« Je n’ai jamais vu ça » : dans le Var, des conditions météo hors normes compliquent le travail des pompiers

« Je n’ai jamais vu ça » : dans le Var, des conditions météo hors normes compliquent le travail des pompiers

France 01/08/2026 16:09 Actualisé le 01/08/2026 22:59

Entre fortes chaleurs, mistral et assèchement de la végétation, les pompiers sont parvenus à « stabiliser » le feu, mais au prix d’« âpres combats », a souligné le préfet.

Face au feu dans le Var, les pompiers voient leur travail compliqué par les conditions météo exceptionnelles. (photo d’illustration d’un pompier combattant le feu dans le massif du Gros Bessillon le 23 juillet)

THIBAUT DURAND / Hans Lucas via AFP

Face au feu dans le Var, les pompiers voient leur travail compliqué par les conditions météo exceptionnelles. (photo d’illustration d’un pompier combattant le feu dans le massif du Gros Bessillon le 23 juillet)

Du jamais-vu pour les soldats du feu. La lutte contre l’incendie qui frappe le massif du Gros Bessillon se poursuit dans des conditions météorologiques très « défavorables » ce samedi 1er août. Ce, alors que les flammes ont déjà parcouru environ 1 800 hectares depuis vendredi, a indiqué le préfet dans la soirée.

Le feu dans cette zone de l’arrière-pays toulonnais avait été déclaré fixé il y a quatre jours, après avoir ravagé 4 500 hectares, mais une reprise des flammes au pied du massif met désormais à rude épreuve les 1 500 sapeurs-pompiers déployés. Lors d’un point presse ce samedi soir, le préfet du Var, Simon Babre, a annoncé que le feu a été « stabilisé » après « 24 heures […] d’âpres combats ». Mais si la bataille « a été gagnée », ce n’est pas « la fin de la guerre contre ce feu », a-t-il prévenu.

Que ce soit face aux incendies qui se sont succédé ces deux dernières semaines dans le Var, ou plus spécifiquement pour ce sinistre ravivé par les vents et la sécheresse, les équipes font face à des conditions climatiques que le département a « rarement connues », avait affirmé plus tôt ce samedi Eric Grohin, le patron des sapeurs-pompiers varois. « Cinq, six, sept jours de vent avec des situations extrêmes en termes de canicule et en termes d’hygrométrie (la quantité de vapeur d’eau dans l’air, ndlr), je n’avais jamais vu en huit ans ici », avait-il glissé lors d’un point presse.

Les conditions sont « extrêmement compliquées » et rendent d’autant plus difficile la lutte contre les flammes, avait ajouté Eric Grohin. La crainte de voir la météo empirer la situation était partagée par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Ce dernier avait affirmé lors d’un point presse ce samedi matin à Paris que le Var serait « une zone vraiment à très haut risque, entre 16 heures et 22 heures », la faute à « la levée du vent, notamment du mistral, dans l’après-midi », qui pourrait attiser les « nombreux points chauds » de l’incendie.

Des rafales jusqu’à 40 km/h et des températures jusqu’à 40 °C

Le « mistral qui devrait se renforcer » avait aussi été évoqué par le préfet du Var, Simon Babre, lors d’une conférence de presse organisée peu après 14 heures. « Nous sommes dans une situation à haut risque, comme l’a décrit le ministre de l’Intérieur », avait-il exposé. Un communiqué publié par la préfecture une demi-heure plus tard faisait mention de « rafales pouvant atteindre 35 à 40 km/h », le tout alors que « le taux d’humidité demeure très faible » et que « les températures pourraient atteindre 40 °C ».

« Ces conditions sont susceptibles de favoriser la propagation du feu et de compliquer les opérations de lutte », concluaient les autorités préfectorales. Dans son bulletin « feux de forêts » de vendredi, Météo France alertait sur le fait que les « dangers [sont] globalement en baisse, sauf près de la Méditerranée ». Le prévisionniste rappelait que le « temps moins chaud et plus humide » a bénéficié à la majeure partie de l’Hexagone… mais pas au pourtour méditerranéen, où « le danger reste élevé par endroits ».

Lors de sa conférence de presse ce samedi à la mi-journée, le préfet du Var avait fait état d’« une première reprise sur le flanc droit du feu, mais aussi sur son flanc gauche ». Avant d’assurer que « ces reprises, à ce stade, sont traitées ». Insistant sur les importants « moyens aériens » déployés, Simon Babre avait expliqué qu’« un verrou » avait été mis en place dès vendredi « avec de nombreux sapeurs-pompiers au sol » pour « éviter que les massifs qui avaient déjà été parcourus par les flammes ne communiquent avec un autre massif ».

Un embrasement de ce dernier « menacerait trois communes plus au sud que le feu actuel », avait prévenu le préfet du Var, insistant sur le fait qu’au moment où il parlait, ce verrou tenait bon.