Ce vaisseau lancé au secours d'un télescope de la NASA a besoin d'être sauvé à son tour

Ce vaisseau lancé au secours d'un télescope de la NASA a besoin d'être sauvé à son tour

Un télescope de la NASA glisse lentement vers l’atmosphère depuis des années. L’agence a envoyé début juillet un vaisseau réparateur pour le rattraper en orbite. Le sauveteur tourne désormais sur lui-même sans parvenir à se stabiliser.

vaisseau link nasa
Vue d’artiste du vaisseau LINK approchant l’observatoire Swift avant de l’agripper // Source : Katalyst Space Technologies

Les satellites en orbite basse ne restent jamais en place très longtemps. Les traces d’atmosphère qui subsistent à cette altitude les freinent en permanence et les font descendre. Le Soleil précipite la retombée des débris spatiaux vers l’atmosphère. La plupart des engins corrigent cette dérive avec leurs propres propulseurs. Les plus anciens n’en ont plus les moyens.

L’observatoire spatial Swift de la NASA se trouve exactement dans cette situation. Lancé il y a plus de vingt ans, il perd de l’altitude sans pouvoir se redresser seul. L’agence américaine a confié à la société Katalyst Space Technologies la construction d’un engin capable de l’agripper puis de le remonter, pour 30 millions de dollars (environ 26 millions d’euros). Le décollage a eu lieu le 3 juillet, sur le dernier vol de la fusée Pegasus XL. Un autre appareil à propulsion nucléaire baptisé SR-1 Freedom doit partir vers Mars avant fin 2028.

Le vaisseau LINK n’arrive plus à se pointer vers sa cible après une double panne

Le vaisseau LINK a perdu le contrôle de son orientation. Selon la NASA, l’engin tourne sur lui-même et ses communications sont devenues intermittentes. Deux des trois roues de réaction ne fonctionnent plus. Le système de propulseurs à gaz froid a également perdu une partie de ses capacités. Le reste de l’appareil se porte bien, d’après l’agence américaine.

L’ironie de la panne saute aux yeux. L’observatoire Swift avait lui-même été placé en mode sans échec en 2022 à cause d’une de ses propres roues de réaction. LINK devait justement s’en approcher, l’étudier, puis le saisir avec trois bras robotisés avant de le hisser plus haut. Les équipes vont maintenant tenter d’arrêter la rotation avec la propulsion électrique du vaisseau. La NASA décidera ensuite si la mission peut se poursuivre.

L’enjeu financier explique l’audace de l’opération. Le Neil Gehrels Swift Observatory avait coûté 250 millions de dollars, soit près de 220 millions d’euros, lors de son lancement en 2004. Le sauvetage coûte huit fois moins cher. En vingt-deux ans, le télescope a traqué les sursauts gamma, ces explosions parmi les plus violentes de l’univers. Il a repéré en 2022 celui que les astronomes ont surnommé BOAT, la déflagration la plus puissante jamais observée.