu une moto rigide donc l’idée était d’avoir un vélo rigide également, poursuit Wayne Gardner. Lorsqu’on roule, on sent parfois que le vélo tremble un peu. Là, on est vraiment sur le comportement d’une moto stable. » Car l’objectif est, à terme, d’obtenir l’homologation pour pouvoir atteindre les 45 km/h voire plus.
Au total, trois modèles ont été conçus pour séduire les amateurs de deux-roues. Le « Gravity », le modèle le plus haut de gamme amené à faire plus de hors-piste avec des fourches de la marque Fox. Le « Urban », destiné à la ville avec des pneus route. « À l’avenir, on laissera le choix au client d’équiper le vélo des pneus de son choix. » Et enfin le « Trail », qui sera un profil hybride entre la ville et le hors-piste.
Tous pèsent autour de 27 kg et sont composés de pièces haut de gamme délivrées par des fournisseurs européens. Les cadres et les moteurs sont identiques, seuls les équipements varient d’un modèle à un autre. « Le moteur est de 100 Nm. Plus tard, on augmentera à 120 Nm, ce qui ne nous permettra pas de dépasser les 25 km/h mais d’avoir un démarrage plus puissant. La batterie est de 842 Wh, soit l’une des plus puissantes du marché, qui permet une autonomie entre 100 et 140 kilomètres. »
Mais au fait, pourquoi Monaco ? « Je suis arrivé en Principauté pour des raisons financières en 1986, où j’ai pu rencontrer le Prince. Après un aller-retour de sept ans en Australie, je suis revenu à Monaco en 2015. Au total, j’ai passé plus de 40 ans ici et maintenant je suis bien décidé à y rester. »
Les précommandes ainsi que la production des vélos devraient démarrer à partir du mois d’octobre. Pour s’offrir l’un d’entre eux, comptez entre 22 000 et 24 000 euros.