Donald Trump : "Il procède manifestement au coup par coup" Comment le président américain peut-il se sortir du piège iranien dans le détroit d'Ormuz ?
l'essentiel Prix du carburant historiquement haut aux Etats-Unis, cote de popularité en berne: la guerre en Iran qu'il a initiée place Donald Trump dans une position inconfortable sur le plan intérieur. Dans ce contexte, débloquer le détroit d'Ormuz est devenu une priorité pour le président américain. Mais quels leviers peut-il activer ?
Sous pression Donald Trump ? Empêtré dans la guerre en Iran qu'il a lui-même déclenchée avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain semble quelque peu désorienté. Crédité de 33 % d'opinion favorable seulement aux États-Unis, le milliardaire républicain a promis le versement d'un "dividende" de 5 000 dollars par citoyen adulte si son parti gardait le contrôle des deux chambres du Congrès à l'issue des élections de mi-mandat du mois de novembre.
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"Une déclaration farfelue, et très floue", note Dominique Simmonet, essayiste et spécialiste de la politique américaine, qui fait le lien entre une cote de popularité en berne et une gestion chaotique du dossier iranien entraînant des prix records du carburant outre-Atlantique. Cette semaine le prix du diesel a atteint 5,90 dollars (soit 5,1 euros) le gallon (3,78 litres), du jamais-vu dans un pays "où les gens roulent beaucoup". La conséquence notamment d'un détroit d'Ormuz paralysé, épineux casse-tête à résoudre qui n'existait pas avant le 28 février.
"L'Iran a complètement berné les Etats-Unis"
Pour Dominique Simonnet, le dossier iranien et Ormuz se sont imposés comme l'enjeu crucial pour Donald Trump, pourtant élu sur la promesse d'un repli isolationniste. "L'Iran a complètement berné les États-Unis alors que le protocole signé par le président américain à Versailles en juin dernier s'apparentait, sans exagération aucune, à une capitulation de Washington, observe le politologue. Les concessions étaient énormes : le nucléaire était relégué au second plan, Téhéran obtenait plein de compensations, les sanctions étaient terminées. Mais les Gardiens de la Révolution sont déterminés à aller jusqu'au bout, et toute la question désormais est de savoir comment négocier avec des fanatiques."
Volontiers optimiste dans ses déclarations, Donald Trump a prédit ce mercredi 9 septembre que la guerre avec l'Iran s'arrêterait immédiatement après les élections de début novembre. Le magnat de l'immobilier estime que les Iraniens "ne peuvent pas tenir plus longtemps" et accuse Téhéran de vouloir "peser désespérément" sur le scrutin.
Dans le même temps, de hauts conseillers de la Maison-Blanche, le vice-président JD Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio en tête, ont récemment averti le président sur un risque de prolongement du conflit jusqu'à la fin de son mandat, selon des informations du Wall Street Journal.
Au coup par coup
Selon Dominique Simmonet, la stratégie actuelle de Donald Trump pourrait se résumer à "maintenir toutes les options ouvertes". Qui peuvent aller des sanctions aux négociations, jusqu'à des frappes massives, voire un débarquement sur des îles stratégiques du détroit d'Ormuz.
"Il fait preuve d'un certain pragmatisme en procédant manifestement au coup par coup, tout en espérant que le régime iranien s'effondre, observe le spécialiste. Des dissensions existent entre le Pentagone et la Maison-Blanche, mais il y a une forme de consensus pour dire qu'il ne faut pas que tout cela s'embrase au moins jusqu'aux élections de mi-mandat".