Élève sanctionné, comparution immédiate du père... Ce que l'on sait des menaces reçues par une enseignante en Haute-Garonne
Publié aujourd'hui à 19h17
Lire dans l'appBFMMélanie Vecchio, Véronique Fèvre et Coralie Rabatel
Un père de famille vivant près de Toulouse doit être jugé en comparution immédiate ce jeudi 10 septembre après avoir menacé une enseignante de décapitation. Il n'acceptait pas que son fils ait été sanctionné pour son comportement.
Un père de famille a menacé une enseignante de décapitation le 4 septembre dernier au Fauga, près de Toulouse (Haute-Garonne). Il contestait alors une sanction prise contre son fils, scolarisé en CM2. Il doit comparaître devant la justice ce jeudi 10 septembre.
• Des menaces à la sortie de l'école
Sur BFMTV, le maire SE du Fauga, Jean-Marie Puig, a expliqué que "l'enfant a été dissipé dans sa classe, l’institutrice l’a envoyé dans une autre classe pour essayer de le calmer et quand il est arrivé dans la seconde classe, selon l’expression dévoilée par les enseignants, 'il a continué à faire le caïd'" et a été sanctionné.
Selon la même source, le père de ce jeune garçon aurait attendu l'enseignante à la sortie de l'école et l'aurait menacée de "lui 'couper la tête si ça avait été un homme'".
L'inspectrice d'académie s'est rendue sur place et la professeure a été mise en arrêt maladie pour un mois. L'équipe éducative de l'école a fait valoir son droit de retrait lundi matin, d'après le maire.
"Les habitants sont choqués, ils ont peur, ils ne pensaient pas que ça pouvait arriver ici", a déclaré Isabel Bagneris, première adjointe à la mairie du Fauga, en charge des affaires scolaires, sur BFMTV.
Le parquet a par ailleurs indiqué que le père de famille, qui avait été placé en garde à vue, doit être jugé en comparution immédiate ce jeudi. La même source précise que le père contestait une sanction prise par une enseignante contre son enfant.
• Le ministre de l'Éducation dénonce des faits "d'une extrême gravité"
"Un professeure a été menacée de manière inadmissible", a écrit le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, sur X. "Les faits rapportés sont d'une extrême gravité. Une plainte a été déposée et la protection fonctionnelle lui a été accordée".
Cette dernière mesure ne concerne pas exactement une protection rapprochée mais permet notamment la prise en charge des frais de justice par l'Éducation nationale et l'engagement, quand l'institutrice reviendra sur son lieu de travail, de lui garantir une sécurité.
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Édouard Geffray a également annoncé "l’une des premières applications du décret publié cet été pour protéger les personnels face aux menaces et aux violences de parents d’élèves". Un texte qui prévoit que l'on peut changer d'école un enfant dont un parent se serait montré menaçant envers un enseignant.
Plus précisément, le décret indique que "lorsque le comportement d’un membre de la famille d’un élève, en lien avec sa scolarité, fait peser un risque caractérisé sur la sécurité ou la santé d’un membre de la communauté éducative (…) le directeur académique des services de l’éducation nationale, saisi par le directeur de l’école, peut, (…) demander au maire de procéder à la radiation de cet élève de l’école et à son inscription dans une autre école".
• Un décret polémique
Le décret n°2026-687 du 28 juillet 2026 évoqué par Édouard Geffray a fait polémique à la fin de l'été, les syndicats enseignants estimant que ce n'est pas à l'enfant de payer l'attitude de ses parents.
Sur BFMTV Aurélie Gagnier, porte-parole du FSU-Snuipp, a d'ailleurs développé ces arguments. "Ce décret fait subir à l’enfant un acte grave commis par un de ses parents donc pour nous il y a une certaine injustice et ça ne résout pas le fond du problème parce que finalement on le déplace d’une école à une autre. Rien ne garantit que la famille ne retrouvera pas l’enseignante pour commettre je ne sais quel acte terrible."
Elle souligne toutefois que "c'est une bonne chose que l'Éducation nationale réagisse" et que "notre ministre reconnaisse que la situation est grave". Aurélie Gagnier estime néanmoins qu'il vaudrait mieux se concentrer sur le fait de "protéger l’enseignante" et même "l'équipe de ce parent qui est menaçant, leur garantir qu’ils peuvent aller à l’école sans que leur santé soit mise en danger".
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