Declan Farmer, la légende du parahockey fait le saut en paracanoë

Declan Farmer, la légende du parahockey fait le saut en paracanoë

Après avoir remporté la médaille d’or avec l’équipe américaine en parahockey à Milan l’hiver dernier, Declan Farmer aurait pu choisir de ralentir le rythme pendant quelques mois. Le quadruple médaille d’or olympique a plutôt choisi de s’attaquer à un nouveau sport. 

Vingt ans après avoir fait ses débuts en parahockey, Farmer veut tenter sa chance en paracanoë. Après les Jeux paralympiques, il a eu l’idée de relever ce nouveau défi grâce à son coéquipier Jack Wallace qui avait lui-même commencé à pratiquer ce sport. 

C’était évident avec Jack. Il est devenu un meilleur patineur, vraiment plus puissant. Je suis certain aussi que l’aspect mental des courses l’a aidé aussi au hockey. Il a eu des tours du chapeau dans deux matchs de médaille d’or consécutifs. Mentalement, il sait comment performer dans des situations sous haute pression, a expliqué Farmer, en marge de la coupe du monde présentée au Parc Jean-Drapeau. 

L’idée n’a jamais été de remplacer le parahockey, au contraire. Selon lui, les deux sports sont très complémentaires et le paracanoë peut lui permettre de devenir un meilleur joueur de hockey. 

C’est un bon entraînement croisé. Tu dois être tellement en bonne forme physique pour faire du kayak. C’est une question de rythme et d’intensité et ce sont des éléments qu’on retrouve beaucoup dans le hockey aussi. Je retrouve les mêmes habiletés nécessaires pour faire des sprints, a-t-il souligné.

Ce qui m’a convaincu au départ, c’était vraiment l’idée de devenir meilleur au hockey, d’améliorer mon patinage, tout en apprenant un nouveau sport. Il y a aussi l’aspect mental des courses, de se préparer à performer dans un aussi court laps de temps. Je pense que ce sont des bonnes aptitudes à avoir. Ce qui m’a finalement convaincu de continuer, c’est que j’adore être sur l’eau. C’est vraiment un sport pour lequel il est agréable de s’entraîner, même si ça fait juste trois semaines que je suis dans le bateau, a-t-il ajouté. 

Daclan Farmer fait déjà partie de l’équipe américaine de paracanoë alors qu’il y a quelques semaines à peine, il n’était jamais monté dans une embarcation. Un processus qui, de son propre aveu, teste son humilité.

La première fois que j’ai essayé, c’était lors d’une semaine de camp au début du mois de juin. Un camp de sélection. Je me suis qualifié pour faire partie de l’équipe nationale en raison de mes performances lors de ce camp et lors des deux dernières semaines, nous nous sommes entraînés à Lake Placid. C'est ce qui résume mon expérience jusqu’à maintenant, a-t-il affirmé, sourire aux lèvres. 

C’est grâce à sa performance à bord du va’a, cette embarcation à balancier équipée d’un deuxième flotteur, qu’il a obtenu sa place au sein de l’équipe américaine. Pour le kayak, il reconnaît que la courbe d’apprentissage est plus difficile. 

Je ne pouvais même pas trouver mon équilibre au départ et même maintenant, c’est difficile de garder l’équilibre lorsque je vais plus vite. Pourtant, je viens d’un sport, le parahockey, où nous devons trouver un équilibre d’une façon similaire. C’est juste vraiment difficile et j’ai beaucoup de respect pour tout le monde parce que tu dois tellement être en forme, tout en ayant une excellente technique aussi. C’est tout un défi. 

Un joueur patine sur une luge dans l'uniforme des États-Unis.

Declan Farmer est reconnu comme étant le meilleur parahockeyeur de la planète.

Photo : AP / Luca Bruno

En pratiquant un sport d’équipe, tu penses qu’un sport de course sera plus facile parce que c’est juste d’un sens, mais il y a tellement d’éléments qui doivent être parfaits. Dans un match de hockey, tu as le temps de réparer une erreur. Dans une course de 200 mètres, tu n’as pas le temps de te rattraper. Je suis nouveau donc je n’ai pas de mémoire musculaire donc dès que j’essaie d’aller vite, j’oublie toute la technique.

Farmer a de grandes ambitions. Même s’il a commencé ce sport il y a quelques semaines à peine, il a déjà les Jeux paralympiques de Los Angeles, en 2028, dans sa mire. 

Je sens que je m’améliore assez vite pour avoir une chance d’obtenir ma place, probablement au va’a puisque j’ai encore beaucoup de travail à faire au kayak. J’ai encore la chance de m’améliorer au kayak l’hiver prochain et avant la prochaine saison, a-t-il souligné.

Mais pas question de faire une croix sur le hockey. L’athlète de 28 ans prévoit continuer au moins jusqu’en 2034, pour participer aux Jeux paralympiques à Salt Lake City. 

Je vais faire les deux. Les saisons sont séparées. Pour le hockey, je fais beaucoup d’entraînement hors glace et le kayak est une très bonne façon de s’entraîner pour le hockey. Ça se complémente très bien.

Je suis un compétiteur et attendre quatre ans pour participer à des paralympiques, c’est long. Je sens cette urgence de compétitionner.