Incendies : et maintenant, les responsabilités

Incendies : et maintenant, les responsabilités

Le grand nuage de fumée est retombé. L'incendie couve encore ici ou là, quelques reprises de feu sont encore observées, mais sous étroite surveillance. Le temps de l'urgence absolue semble derrière nous. Reste un immense paysage de cendres, des tourbières calcinées et des arbres roussis à perte de vue. Des cicatrices qui mettront des décennies à s'effacer.

Place, désormais, à l'enquête. Les premiers éléments commencent à émerger. Le parquet de Liège a ouvert une information judiciaire pour incendie involontaire. Selon les premières constatations, le feu aurait été déclenché accidentellement par un engin agricole qui fauchait une parcelle pour le compte de la DNF, l'administration wallonne chargée – ironie cruelle – de protéger les réserves naturelles et leur biodiversité. Quelle que soit l'issue de l'enquête judiciaire, qui prendra encore des semaines, voire des mois, les responsables politiques ne pourront faire l'économie d'une remise en question. Car, quelques jours avant le départ des flammes, tous les signes précurseurs d'un possible embrasement étaient identifiés. La canicule et la sécheresse avaient, semaine après semaine, transformé la région en véritable poudrière.

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Le danger était donc connu. Les experts de la cellule de suivi sécheresse avaient alerté les autorités. Certaines les ont entendus. D'autres moins. Le gouverneur faisant fonction de la province de Luxembourg avait ainsi demandé à ses bourgmestres d'interdire les travaux de fauchage. Dans la province de Liège, aucune mesure comparable n'a empêché cet engin de travailler dans un environnement que l'on savait particulièrement propice aux départs de feu. La question est donc désormais politique : face à un risque identifié, toutes les précautions nécessaires ont-elles été prises ? Elle se pose avec d'autant plus d'acuité que la gestion des inondations de juillet 2021 avait déjà mis en lumière les failles de notre préparation face aux événements climatiques extrêmes.

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Cinq ans plus tard, le constat s'impose : il ne suffit plus de gérer les catastrophes lorsqu'elles surviennent. Il faut apprendre à les anticiper.

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