Cinéma : canicule, blockbusters, succès français… comment les salles obscures ont retrouvé des couleurs cet été

Cinéma : canicule, blockbusters, succès français… comment les salles obscures ont retrouvé des couleurs cet été

l'essentiel Après une année 2025 difficile, les Français ont retrouvé le chemin des salles obscures. Avec 17,53 millions d’entrées en juillet, soit une hausse de 22,6 % sur un an, la fréquentation est repartie en flèche cet été. Un rebond qui ne doit rien au hasard.

Non, le cinéma n'est pas mort. Cet été, les Français ont même été particulièrement nombreux à retrouver le chemin des salles obscures. Au mois de juillet, 17,53 millions d'entrées ont été enregistrées dans les cinémas de l'Hexagone, selon les dernières estimations du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC). C'est 22,6 % de plus qu'en juillet 2025. 

Une bouffée d'air frais pour un secteur marqué par une année 2025 particulièrement difficile. L'année dernière, la fréquentation des salles de cinéma avait chuté de 13,6 % avec 156,79 millions de billets vendus. Depuis, la tendance s'est inversée : entre janvier et juillet 2026, 107,98 millions de billets ont été vendus, soit 20,5 % de plus que sur la même période l'an dernier.

Mais le retour du public ne s'est pas fait du jour au lendemain. Pour Éric Marti, directeur général de Rentrak France, spécialiste de la fréquentation des salles, le tournant remonte à la fin de l'année 2025 avec la sortie de Zootopie, puis d'Avatar et de La Femme de ménage. "Depuis ce moment-là, on a eu un enchaînement heureux de succès américains et français", observe-t-il.

Une offre enfin suffisamment riche

Mais alors, qu’est-ce qui a vraiment changé ? Pour Éric Marti, la réponse tient d’abord aux films proposés au public. Après le Covid, les grèves à Hollywood avaient à leur tour bousculé le calendrier des sorties américaines, laissant des périodes plus creuses dans les salles. "Cette année, les spectateurs ont surtout retrouvé une programmation plus variée, où films français et grosses productions américaines se succèdent", résume-t-il. Un équilibre "indispensable" pour que les salles de cinémas fonctionnent tout au long de l'année.

Et cet été en est une bonne illustration. L'Odyssée de Christopher Nolan s'est hissé en tête du classement du CNC en juillet, tandis que les films familiaux tels que le Marsupilami ou Spider-Man, ont également attiré en nombre les spectateurs. Le cinéma français a lui aussi trouvé son public, notamment avec La Bataille de Gaulle ou De la comédie française. Des succès très différents qui ont permis aux salles de toucher plusieurs générations de spectateurs. "Aujourd'hui, le niveau d'exigence du public est monté, donc on sait qu'il faut faire des films qui vont surprendre et qui vont apporter autre chose", estime Éric Marti.

La canicule, le coup de pouce de l'été ?

À la mi-juin, alors que la première grosse vague de chaleur frappait la France, la fréquentation a brusquement bondi. Entre le 17 et le 23 juin, 3,12 millions de spectateurs se sont rendus au cinéma, soit 50 % de plus qu'un an auparavant.

Pour autant, difficile d’attribuer ce bond de fréquentation à la seule recherche de fraîcheur. Cette semaine-là coïncidait aussi avec la sortie de films très attendus, comme Toy Story 5 et Backrooms. "Oui, la chaleur a pu jouer, mais encore fallait-il que l’offre soit au rendez-vous. Les spectateurs ne seraient pas venus simplement pour la climatisation si les films ne les intéressaient pas", analyse Éric Marti. Apès la première vague de chaleur, la fréquentation des cinémas est restée très élevée, avec plus de 6 millions d'entrées entre le 29 juillet et le 4 août, selon le CBO Box Office.

Et les chiffres semblent lui donner raison. Sur les sept premiers mois de 2026, la fréquentation dépasse même de 4,2 % celle enregistrée à la même période en 2024, qui avait pourtant été une bonne année pour les salles françaises. Après plusieurs années en dents de scie, 2026 pourrait bien marquer le véritable retour en force du cinéma français depuis la crise sanitaire.