Après 14 ans de combat, l'invasion de la balsamine de l'Himalaya est stoppée sur le bassin du Hoyoux dans le Condroz : "20 000 pieds ont été arrachés"
Elle est grande et belle avec ses fleurs de couleur fuchsia. Elle a tendance à bien se plaire le long de nos cours d'eau et à y prendre toute la place. La balsamine de l'Himalaya est une plante invasive qui colonise nos régions au détriment d'autres espèces. "Elle fait environ 800 graines par plants et quand elles arrivent à maturité, ces graines sont propulsées jusqu'à 8 m autour du plant, détaille Sébastien Devillers, coordinateur du comité local du Hoyoux, pour le Contrat de Rivière Meuse aval (CRMA). Les graines flottent et sont emportées par la rivière ce qui fait que la plante va se disséminer le long du cours d'eau."
Quasi éradiquée sur le Geer et la Mehaigne
L'été, la balsamine peut prendre toute la place et empêcher alors d'autres plantes indigènes de se développer, réduisant ainsi la biodiversité. Certes ce végétal meurt en hiver mais il laisse alors les berges nues. "Et comme il y a peu d'enracinements, l'érosion des berges est accentuée, poursuit Sébastien Devillers. Cela crée davantage de dépôt dans le cours d'eau ce qui nuit aussi à toute la faune aquatique qui ne peut s'y développer."

C'est pour cette raison que depuis 14 ans, le CRMA mène systématiquement des campagnes d'arrachage sur ces principaux cours d'eau. Si sur la Mehaigne et le Geer la balsamine est quasi éradiquée, sur le bassin du Hoyoux, elle était encore bien implantée. Comme chaque été, Sébastien Devillers, aidé par deux étudiants, a arpenté l'ensemble du bassin du Hoyoux du 1er au 23 juillet. "On a aussi eu l'aide des Communes de Havelange, Marchin, Modave et Clavier mais également du service cours d'eau de la Province de Liège, de la Direction des cours d'eau non navigables du SPW, du Rotary club de Seraing, de Vivaqua et du DNF, indique le coordinateur local. La plante en elle-même n'est pas très compliquée à arracher mais c'est quand même fastidieux car il faut évoluer dans les orties, les ronces et donc avec des vêtements couvrants. On a eu très chaud et donc on emportait avec nous cinq litres d'eau pour la journée."
Jusqu'à trois ans de dormance
Mais les efforts sont payants puisque l'invasion semble stoppée même si la plante en tant que telle n'est pas encore éradiquée : "Nous constatons une nette diminution des populations présentes, confirme Sébastien Devillers. Et nous avons même réussi à l'éradiquer sur deux affluents du Hoyoux où elle était très présente : le ruisseau du Neufmoulin à Havelange et le ruisseau de Pailhe à Clavier."
Mais le combat n'est pas pour autant terminé et il faudra encore repasser dans les prochaines années. "Car les graines peuvent rester en dormance jusqu'à 3 ans avant de germer."
VITE DIT
Les ruisseaux concernés
La campagne d'éradication sur le bassin du Hoyoux a concerné les ruisseaux suivants :
- Le Hoyoux (Clavier, Marchin, Modave et Huy)
- Le ruisseau d'Ossogne (Havelange)
- La Vyle (Ohey et Marchin)
- La Bonne (Clavier et Modave)
- Le Triffoy (Marchin)
- Le ruisseau de Hiétine (Havelange et Clavier)
- Le Fond d'Oxhe (Nandrin)
- Le ruisseau de Fallogne (Nandrin)
En chiffres
48 km de berges de cours d'eau ont été parcourus. Environ 20 000 pieds de balsamine ont été arrachés ce qui a nécessité 437 h de travail cumulé.
Et les autres invasives ?
Berce du Caucase, renouée du Japon… Le CRMA est aussi confronté à d'autres plantes invasives. "Chaque espèce fait l'objet d'un plan d'action spécifique, note Sébastien Devillers. Pour la berce du Caucase, étant donné sa dangerosité, cela se fait au niveau wallon. Par ailleurs, on va aussi s'attaquer à des plantes aquatiques invasives telles que la jussie à grandes fleurs."
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