Caquistes et libéraux s’affrontent sur la part du budget à accorder…
Le Parti libéral du Québec (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) se sont affrontés mardi sur les sommes à consacrer à la prévention en santé. Les libéraux veulent les faire grimper considérablement, tandis que les caquistes soutiennent qu’il faut aussi répondre aux autres besoins du réseau.
« L’argent ne pousse pas dans les arbres », a répété à plusieurs reprises la candidate caquiste et ministre sortante de la Santé, Sonia Bélanger, lors du débat électoral La santé du Québec de demain. Organisé par l’Association pour la santé publique du Québec, l’événement se tenait à l’Université du Québec à Montréal.
Québec consacre actuellement quelque 1,08 milliards de dollars à la santé publique, soit environ 1,7 % de son budget en santé, a souligné Mme Bélanger. « Mon collègue [le libéral Monsef Derraji] veut monter ça à 5 %. Je suis de façon vertueuse d’accord avec ça, mais ce sont des vases communicants: il va falloir en prendre ailleurs », a-t-elle fait valoir.
La candidate caquiste a notamment soulevé l’importance d’investir également dans les services de première ligne — comme les CLSC — et le soutien à domicile.
Impossible toutefois de faire de la prévention une priorité nationale sans se fixer un objectif « ambitieux », a rétorqué M. Derraji, député sortant de Nelligan. « On ne peut pas changer de paradigme sans se donner les moyens. »
Le modérateur du débat, Éric Grenier, rédacteur en chef de L’actualité, lui a alors rappelé les coupes en santé publique effectuées par d’anciens gouvernements libéraux. « Si vous voulez faire le passé, on peut remonter à plusieurs gouvernements. Mais aujourd’hui, on doit se projeter pour le futur », a répondu M. Derraji.
Itinérance et CLSC
De son côté, la candidate péquiste Camille Pellerin-Forget s’est engagée à ajouter 550 millions de dollars sur quatre ans en santé publique et en prévention. Elle a également insisté sur la nécessité d’agir sur les facteurs qui influencent la santé et le bien-être de la population, comme le logement. « Au Parti québécois, notre chef [Paul St-Pierre Plamondon] en a fait publiquement l’annonce : le premier grand chantier sera la lutte contre l’itinérance. »
Le candidat de Québec solidaire, David Poulin-Latulippe, a pour sa part promis de « doubler le budget en prévention » en santé. Il a aussi plaidé pour un meilleur accès aux soins à l’extérieur des hôpitaux. Le parti de gauche souhaite créer, sur huit ans, un réseau d’environ 400 points de service inspirés du modèle des CLSC. « Et pour arriver à ça, on va investir quand même 1,8 milliard de dollars dans l’embauche massive de personnel. »
Le Parti conservateur du Québec avait pour sa part décliné l’invitation à participer au débat.