Cyclisme : une bataille au sommet entre Eddy Merckx, Tadej Pogačar et Bernard Hinault ? "Je ne sais pas qui gagnerait", confie la légende française
l'essentiel Depuis le cinquième sacre de Tadej Pogačar sur le Tour de France, ce dimanche 26 juillet à Paris, le débat sur l'identité du plus grand coureur de l'histoire est à nouveau relancé. Bernard Hinault, de son côté, rêve d'une confrontation entre géants... et peine à deviner le vainqueur.
Au Panthéon de la petite reine, difficile de ne trouver qu'un seul roi. Interrogé il y a quelques jours par La Gazzetta dello Sport, Bernard Hinault s'est livré sur une potentielle rivalité entre lui, Eddy Merckx et Tadej Pogačar, trois candidats crédibles au titre de plus grand coureur de tous les temps. Dans les colonnes du journal italien, le Français réfute d'abord toute comparaison entre les athlètes.
À lire aussi : Tour de France 2026 : "Est-ce qu'il a quelque chose d’anormal ?" Bernard Hinault se questionne sur Tadej Pogacar et sur les moyens de le battre
"Tout est différent : les routes, le matériel, les méthodes d’entraînement, la nutrition", clame-t-il. "C’est pourquoi je trouve absurde de comparer des temps d’ascension à des décennies d’intervalle. Chacun est le numéro 1 de son époque."
À lire aussi : Tour de France Femmes 2025 : pourquoi Bernard Hinault n’est pas le dernier Français vainqueur de la Grande Boucle
Eddy Merckx intouchable... mais jusqu'à quand ?
Il n'empêche que la question, elle, mérite d'être posée. Si l'on exclut le Tour de France, remporté à cinq reprises par chacun des trois hommes, Eddy Merckx prend l'avantage. Le "Cannibale" compte à son actif cinq Tours d'Italie (1968, 1970, 1972, 1973, 1974) et un Tour d'Espagne (1973), tandis que le "Blaireau" s'est emparé de trois Giros (1980, 1982, 1985) et de deux Vueltas (1978 et 1983). Tadej Pogačar, lui, s'est imposé une fois en Italie (2024) et n'a mis les pieds en Espagne qu'en 2019 lorsqu'il avait fini sur le podium pour son premier Grand Tour. Sa participation en 2026 semble imminente et il s'élancera avec le statut d'immense favori.
À lire aussi : Tour de France dans les Pyrénées : "Je le vois comme mon successeur…" Quand Bernard Hinault tombait sous le charme de Lenny Martinez
Côté classiques, le Belge vire encore en tête avec 27 succès. Il devance de peu le Slovène (22) mais très largement le Tricolore (8). Une domination que le natif de Meensel-Kiezegem poursuit avec ses trois maillots arcs-en-ciel. Il a en effet été sacré champion du monde sur route en 1967, 1971 et 1974, alors qu'Hinault ne compte qu'une seule unité (1980) et Pogačar - pour l'instant - deux (2024, 2025).
À lire aussi : Dopage : "Si Pogacar était Français, ce serait normal ; on ne pose pas de questions sur Léon Marchand"… Bernard Hinault agacé par les suspicions sur le vainqueur du Tour de France
Alors, qui lèverait donc les bras à l'issue de ce combat des héros ? "C'est le rêve de tout champion. Se rencontrer au même moment, dans des conditions égales", salive Hinault. "Je ne sais pas qui gagnerait, mais Eddy et moi ne serions pas vaincus dès le départ. Et si nous avions croisé Pogačar sur notre chemin, nous nous serions certainement entraînés encore plus dur pour le battre !"
À lire aussi : Cyclisme : "On ne peut pas comparer un coureur comme Bernard Hinault à Paul Seixas…" Le directeur sportif du Français calme le jeu sur sa nouvelle pépite
Pour lui, le cyclisme de Pogačar "est une poésie"
Au cours de l'entretien, le Breton se montre dithyrambique envers Tadej Pogačar, qui a encore une fois écrasé la Grande Boucle en reléguant son dauphin, Remco Evenepoel, à 6'26". "Son cyclisme est une poésie (...), il n'a cessé de progresser. C'est magnifique de voir un athlète capable de rester au sommet aussi longtemps. Comme Merckx, et comme moi. Et ce n'est pas fini pour lui", prédit-il.
À lire aussi : Tour de France 2026 -Dopage : "Si j'avais 99 % de doute sur le programme médical d'UAE, les 100 % sont atteints !" Un ancien champion de France s'en prend au directeur sportif de Tadej Pogacar
À désormais 27 ans, le leader de la UAE Team Emirates - XRG entre dans la fleur de l'âge. De bon augure pour le champion de France 1978, qui le voit durer "trois ou quatre saisons" de plus. "Je ne pense pas qu'il ait à s'inquiéter de l'usure physique ; il sait la gérer", salue-t-il. "S'il y a bien une chose qui pourrait l'inquiéter, c'est l'usure mentale. Il s'amuse : il adore la compétition et s'épanouit dans l'adversité." Ça tombe bien, l'ogre de Klanec est là pour marquer l'histoire.