Le prix du burrito s’invite au sein du parti du Trump et sème la zizanie

Le prix du burrito s’invite au sein du parti du Trump et sème la zizanie

Laurent Garrigues

L.G. avec AFP

Publié le 08/08/2026 à 01h00 • Mis à jour le 08/08/2026 à 01h00

L'essentiel

  • A quelques mois des midterms, le prix du burrito est devenu le symbole des inquiétudes autour du pouvoir d’achat aux Etats-Unis, alors que l’inflation a atteint 3,5 % en juin.
  • La polémique divise les républicains entre ceux qui conseillent aux Américains de réduire leurs dépenses et ceux qui craignent qu’un tel discours paraisse déconnecté des difficultés économiques des électeurs.
  • Donald Trump assure que l’inflation baisse, tandis que J.D. Vance et d’autres figures conservatrices s’opposent publiquement sur la réponse à apporter au coût de la vie avant les élections de novembre.

A quelques mois des midterms, le pouvoir d’achat s’impose comme un sujet sensible pour le Parti républicain. Ce vendredi, une polémique autour du prix du burrito illustre les désaccords au sein de la droite sur la manière de répondre au coût élevé de la vie. L’inflation s’est établie à 3,5 % en juin et, selon une récente enquête de l’université Marquette, 35 % des personnes interrogées placent le coût de la vie en tête de leurs préoccupations, devant notamment la guerre en Iran.

A l’origine de la controverse, un message publié le 4 août sur X par Andrew Kolvet, porte-parole de l’organisation conservatrice Turning Point USA. Rapportant l’avis d’un étudiant, il écrit : « Un burrito ne devrait pas coûter 20 dollars ». S’il attribue cette situation « en grande partie aux suites du Covid et de l’inflation sous Biden », il insiste sur une réalité ressentie au quotidien : « l’impression que des produits de base coûtent trop cher ». A Washington, vendredi, le prix d’un burrito à emporter débutait entre 6,50 et 13,50 dollars dans deux fast-foods populaires, selon sa composition.

Vous n’avez qu’à « manger des nouilles instantanées »

L’affirmation a suscité de vives réactions chez certains conservateurs, qui contestent le prix avancé et reprochent aux jeunes Américains des habitudes trop coûteuses. L’élu républicain Dan Crenshaw leur a ainsi conseillé de « manger des nouilles instantanées », comme il le faisait lorsqu’il était étudiant. Marc Thiessen, ancien conseiller de George W. Bush devenu éditorialiste, a pour sa part accusé les étudiants de « pleurnicher ». Des réponses qui ont à leur tour provoqué des critiques au sein même du camp républicain.

Le vice-président J.D. Vance s’en est directement pris à Marc Thiessen, en faisant référence à sa corpulence. « Si jamais vous l’avez déjà rencontré en vrai, vous savez qu’il n’est pas le genre d’homme qui passerait à côté d’un burrito », a-t-il dit. Cette dispute intervient alors que Donald Trump continue d’assurer que l’inflation a baissé aux Etats-Unis. Jeudi, le président a également nié que sa politique de droits de douane ait un impact sur les prix, alors que les républicains craignent d’être sanctionnés sur les questions économiques lors du scrutin de novembre.

Robert Kennedy Jr. s’y met aussi

Derrière le burrito se dessine ainsi un débat plus large sur la ligne économique du parti. Fox News parle même de « guerre civile » entre deux camps. Les défenseurs d’une économie de marché peu interventionniste considèrent que l’Etat doit laisser les prix fluctuer et conseillent aux consommateurs de cuisiner davantage pour réduire leurs dépenses. D’autres républicains redoutent au contraire un « effet Marie-Antoinette », en référence au fameux « Qu’ils mangent de la brioche ! », une phrase que la reine de France n’a jamais prononcée mais qui est devenue un symbole du mépris attribué aux puissants.

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Angela Morabito, de l’organisation conservatrice Defense of Freedom Institute, résume cette inquiétude : « Si la "solution" de la droite à la crise du pouvoir d’achat est de dire aux gens de manger moins bien, nous perdrons et nous l’aurons mérité ». Dans ce contexte, le ministre de la Santé Robert Kennedy Jr. a lancé une émission de cuisine (The Real Food Show) proposant des recettes présentées comme équilibrées et bon marché. Pour son premier plat, il a préparé des galettes de saumon avec une salade, pour un coût annoncé de 5 dollars par personne. Une estimation mise en doute par certains observateurs. De quoi encore alimenter un débat qui risque de se prolonger jusqu’aux élections.