Doubs. « C’est catastrophique » : plus de deux tonnes de poissons morts repêchés dans l’étang de Rigney

Doubs. « C’est catastrophique » : plus de deux tonnes de poissons morts repêchés dans l’étang de Rigney
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Soumis aux effets de la sécheresse et de la canicule, l’étang de Rigney se transforme en cimetière : depuis quelques jours, les poissons, asphyxiés par le manque d’eau, meurent un à un. « C’est du jamais vu », déplore la maire du village, contrainte d’organiser en urgence une opération de nettoyage.

Willy Graff, avec notre correspondante Laurence Converset-Panier -

Aujourd’hui à 19:39 | mis à jour aujourd’hui à 19:47

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Silures, carpes, sandres, perches… Le carnage climatique ne semble épargner aucun type de poissons.  Photo fournie par une source protégée
Silures, carpes, sandres, perches… Le carnage climatique ne semble épargner aucun type de poissons.  Photo fournie par une source protégée

C’est un carnage silencieux, matérialisé par de simples taches blanches à la surface, qui troublent la quiétude des étangs de Rigney. Une odeur nauséabonde complète ce macabre tableau. Sur ce site bucolique habituellement prisé des pêcheurs, les poissons meurent en masse, victimes directes d’un été aussi sec que brûlant. Silures -dont certains atteignent le double mètre-, mais aussi sandres, carpes, perches ou plus petits spécimens flottent entre deux eaux, ventre tourné vers le ciel…

Un piège biologique implacable

La succession de vagues durables de chaleur, conjuguée à l’absence de précipitations dignes de ce nom, ont fait baisser le niveau de l’étang numéro 2 de plus d’un mètre, tout en appauvrissant fortement son eau en oxygène. Un piège biologique fatal à la faune aquatique. C’est le maire adjoint de la commune, Pascal Hermann, qui a officiellement donné l’alerte ce jeudi 6 août, en constatant cette funeste réaction en chaîne.

  • Un agriculteur est venu prêter main-forte, mettant sa remorque à disposition. Photo fournie par une source protégée

    Un agriculteur est venu prêter main-forte, mettant sa remorque à disposition. Photo fournie par une source protégée

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  • Les poissons des étangs de Rigney meurent en masse, asphyxiés.   Photo fournie par une source protégée

    Les poissons des étangs de Rigney meurent en masse, asphyxiés.   Photo fournie par une source protégée

  • Les poissons meurent d’asphyxie dans l’étang numéro deux de Rigney, constat accablant après les multiples épisodes de canicule.   Photo Laurence Converset

    Les poissons meurent d’asphyxie dans l’étang numéro deux de Rigney, constat accablant après les multiples épisodes de canicule.   Photo Laurence Converset

  • Les panneaux de "pêche interdite" sont présents tout autour des étangs suite à l’arrêté municipal du 6 août.   Photo Laurence Converset

    Les panneaux de "pêche interdite" sont présents tout autour des étangs suite à l’arrêté municipal du 6 août.   Photo Laurence Converset

La maire Nathalie Concet a immédiatement signé un arrêté municipal interdisant la pêche , « une mesure de bon sens pour permettre à la population aquatique de se stabiliser », glisse-t-elle. « De mémoire locale, c’est du jamais vu. On avait eu à gérer une pollution il y a quelques années, mais ça n’avait rien à voir… Là, c’est catastrophique », soupire l’élue, qui avoue « avoir eu du mal à trouver le sommeil », hantée par l’image de ces animaux morts.

Une opération de trois jours

Face à la situation, il a fallu réagir, se pincer le nez, et vite retrousser ses manches. Une opération de nettoyage de l’étang a été lancée dès jeudi, avec l’aide de pêcheurs juchés sur leurs barques. L’Office français de la biodiversité (OFB) a également été prévenu. « Notre agent communal a rempli trois godets de son tracteur, mais dès le lendemain, il y avait d’autres poissons à récupérer… Un agriculteur est cette fois venu nous aider avec une remorque à double essieu. Franchement, on était tous sonnés et retournés. »

Les efforts pour repêcher les cadavres de poissons se sont étalés sur trois jours. « Au total, on en a retiré entre deux et trois tonnes », estime Nathalie Concet. Un chiffre qui donne le vertige, surtout qu’il pourrait encore s’aggraver. « On verra si on doit y retourner, on espère que non », grimace la maire de Rigney.

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« On se sent impuissant »

Au-delà de l’urgence sanitaire et environnementale immédiate, c’est l’avenir de ces plans d’eau et zones humides de la vallée de l’Ognon qui à plus long terme inquiète, ces épisodes caniculaires s’imposant comme « une nouvelle norme », selon les mots du préfet du Doubs. Nathalie Concet ne peut qu’acquiescer : « Pour cette année, c’est foutu. C’est trop tard. Mais il va falloir se poser collectivement et réfléchir à des solutions durables. Il existe par exemple des oxygénateurs à poser sur l’eau, mais cela a un coût. Il y a aussi beaucoup de réglementations à respecter pour la gestion des plans d’eau, on ne fait pas ce qu’on veut… En tout cas, pour l’instant, on se sent impuissant ».

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