Au Meyboom, nombreux sont les élus politiques à regarder, rares sont ceux qui portent : "Ça devient de plus en plus compliqué d'y entrer"

Au Meyboom, nombreux sont les élus politiques à regarder, rares sont ceux qui portent : "Ça devient de plus en plus compliqué d'y entrer"

Ce 9 août encore, nombreux étaient les élus bruxellois au coin de la rue du Marais et de la rue des Sables. Mais parmi eux, rares sont ceux à avoir le privilège de porter l'arbre.

Les mandataires politiques sont en effet assez rares au sein des Bûûmdroegers. On ne retrouve que le bourgmestre de Berchem-Sainte-Agathe Christian Lamouline (Les Engagés), le député régional Fabian Maingain (Libres, ex-Défi) et le mayeur de Ganshoren Jean-Paul Van Laethem (Les Engagés). Avant eux, Freddy Thielemans (PS, ancien bourgmestre de Bruxelles) ou encore Jean Demannez (PS, ancien bourgmestre de Saint-Josse) figuraient aussi parmi les porteurs.

Bruxelles: Meyboom 2009 en compagnie de Freddy Thielemans.
Le Meyboom de 2009, avec Freddy Thielemans ©Olivier Pirard

Ce dimanche, l'ancien échevin schaerbeekois Jean-Pierre Van Gorp (FDF puis liste PS) a quant à lui tiré sa révérence en tant que Bûûmdroeger. "Place aux jeunes", raconte-t-il, après trente 9 août à porter l'arbre.

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"C'est eux qui sont venus me chercher"

Cette tradition du Meyboom trouve pour rappel racine en 1213. À la suite d'une rixe entre Bruxellois et Louvanistes (certaines sources parlent de Gantois), le "privilège" de planter un Meyboom a été donné à la guilde de Saint-Laurent qui, depuis désormais des siècles, perpétue la tradition.

La présence d'élus dans le cortège s'avère assez "récente", raconte Jean-Pierre Van Gorp. Devenu porteur d'arbre en 1996, le Schaerbeekois rappelle avoir été un des premiers mandataires politiques à intégrer le Meyboom. "C'est eux qui sont venus me chercher."

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À l'époque jeune échevin, le Schaerbeekois a répondu à la proposition de "Toine", ancien président emblématique du Meyboom avant "Jean Tranquille". "C'est une tradition qui vient des Bas-Fonds. Mais les Bas-Fonds ayant été détruits, les habitants ont migré vers Schaerbeek, la Ville et Saint-Josse. Ils cherchaient alors un représentant de chacune de ces communes. Car avant, il faut bien le dire, les Bûûms étaient livrés à eux-mêmes. En 1995, quand je suis arrivé, le Meyboom n'avait pas du tout la notoriété qu'il a aujourd'hui."

Jean-Pierre Van Gorp se retrouve alors dans l'organisation avec notamment Freddy Thielemans. Parmi les anecdotes : les débuts de l'escorte par des motards de la police. "Toine m'avait demandé et j'avais donc fait le nécessaire. Mais quand Freddy a vu les motards de Schaerbeek, il s'est énervé. 'Oh, c'est quoi ça ! Il fallait me demander.' 'Mais je te demande depuis longtemps', a répondu Toine. Résultat : l'année d'après, il y avait aussi des motards de la Ville."

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"C'est un sacerdoce"

Alors que le Meyboom a pris de plus en plus d'ampleur ces dernières années, la présence des politiques est restée somme toute circonscrite. "Les politiques dans le Meyboom ? Je suis plutôt contre", a confié le président sortant des Bûûms, "Jean Tranquille", lors d'une récente interview avec La DH.

"Avoir des politiques permet d'avoir des relais. Cela donne aussi une visibilité", soutient quant à lui Jean-Pierre Van Gorp. "Mais il n'y a pas eu une OPA des politiques sur le Meyboom, non." Selon le Schaerbeekois, le Meyboom a su se préserver d'un noyautage politique grâce à ses exigences. La procédure d'intronisation comme Bûûmdroeger est en effet longue, avec un stage, un parrainage et une obligation de participation à des activités tout au long de l'année. "Ça devient de plus en plus compliqué d'entrer dans le Meyboom. Et puis c'est un sacerdoce. Il faut avoir le temps ! Le 9 août, il faut se lever à 4h du matin. Venir juste pour les apparences et pour la plantation, ça ne fonctionne pas."

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"J'ai dû attendre plusieurs années avant de pouvoir rentrer", raconte Fabian Maingain. "Parmi les Bûûms, il y a des ouvriers, des cadres... Mais peu importe. Le point commun est d'aimer Bruxelles", soutient Jean-Paul Van Laethem. "Quand on est ici, on est l'égal de n'importe quel membre", abonde Christian Lamouline, qui insiste sur le renouvellement pour "la survie" de la tradition.

L'exception mayorale

Le Meyboom, ce n'est toutefois pas que les Bûûmdroegers. D'autres groupes folkloriques gravitent autour de la plantation : les Compagnons de Saint-Laurent (qui chapeautent les festivités), les Poepedroegers (porteurs de géants) et les Gardevils (les protecteurs de l'arbre).

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Chez ces derniers, sifflent certains dans le cortège, la politisation est plus visible. Pour rappel, ce groupe a été fondé en 2001 à la suite de troubles occasionnés par des militants mobilisés contre la démolition de l'îlot Stévin. Dans ce groupe folklorique de bleu vêtu, on retrouve notamment Karine Lalieux et Philippe Close, parmi les membres fondateurs.

À mentionner : pour Philippe Close, une "exception mayorale" est notamment faite. Le mayeur a en effet le droit de porter l'arbre alors qu'il n'est pas officiellement Bûûmdroeger. "Quand je suis devenu bourgmestre, j'ai dit : je reste gardevil", rappelle le socialiste qui, contrairement à ses prédécesseurs Freddy Thielemans et Yvan Mayeur, refuse de porter le polo rouge de Bûûmdroeger et garde sa cape bleue de gardevil.

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