DÉCRYPTAGE. Mort d'Émile : le petit garçon a-t-il été victime d'un coup de sabot mortel ? "Les enquêteurs ont envisagé cette possibilité", dévoile une journaliste, autrice d'un livre sur l'affaire
l'essentiel Alors que l'enquête sur le décès de l'enfant de deux ans et demi, disparu en juillet 2023, piétine, Peggy Poletto, journaliste pour Nice-Matin a récemment publié un ouvrage où elle revient sur la chronologie des faits. Notre consœur, en plus de détailler de nouvelles pistes sur lesquelles ont travaillé les enquêteurs, plaide pour un transfert du dossier au pôle cold-case de Nanterre.
Un rebondissement ? Pas réellement. Ces dernières heures, l'enquête autour de la mort d'Émile Soleil au Haut-Vernet (Alpes-de-Haute-Provence) suscite un vif emballement médiatique. En cause : l'hypothèse formulée par Peggy Poletto, journaliste à Nice-Matin et autrice d'un livre* paru en août dernier sur l'affaire. Notre consœur y dessine notamment un scénario inédit et relaye une piste des enquêteurs dont le grand public n'a jamais eu vent.
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D'après ce nouveau récit, le petit garçon de deux ans et demi pourrait avoir été mortellement blessé par le coup de sabot d'un cheval, avant que son corps ne soit déplacé, et retrouvé plusieurs mois après par une randonneuse sur un sentier dans les bois.
Piste refermée, mais bien étudiée
Cette piste, qui semblait crédible eu égard aux constatations des médecins - un "violent traumatisme facial" est la cause du décès de l'enfant -, est néanmoins "refermée à l'heure actuelle", nous indique Peggy Poletto. Pour autant, l'hypothèse demeurait tout à fait plausible. "Ce n'est pas une hypothèse nouvelle, elle a été abordée par les services d'investigation dès le départ. Dans ce secteur, le grand-père réparait une barrière parce que la famille a des chevaux. Lors de la garde à vue des grands-parents, un van de transport a été saisi, ce qui indique que des vérifications devaient être menées", explique-t-elle.
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D'autant plus que la blessure mortelle d'Émile correspond. "Nous n'avons retrouvé qu'une partie du crâne de l'enfant et nous savons que le coup reçu par Émile a été violent et qu'il ne s'agit pas d'un choc avec un véhicule. Dans ce cadre, les enquêteurs ont envisagé la possibilité d'un impact de sabot puisqu'il y avait des chevaux dans les parages. Les traumatismes constatés étaient compatibles avec un coup violent", appuie notre consœur spécialiste des faits divers.
Si l'on suit cette théorie, le corps du garçon aurait été découvert par une personne, qui aurait ensuite dissimulé le cadavre. Par peur d'être accusée ? La journaliste ne répond pas à la question car, à ce jour, aucune piste - y compris celle des chevaux - n'a donné de résultat concluant. À ce stade, les investigations continuent mais, malgré la nouvelle vague de prélèvements ADN, les réponses tardent à arriver.
Le pôle cold case de Nanterre en renfort ?
Pour Peggy Poletto, l'affaire a besoin d'être relancée alors que la disparition mystérieuse de l'enfant remonte désormais à plus de trois ans, le 8 juillet 2023. La journaliste spécialisée préconise de transférer le dossier au pôle national des crimes non élucidés (Cold Cases) de Nanterre. "Échangeant assez régulièrement avec Jacques Dallest (ancien magistrat français, NDLR), il a confirmé que la situation correspondait parfaitement aux conditions de saisine de cette juridiction."
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Pour la journaliste, ce soutien est aujourd'hui nécessaire. "On a souvent l'impression que le pôle ne traite que des dossiers datant d'il y a 50 ans. En réalité, il nécessite un délai minimal de dix-huit mois d'enquête sans résolution et l'absence de mise en examen, ce qui est le cas ici. Logiquement, c'est aux magistrats saisis ou aux parties civiles de faire la demande d'un transfert ou d'un soutien. Puisque l'enquête piétine, le but est d'évoquer cette opportunité pour enfin connaître et dévoiler la vérité." Le sera-t-elle un jour ?