« Des factures à 30 000 euros » : l’entrepreneuse dans la finance qui a fait ses armes comme vendeuse au Bon Marché
SERIE JOBS D’ETE (6/6) – Bien avant de devenir patrons, ils ont connu les marchés, les usines, les grands magasins ou les petits boulots administratifs. Des premiers jobs d’été qui ont contribué à façonner leur parcours et dont ils racontent aujourd’hui à Challenges les souvenirs les plus marquants. A l’instar d’Alice Lhabouz, entrepreneuse dans la finance qui a travaillé au Bon Marché.
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À l’été 1999, entre ma première et ma deuxième année de prépa HEC, j’ai décroché mon premier job d’été au Bon Marché. J’avais 19 ans. Pendant deux mois, en juillet puis en août, j’y ai travaillé comme caissière au rayon ameublement décoration avant de devenir vendeuse de gants de luxe. Une connaissance de mon père, qui savait que je cherchais un job d’été, m’a permis d’obtenir un entretien. Comme beaucoup de grands magasins, le Bon Marché recrutait alors des étudiants pour remplacer les salariés partis en congés. Après un entretien avec la responsable des ressources humaines, j’ai été embauchée.
Le premier mois, j’étais affectée au dernier étage, dans l’univers de l’ameublement et de la décoration. Le matin, je prenais le métro pour aller travailler. Les horaires étaient assez classiques, de 10 heures à 18 heures. J’encaissais toute la journée des achats de tapis, tissus, coussins ou éléments de décoration. Pour l’étudiante que j’étais, ces montants étaient vertigineux. Je me souviens notamment d’un client qui refaisait entièrement sa décoration intérieure. La facture atteignait les 30 000 euros, une somme qui me paraissait gigantesque. J’étais impressionnée par ces chiffres et consciente qu’il ne fallait surtout pas se tromper au moment de l’encaissement.
Pendant mes pauses, j’allais parfois flâner dans les boutiques du quartier, jamais dans les rayons mode du Bon Marché, largement hors de mon budget d’étudiante, mais dans des enseignes plus accessibles comme Kookaï.