La fortune XXL du patron de Revolut, symbole d’une nouvelle ère dans la banque

La fortune XXL du patron de Revolut, symbole d’une nouvelle ère dans la banque

Ce matin, Romain Geugneau, journaliste aux Echos, parle d’un banquier d’un genre un peu nouveau, qui pourrait devenir l’homme le plus riche d’Angleterre.

Publié le vendredi 7 août 2026 à 07:43

Je ne suis pas sûr que son nom parle à beaucoup de monde : il s’agit de Nik Storonsky. Il a 42 ans, il est d’origine russe mais naturalisé britannique il y a vingt ans. Et c’est le patron et cofondateur de Revolut, cette néobanque très prisée par les moins de 35 ans.

On dit néobanque car ce n’est pas une banque traditionnelle. Vous ne pouvez pas faire d’emprunt par exemple pour acheter un appartement ou une maison. En tout cas pas encore. Et d’ailleurs, il n’y a pas d’agence. Tout se fait en ligne ou via l’application, avec un accès permanent à toutes sortes de services financiers.

Et pourquoi parle-t-on de M. Storonsky ? Eh bien parce qu’il est en train de négocier une rémunération XXL avec les investisseurs de son entreprise.

Selon le très sérieux « Financial Times », le mécanisme envisagé lui permettrait d’obtenir gratuitement des actions si l’entreprise atteignait certains objectifs de performance.

Aujourd’hui, Nik Storonsky possède 29 % du capital de son entreprise, qui est valorisée près de 115 milliards de dollars. Il s’est déjà assuré le fait d’en obtenir 40 % si cette valeur atteignait 200 milliards. Et cette part pourrait encore grossir avec les discussions en cours.

A ce niveau-là, le néobanquier deviendrait donc, et de loin, l’homme le plus riche du Royaume.

Est-ce que ce type de rémunération est courant dans les entreprises ?

Non pas vraiment. En tout cas pas dans les entreprises européennes. C’est le cas en revanche aux Etats-Unis, et notamment dans le secteur de la tech.

L’idée, c’est d’aligner les intérêts des dirigeants sur ceux des actionnaires. En tant que patron, on est récompensé, seulement si la valeur de l’entreprise progresse.

L’exemple le plus célèbre, et le plus spectaculaire, c’est celui d’Elon Musk, le patron de Tesla. Il y a quelques années, il s’était vu attribuer par son conseil d’administration, et avec l’accord des actionnaires, un plan de rémunération en actions d’une valeur de 56 milliards de dollars, en fonction de l’atteinte de certains objectifs.

Qu’est-ce que ces pratiques salariales disent de l’évolution du secteur bancaire ?

La fortune de Nik Storonsky, ces rémunérations folles, c’est en fait la conséquence d’un changement d’ère dans le secteur. Les néobanques ne cessent de grandir et de séduire de plus en plus de personnes.

Revolut revendique 75 millions de clients dans le monde, dont huit millions en France, son deuxième marché. Une croissance exceptionnelle, due à une proposition de valeur simple, et des prix bas.

Signe de leur montée en puissance : elles arrivent même, ces néobanques, à recruter des banquiers traditionnels, comme Frédéric Oudéa, l’ex-patron de Société Générale, qui conseille aujourd’hui Revolut.

L’objectif, c’est de montrer qu’elles peuvent devenir de véritables banques, respectables et respectées. Il y a encore un peu de chemin. Mais les investisseurs, eux, en sont déjà convaincus.