« Chaque nouveau drame est un drame de trop » : après le décès d’une jeune femme dans un salon de beauté à Nice, un médecin esthétique dénonce le fléau des « fake injectors »
Dr Eric Essayagh, médecin esthétique à Nice et coprésident du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique, est monté au créneau.
Face à ce qu’il dénonce comme étant un « marché clandestin », le Dr Essayagh ainsi que l’autorité médicale condamnent « avec la plus grande fermeté les pratiques frauduleuses qui n’ont rien à voir avec la médecine ».
Pour lui, une règle d’or doit être martelée sans répit pour protéger les victimes potentielles :
« Une injection esthétique est un acte médical qui exige une formation, une parfaite connaissance de l’anatomie et la capacité de prendre immédiatement une complication. »
Pourtant, le spécialiste avance une estimation, celle que « plus de 40 % des injections esthétiques sont réalisées en dehors du cadre médical ».
Ce véritable Far West esthétique se déploie à l’abri des regards, « dans des appartements, des instituts ou des lieux qui échappent à tout contrôle ».
Le Dr Essayagh s’alarme :
« Les réseaux clandestins continuent de recruter sur les réseaux sociaux et de mettre des patients en danger ». Selon lui, le cadre réglementaire actuel n’est pas suffisant pour « stopper les fake injectors ».
« Il est indispensable d’accélérer la lutte contre ces pratiques illégales »
Pour le coprésident du Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique, il est alors indispensable de passer à la vitesse supérieure.
Il exhorte les pouvoirs publics à « accélérer la lutte contre ces pratiques illégales, de renforcer les contrôles, d’assécher les filières d’approvisionnement et de permettre aux patients d’identifier immédiatement les praticiens réellement qualifiés ».
Le Dr Éric Essayagh conclut : « Nous ne pouvons plus attendre qu’un nouveau drame survienne pour passer des textes à une protection effective des patients. Chaque nouveau drame est un drame de trop. Nous ne pouvons pas attendre un troisième décès pour considérer qu’il y a une urgence de santé publique ».