Les physalies, très urticantes, de retour sur les plages du Sud-ouest

Les physalies, très urticantes, de retour sur les plages du Sud-ouest

La baignade est régulièrement interrompue sur des plages du littoral aquitain depuis fin juillet, et tout comme l'année dernière à la même époque, en raison de la présence dans l'eau de physalies, un invertébré marin aux filaments urticants, les autorités locales appelant à la prudence.

"La piqûre peut être très douloureuse et entraîner des effets graves. Ne la touchez jamais, même morte", prévient la préfecture des Pyrénées-Atlantiques sur Facebook, alors que la presse régionale a fait état de fermetures temporaires du bassin d'Arcachon à la côte basque.

"Toutes les plages de la côte landaise sont concernées mais on n'a pas eu d'échouages massifs", a déclaré mardi à l'AFP Julien Lalanne, du Syndicat mixte de gestion des baignades landaises (SMGBL), appelant à "éviter la psychose". "L'été dernier, elles étaient arrivées d'un coup et étaient reparties d'un coup", a ajouté le sauveteur.

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Une créature marine fascinante aux tentacules redoutables

Venues des eaux tropicales, les physalies, reconnaissables à leur couleur bleutée, sont portées par le vent en direction des plages. La Physalie (Physalia physalis), aussi appelée Galère portugaise ou Vessie de mer, est un siphonophore, c’est-à-dire un organisme marin formé d’une colonie de petits individus spécialisés appelés polypes, qui fonctionnent ensemble comme un seul être vivant. Elle appartient au groupe des cnidaires, des animaux aquatiques possédant des cellules urticantes appelées cniocytes, utilisées pour se défendre et capturer leurs proies.

Elle vit principalement à la surface des mers tropicales et subtropicales des océans Atlantique et Indien, mais peut être transportée par les courants et le vent jusqu’aux côtes européennes. Son flotteur appelé pneumatophore lui permet de rester à la surface et de se déplacer avec les mouvements de l’eau. Ses longs tentacules, pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres, contiennent des nématocystes capables de libérer un venin pour capturer ses proies et se défendre.

Des piqûres parfois très douloureuses aux complications possibles

Non mortelles, leurs piqûres provoquent parfois une douleur "très aigüe" et mobilisent les sauveteurs qui, ne pouvant plus surveiller la baignade, sont contraints de hisser temporairement le drapeau violet ou rouge.

Le protocole est bien rôdé: les sauveteurs soulagent la douleur en appliquant de la mousse à raser sur les piqûres, puis raclent les résidus de filaments avec une carte bancaire, avant de rincer le tout à l'eau de mer vinaigrée. Pour prévenir les blessures, ils pêchent à l'épuisette ces animaux dont l'arrivée est imprévisible et tentent de détecter les bancs au large sur des jets-skis.

Interrogée par l'AFP en 2025, une médecin du centre anti-poison au CHU de Bordeaux estimait que les complications graves – tétanie musculaire, voire détresse respiratoire, pouvant entraîner la noyade – surviennent "dans 8 à 10% des cas". Sept patients sur dix décrivent une douleur d'une à deux heures, "pire qu'un accouchement sans péridurale", précisait-elle.

Que faire en cas de piqûre de Physalie ?

Les bons gestes :

Sortir immédiatement de l’eau pour éviter une nouvelle piqûre.
Rincer la zone touchée avec de l’eau de mer (jamais d’eau douce).
Si possible, utiliser de l’eau de mer vinaigrée (1/4 de vinaigre alimentaire et 3/4 d’eau de mer), de préférence tiède.
Consulter un médecin si la douleur persiste 30 minutes après la piqûre.
Surveillez l’apparition de symptômes : Une piqûre peut parfois provoquer des réactions plus importantes comme : un malaise ou une perte de connaissance ; une accélération du rythme cardiaque et de la pression artérielle ; des vertiges ; des douleurs abdominales ou des vomissements.
En cas d’apparition de ces symptômes, il faut contacter le poste de secours local ou appeler le SAMU (15).

Les gestes à éviter absolument :

Ne pas frotter la zone piquée avec la main.
Ne pas inciser la plaie, aspirer le venin ou appliquer d’urine.
Ne pas rincer à l’eau douce, car cela peut provoquer une libération supplémentaire du venin par les tentacules restés sur la peau.
Ne pas appliquer de pommade ou de gel, même hydroalcoolique.
(Source  : Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine)