L’International University of Monaco accueille 1 250 étudiants (au collège) pour une année universitaire pleine de défis

L’International University of Monaco accueille 1 250 étudiants (au collège) pour une année universitaire pleine de défis

Retour au collège ! Pour leur rentrée lundi, les étudiants de première année d’IUM (International University of Monaco) avaient rendez-vous au collège Charles-III. Un retour dans le passé pour profiter de l’amphithéâtre du bâtiment, faute de place dans les locaux de l’université. « Une cohorte de première année, ce sont plus de 300 étudiants, nous n’avons plus d’espaces pour les réunir », souligne Jean-Philippe Muller, qui dirige IUM.

Au printemps prochain, l’école de commerce disposera de 800 mètres carrés supplémentaires, boulevard Princesse Charlotte, « pour faire face au court terme, être à l’aise dans les deux ou trois prochaines années et accueillir les élèves dans de bonnes conditions ».

Le plateau de deux niveaux est en cours d’aménagement pour y loger des bureaux, quatre grandes salles de classes, des espaces étudiants. « Nous aurons désormais trois localisations, ce n’est pas l’idée, mais je reste serein d’arriver un jour à avoir un seul grand bâtiment. » Un vœu de rentrée formulé par le directeur général qui accueille pour cette année universitaire, 1 250 élèves.

En détail, ce sont 74 nationalités avec un trio de tête : des Français, des Italiens, une soixantaine d’Américains. Puis beaucoup d’Allemands et une dynamique d’étudiants venant d’Europe de l’Est, Bulgarie et Hongrie en tête. En ajoutant un retour d’élèves d’Inde, qui n’étaient plus présents depuis la pandémie.

Le melting-pot traduit l’attraction d’un établissement qui a changé de braquet en une décennie. « La dynamique continue assez fortement » confirme son patron, qui voit encore une marge d’expansion. Même si les mètres carrés font défaut ?

« On voudrait atteindre la taille critique »

« Un point important qu’on voudrait atteindre c’est la taille critique. Une bonne école de management de stature internationale c’est 1 500/2 000 élèves. On parle d’un ratio professeurs permanents/élèves, qu’il faut pouvoir financer. On peut aller plus loin, c’est autre chose. Mais moins, ça reste petit pour le monde académique. »

Cette année, 43 professeurs font leur rentrée et là aussi le corps professoral pourrait grandir jusqu’à une soixantaine de postes.

Sa croissance, IUM l’explique par des facteurs croisés. La réobtention en juin dernier, pour six années supplémentaires d’accréditations internationales. Autre bonus, le classement par le Financial Times du Master Finances de l’établissement parmi les vingt meilleurs au monde.

« Aujourd’hui c’est le premier Master de l’école avec 120 élèves là où on en avait 60 auparavant. Il est passé devant le Master Luxe qui était toujours premier. Et nous notons aussi une évaluation colossale du niveau des élèves. »

« On veut que les étudiants se servent de l’IA mais pas qu’ils s’effacent derrière »

Pour cette rentrée, l’université poursuit aussi son développement pédagogique autour de l’intelligence artificielle.

« Un parcours IA a été intégré dans tous les programmes, pour savoir l’utiliser en contexte professionnel, savoir le critiquer, savoir l’utiliser avec éthique. Les étudiants sont peut-être des utilisateurs chevronnés mais pas des professionnels chevronnés. Il faut que cela devienne un complément à valeur ajoutée de leur apprentissage et pas l’inverse », souligne Jean-Philippe Muller.

Sur son usage, la direction prévient désormais davantage des écueils. « Nous faisons attention à ce que ce soit les étudiants qui travaillent, pas l’IA. C’est pourquoi nous avons remis en place le contrôle continu, les oraux, des bloqueurs d’accès numérique pendant les examens. On veut que les étudiants se servent de l’IA, mais pas qu’ils s’effacent derrière. Et beaucoup de professeurs nous ont alertés sur le fait qu’ils voyaient trop la patte de l’IA dans le travail de certains. »

Dans le parcours pédagogique, cette nouvelle donnée a changé. Exit les devoirs à la maison, les mémoires, les synthèses écrites. « Ça n’avait plus de sens de demander ce travail, ce n’est plus eux qui travaillent disent les professeurs, les étudiants ne s’investissaient plus dans ce type de tâche. Nous constatons aussi que c’est dur de les garder concentrés dans l’enseignement supérieur, leur capacité d’attention a été réduite. C’est une réalité et on cherche des formes qui les réengagent. »

L’année 2026 marque les quarante ans d’IUM

C’était en 1986, le pari était pris de lancer une école de commerce en Principauté. La première promotion diplômera trente étudiants. Quarante plus tard, ils seront 500 en novembre prochain à sortir diplômés d’IUM. L’anniversaire permet de se retourner sur le chemin parcouru. Ce que fera l’équipe de l’université en décembre.

Au terme de la cérémonie, les étudiants diplômés ont lancé leurs toques en l’air dans la pure tradition anglo-saxonne.

En attendant, ces quatre décennies sont l’occasion de relancer le réseau des anciens. Deux personnes s’y emploient à plein temps pour faire vivre ce lien avec d’ex-étudiants devenus des professionnels, et les solliciter pour soutenir le développement de l’école.

« Certains occupent aujourd’hui des positions de haut niveau », explique Jean-Philippe Muller. « C’est pourquoi nous avons lancé des clubs IUM à Londres, à Stockholm, à New York, à Paris, au Luxembourg, à Francfort, à Tokyo pour les intégrer dans une gouvernance de l’école, participer à la stratégie. »

L’objectif est de cibler 10 000 anciens en 2035, qui pourront participer à l’insertion professionnelle des étudiants et défendre les couleurs de la Principauté. « Ce sont des Monégasques de cœur », poursuit le directeur général d’IUM. « On avait besoin de réanimer tout cela. Et les anciens répondent très présents, ils sont attachés à Monaco et ce sentiment de fierté nous est utile. »