Justice. Une enquête ouverte concernant les soupçons d'ingérence russe visant Raphaël Glucksmann

Justice. Une enquête ouverte concernant les soupçons d'ingérence russe visant Raphaël Glucksmann

Le parquet de Paris a annoncé ce jeudi l'ouverture d'une enquête sur les soupçons d'ingérence russe visant le probable candidat à la présidentielle Raphaël Glucksmann, après la diffusion d'un faux reportage cherchant à le discréditer. Cette enquête doit permettre de vérifier si Raphaël Glucksmann, critique virulent de Vladimir Poutine, a bien été la cible d'une opération de déstabilisation menée par le groupe prorusse Storm-1516, directement piloté par le GRU, les services secrets de l'armée russe. 

Confiée à la brigade de lutte contre la cybercriminalité, elle est ouverte notamment pour de possibles délits liés à la fabrication d'images truquées « dans le but de servir les intérêts d'une puissance étrangère » ou d'une entité « sous contrôle étranger », a précisé le parquet.

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Un faux reportage usurpant le média Blast 

A huit mois de la présidentielle, Raphaël Glucksmann avait dénoncé mardi une opération de « déstabilisation » avec la diffusion de cette vidéo « entièrement truquée » impliquant sa compagne, la journaliste Léa Salamé, et le journaliste Edwy Plenel. L'eurodéputé social-démocrate avait appris du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) qu'il avait été « la cible d'une attaque du groupe Storm-1516, directement piloté par le GRU ». Le faux reportage « usurpant l'identité du média français Blast » affirmait que la compagne de Raphaël Glucksmann « aurait tenté de "soudoyer" plusieurs médias en échange d’une couverture favorable à sa campagne comme futur candidat à l’élection présidentielle de 2027 », a rappelé le parquet.

Cette opération de désinformation avait été détectée en fin de semaine dernière et a bien été menée par Storm-1516, a confirmé mardi une source sécuritaire. « La section de protection des libertés fondamentales du parquet de Paris a ouvert d’initiative une enquête à la suite de l’évocation par la presse » de ces soupçons, a précisé le parquet de Paris. Une série d'opérations de déstabilisation, attribuées à des réseaux prorusses, ont ciblé en quelques jours trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle. Oure Raphaël Glucksmann (Place publique), Édouard Philippe (Horizons) a été calomnié sur son état de santé et Gabriel Attal (Renaissance) a été présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson.

Un projet de loi pour lutter 

Si ces ingérences russes visant plusieurs candidats et candidats potentiels à la présidentielle se sont multipliées, elles sont restées peu visibles du grand public d'après une source sécuritaire. Il s'agit des premières visant directement depuis le début de la campagne des prétendants à l'Elysée. Mercredi soir, Sébastien Lecornu a réagi en rappelant que le gouvernement avait présenté fin juillet un projet de loi sur le sujet en Conseil des ministres. Le Premier ministre avait reçu, en juin, les partis politiques, évoquant des « perspectives de menaces lourdes sur l'élection présidentielle ». Mais une partie de la gauche estime que le gouvernement ne va pas assez loin et souhaite aussi cibler les plateformes étrangères comme TikTok ou X.

Raphaël Glucksmann demande ainsi aux autorités françaises et européennes de ne pas avoir « la main qui tremble » s'il faut sanctionner ces réseaux. Côté judiciaire, le parquet de Paris, qui a la charge d'enquêter sur tous les soupçons d'actes d'ingérence étrangère commis en France, est sur le qui-vive à l'approche de l'élection. L'objectif des ingérences est « d'influer sur l'ordre public de notre société et d'en déstabiliser les repères », expliquait en début d'année la procureure de Paris, Laure Beccuau. « Forcément, tout contexte électoral peut être facilitateur », ajoutait-elle, avec dans le viseur à l'époque la longue séquence débutée avec les municipales jusqu'au scrutin de 2027. « L'enquête sur le soupçon d'ingérence au préjudice de divers candidats aux élections municipales est (par ailleurs) toujours en cours, sans nouvel élément communicable à ce stade », a précisé le parquet jeudi.

Des candidats de La France insoumise à Marseille, Toulouse et Roubaix avaient notamment étaient été visés, les soupçons pointant vers une entreprise israélienne