"Elle manquera" : l'hommage bouleversant d'Emmanuel Macron et de la classe politique à Catherine Ringer

"Elle manquera" : l'hommage bouleversant d'Emmanuel Macron et de la classe politique à Catherine Ringer

La chanson française perd l'une de ses voix les plus reconnaissables. Catherine Ringer est décédée lundi 14 septembre 2026 au soir, à l'âge de 68 ans, des suites d'un cancer foudroyant. Sa famille et ses proches ont annoncé la nouvelle ce mardi avec ces mots : "Une immense tristesse." Dix-neuf ans après la disparition de Fred Chichin, mort en 2007, l'autre moitié des Rita Mitsouko s'en va à son tour. Ensemble, les deux artistes avaient marqué les années 1980 avec un univers qui ne ressemblait à aucun autre.

Dès l'annonce de sa mort, les hommages ont afflué du monde de la musique, mais aussi de la classe politique. Emmanuel Macron a notamment pris la parole pour saluer le parcours de la chanteuse. La ministre de la Culture Catherine Pégard, Yaël Braun-Pivet, Olivier Faure ou encore Aurélie Trouvé ont également réagi. Derrière les tubes et l'exubérance de la scène, plusieurs ont tenu à rappeler l'attachement de Catherine Ringer à sa liberté et aux causes qu'elle défendait.

Emmanuel Macron rend hommage à Catherine Ringer et aux Rita Mitsouko

Le président de la République a choisi de revenir sur ce qui rendait Catherine Ringer immédiatement identifiable, de sa voix à l'univers construit avec l'amour de sa vie, Fred Chichin. "Catherine Ringer avait fait de sa voix un théâtre et de chaque chanson une liberté. Avec Fred Chichin, elle avait donné aux Rita Mitsouko un son et des couleurs sans pareils", a écrit Emmanuel Macron. Le chef de l'État a ensuite conclu son hommage en quelques mots : "Elle danse. Elle rayonne. Elle manquera."

D'autres responsables politiques ont évoqué les chansons qui ont traversé les générations. "De Marcia Baïla à Andy, sa voix et son irrésistible amour de la liberté auront marqué la chanson française", a écrit Catherine Pégard, ajoutant qu'elle aura "fait danser des générations entières". Yaël Braun-Pivet a, elle aussi, salué cette présence singulière : "Il suffisait de quelques notes pour reconnaître sa voix, de quelques secondes sur scène pour saisir cette énergie qui n'appartenait qu’à elle". La présidente de l'Assemblée nationale a décrit une artiste "libre" et "audacieuse". Olivier Faure a fait part de son "immense tristesse", tandis qu'Aurélie Trouvé a rappelé son engagement en la qualifiant de "militante infatigable".

Benjamin Biolay et le monde du rock pleurent "la patronne"

Du côté des artistes, la disparition de Catherine Ringer fait remonter des décennies de souvenirs. Benjamin Biolay a salué une "reine" de la musique française et a eu une pensée pour Fred Chichin : "Le groupe le plus important de l'histoire du rock français peut se reformer." Richard Kolinka, batteur du groupe Téléphone, s'est souvenu d'une personnalité impossible à confondre avec une autre : "On perd quelqu'un de fantastique de par sa carrière extraordinaire, sa personnalité. C'est quelqu'un qui était très original, qui avait une grande gueule, qui chantait sublimement bien."

Philippe Manœuvre a, lui aussi, insisté sur la puissance de Catherine Ringer lorsqu'elle montait sur scène : "Catherine Ringer était une chanteuse exceptionnelle, surpuissante." Le spécialiste du rock poursuit : "C'était une diva. Sur scène, on ne savait jamais ce qu'elle allait imaginer. Les concerts des Rita Mitsouko, c'était des événements, des happenings". Au Printemps de Bourges, un surnom résumait à lui seul la place qu'elle occupait. "Nous, on l'appelait 'la patronne'. Je ne sais pas si c'est un surnom officiel, en tout cas, il était affectueux !", a confié son directeur Boris Vedel. Une "patronne" dont la voix s'est tue, mais dont Marcia Baïla, Andy et tant d'autres chansons restent.

À propos de l’auteur

Ses derniers articles