Faux documents et général fantôme : l'incroyable manipulation d’un ex-député roumain

Faux documents et général fantôme : l'incroyable manipulation d’un ex-député roumain

Secret-défense. Cristian Rizea a inventé de toutes pièces un personnage pour discréditer le renseignement roumain sur TikTok. Certains experts y voient une manœuvre du Kremlin.

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Publié le 07/08/2026 à 07:45

Cristian Rizea

Sur TiTok, cet ex-élu social-démocrate condamné pour corrruption insinuait l'existence de réseaux occultes au sein des services roumains.

Capture d'écran Facebook

Il aura fallu un démenti officiel pour mettre fin à ses affabulations. Le 17 mars, une commission parlementaire chargée du contrôle du renseignement intérieur roumain, le SRI, est venue contredire les propos tenus sur TikTok par le très remuant Cristian Rizea. Cet ancien député social-démocrate, condamné pour corruption en Roumanie avant de s’enfuir en Moldavie, s’en prenait depuis plusieurs semaines aux services de renseignement roumains, en s’efforçant de ternir leur réputation.

A coup de vidéos truffées d’images glanées sur Google mais aussi de faux documents, dont une prétendue lettre d’officiers bricolée à la va-vite, Cristian Rizea insinuait l’existence de groupes d’influence et de réseaux occultes au sein de ces mêmes services et de liens compromettants entre des cadres du SRI, des responsables politiques et des hommes d’affaires. Torse nu, tatouages apparents, le vidéaste en herbe répandait également des rumeurs de trafic de drogue et de toxicomanie au sein du renseignement et du pouvoir roumains. Autant de pseudo-indiscrétions récoltées auprès d’un général, surnommé "Pufi".

"Fiction grossière"

Après enquête, la commission a rendu son verdict : le haut gradé n’existe pas et ses prétendues révélations sur la corruption des services secrets roumains relèvent d’une "fiction grossière" et de "scénarios dignes d’une série B". La manœuvre, qui commençait à séduire une audience substantielle sur TikTok, a été qualifiée de "mensonge de l’année" par Evenimentul Zilei, l'un des quotidiens les plus lus du pays.

Dernier fait d’armes pour Cristian Rizea, en mai : avoir perturbé en hurlant un discours de la présidente moldave Maia Sandu au Parlement européen, en s'inventant une casquette de journaliste victime de son régime. L'homme politique a, au passage, qualifié la dirigeante de "dictatrice". Avant d'être escorté vers la sortie.

Depuis, les médias moldaves relèvent la concomitance systématique entre les agitations de Rizea et la propagande de Moscou. En février 2022, la journaliste Emilia Sercan avait été victime d'un "kompromat" grossier après avoir révélé un plagiat de l'ex-Premier ministre Nicolae Ciuca. De vieilles photos intimes avaient été publiées sur un obscur site Internet. Selon l'ONG suédoise Qurium, ce site appartenait à une société... de Cristian Rizea.