« Je ne suis pas faite pour être une star, je suis faite pour être une bonne actrice », les confidences de la comédienne Marie-Christine Barrault avant son spectacle à Nice

« Je ne suis pas faite pour être une star, je suis faite pour être une bonne actrice », les confidences de la comédienne Marie-Christine Barrault avant son spectacle à Nice

Révélée au grand public par Cousin, cousine, qui lui vaut une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice en 1977, Marie-Christine Barrault s’est imposée comme une figure incontournable du théâtre et du cinéma français. Ces dernières années, elle multiplie les spectacles où la littérature rencontre la musique, un registre auquel elle est particulièrement attachée. Après une première participation au Nice Classic Festival en 2024, elle retrouvera le public niçois ce jeudi 30 juillet, dans Petite chronique d’Anna Magdalena Bach. Un récit imaginant le regard intime de la seconde épouse du compositeur allemand sur leur vie commune. Selon Marie-Christine Barrault, ce spectacle est un « moyen d’attirer autrement dans l’univers de Bach ».

Il y a le lieu, l’environnement, le festival, mais surtout les artistes avec qui je travaille. Denis Pascal et Marie-Paule Milone sont devenus des amis. Être sur scène avec eux c’est absolument le paradis.

Qu’est-ce qui vous touche dans cette histoire ?

S’il ne devait rester qu’une seule musique, ce serait celle de Bach, à mes yeux et à mes oreilles. Et puis son histoire avec Anna Magdalena est magnifique. C’est une histoire d’amour, de fidélité et de foi. Je trouve que cela rend Bach extrêmement familier. On a presque l’impression de partager son quotidien.

Ressentez-vous encore un certain stress avant de monter sur scène ?

Le stress, non. Mais l’émotion et l’enthousiasme oui. Parce que je crois profondément à ce que je fais. Je suis convaincue que les gens qui sont là ne repartent pas comme ils sont arrivés. Ils repartent avec une petite étincelle en plus. On ne peut pas enchaîner les spectacles comme je le fais si on n’a pas la passion. J’ai la passion des textes et de la musique. Les réunir, pour moi, c’est l’idéal.

Comment est née cette envie de mêler les textes et la musique ?

Si je suis devenue actrice, c’est d’abord grâce aux textes. J’ai toujours aimé lire. Ce qui me fascinait c’était de faire entendre les mots, la littérature, la poésie. Je ne joue pas d’un instrument, je ne chante pas, mais je pose ma voix sur les notes des musiciens. C’est un enchantement. Cela rassemble tout ce que j’aime.

Créer des spectacles comme celui-ci peut attirer un nouveau public vers la musique classique ?

Je le crois sincèrement. Les mots permettent d’entrer dans la musique autrement. Et la musique éclaire également les mots. Je vois bien, avec mes sept petits-enfants, que le classique n’est plus une évidence pour les jeunes. Alors si ces spectacles peuvent ouvrir une porte, c’est merveilleux. D’ailleurs, des spectateurs viennent souvent nous dire qu’ils découvrent cet univers pour la première fois. Il y a des moments où, même moi, alors que je sais parfaitement ce qui va arriver, je suis au bord des larmes quand la musique commence.

Quel est votre mot préféré ?

C’est “oui”. Parce que c’est une ouverture vers le monde, vers les projets, vers l’avancée dans la vie. Je trouve que ce mot est un moteur. Et puis il y a aussi “joie”. Finalement, ces deux mots me définissent assez bien

Doutez-vous encore ?

Le mot doute ne me parle pas beaucoup. À chaque nouveau projet, j’ai pourtant l’impression de n’avoir jamais rien fait avant. Je me demande seulement si je serai capable d’accomplir au mieux ce qu’on attend de moi. En revanche, avec l’âge, j’ai gagné en sérénité. On hiérarchise ses inquiétudes en vieillissant. La seule véritable inquiétude c’est celle de la mort. J’ai écrit un livre sur les disparitions qui ont jalonné ma vie - « Si tu savais, c’est merveilleux » - et cela m’a permis d’avoir un rapport beaucoup plus apaisé avec cette idée. Comme disait Montaigne : « La vie, c’est apprendre à mourir ».

Que vous inspire aujourd’hui le souvenir de votre nomination aux Oscars pour « Cousin, cousine » ?

Cela m’inspire beaucoup d’humour. Dans le genre kermesse, on ne fait pas mieux {s’amuse l’actrice de 82 ans}. À une époque je n’en parlais jamais mais avec le recul, je me dis qu’il m’est quand même arrivé des choses incroyables dans ma vie. Le film a enchanté les États-Unis et la planète entière. Cette nomination m’a offert une notoriété que je n’avais pas, mais je ne suis pas faite pour être une star. Je suis faite pour être une bonne actrice.

Jeudi 30 juillet à 20h. Monastère du Cloître de Cimiez. Tarifs : à partir de 24 euros. Gratuit pour les moins de 25 ans. https://niceclassiclive.com/