Initiative sur la neutralité: la politique suisse se réveille pour une bataille intense
Publié1. août 2026, 17:29
Affiches et discoursInitiative sur la neutralité: le 1er Août lance la campagne
Avec la fête nationale, démarre la bataille autour de l'initiative UDC. L'ex-conseiller fédéral Christoph Blocher n'a pas raté l'occasion, ses détracteurs non plus.

Christof Vuille
La politique suisse était en pause estivale depuis trois semaines. Elle se réveille à point nommé pour le 1er Août. Partout dans le pays, les responsables politiques argumentent pour ou contre l'initiative sur la neutralité lors des discours de la fête nationale.
Le peuple se prononcera le 27 septembre sur ce texte de l'organisation Pro Suisse (ex-ASIN, Action pour une Suisse indépendante et neutre), proche de l'UDC, lancé peu après le début de la guerre en Ukraine. La Suisse s'était alors ralliée aux sanctions de l'UE contre l'agresseur russe.
L'initiative exige que les sanctions économiques soient fondamentalement interdites et veut inscrire la neutralité «perpétuelle et armée» dans la Constitution fédérale.
Une initiative qui «assure la paix et la liberté»
Christoph Blocher se bat avec véhémence pour le oui. Vendredi, l'ancien conseiller fédéral UDC a prononcé un discours à Matten près d'Interlaken (BE), dans le cadre des Tellspiele (les «Jeux de Tell»), une fête historico-folklorique. Il a fait référence à plusieurs reprises dans son discours au héros national Guillaume Tell et au mythe fondateur de 1291.
«La neutralité signifie que la Suisse – l'État – prend ses propres décisions et ne se laisse pas entraîner dans les conflits de puissances étrangères», a lancé Blocher. Tous les politiciens suisses devraient être liés à la neutralité «pour le bien du pays et de ses habitants». Mais cette «caractéristique identitaire» serait menacée par des «politiciens de peu de foi». «Ils ne veulent pas d'une Suisse neutre, mais d'une Suisse où ils peuvent faire ce qu'ils veulent, pour leur gloire et leur splendeur – mais au détriment des gens.»
Accusation de «lâcheté»
De nombreuses autres personnalités de l'UDC prononceront des discours du 1er Août abordant la question de la neutralité. Mais les opposants à l'initiative ne sont pas en reste.
Le mouvement Opération Libero a opté pour la provocation en plein discours de Blocher à Interlaken. Il a projeté sur une paroi rocheuse une image évoquant le serment du Grütli, accompagnée du mot «Feiggenossen», jeu de mots entre «Eidgenossen» (Confédérés) et «Feige» (Lâches).
Parallèlement, la campagne pour le non a acheté ces dernières semaines des espaces d'affichage partout où les membres de l'UDC prononcent leurs discours.

À Unteriberg et Oberiberg (SZ), où le président du parti Marcel Dettling fait son apparition, presque tous les panneaux d'affichage sont tapissés d'appels à voter non le 27 septembre. Pareil à Lugano (TI), où Marco Chiesa est attendu, ou à Crans-Montana (VS), où c'est l'ex-conseiller d'État Oskar Freysinger qui doit prendre la parole.
Le retour des «affaires sales»
Parallèlement, presque tous les présidents des autres partis se sont exprimés sur les réseaux sociaux contre le projet Blocher, qui tromperait le peuple avec un texte prorusse. «Il a lancé l'initiative en réaction aux sanctions contre le régime de Poutine. Son objectif est d'interdire les sanctions suisses. Ainsi, les affaires devraient rester possibles même lorsque des États commettent des crimes de guerre ou violent le droit international», déclare par exemple le coprésident du PS, Cédric Wermuth.
Blocher et «ses amis milliardaires» voudraient ainsi ramener en Suisse des «affaires sales» comme le commerce de pétrole russe. Des accusations auxquelles Christoph Blocher et ses partisans devront répondre. Ils sont attendus mardi à Berne pour une conférence de presse. De quoi lancer la campagne de votation pour de bon.
(arg)

Christof Vuille
Christof Vuille (vuc) dirige depuis 2023 le département Politique et est membre de la direction de la rédaction. Il couvre pour 20 Minuten l'actualité politique fédérale.
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