"L'Italie n'est plus le problème, c'est la France de Macron", "le cauchemar des investisseurs", "le maillon faible": la presse étrangère tire à boulets rouges sur la France et sa situation budgétaire "catastrophique"

"L'Italie n'est plus le problème, c'est la France de Macron", "le cauchemar des investisseurs", "le maillon faible": la presse étrangère tire à boulets rouges sur la France et sa situation budgétaire "catastrophique"

"L'Italie n'est plus le problème, c'est la France de Macron", "le cauchemar des investisseurs", "le maillon faible": la presse étrangère tire à boulets rouges sur la France et sa situation budgétaire "catastrophique"

Publié aujourd'hui à 06h59

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Les difficultés financières accrues de la France préoccupent (et parfois réjouissent) la presse étrangère. Les débats imminents sur le budget 2027 puis l'élection présidentielle seront scrutés de près par nos voisins, même si personne ne croit vraiment le pays capable d'engager un vraie trajectoire de redressement des comptes à court terme.

L’agence Fitch a beau avoir accordé un répit à la France en maintenant sa note souveraine à A+ la semaine dernière, le pays est (très) loin d’être sorti d’affaire. Avec un déficit public toujours proche des 5% du PIB et une dette qui ne cesse de grimper (117% du PIB), l’hexagone apparaît clairement comme le nouveau cancre de l’Europe en matière de gestion budgétaire.

Sur les marchés, la deuxième économie du continent emprunte désormais à plus de 4,20% à 10 ans, du jamais vu depuis 2008. Dit autrement, les investisseurs -qui n’oublient pas par ailleurs que notre charge de la dette devrait atteindre 77 milliards d’euros cette année et même 120 milliards en 2030- réclament une meilleure rémunération pour prêter à une France incapable d'assainir ses comptes.

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Tous ces indicateurs dégradés inquiètent aussi nos voisins, à en croire la presse étrangère qui multiplie les articles dédiés à la dette tricolore. "La situation budgétaire (de la France) semble catastrophique", juge dans le Financial Times Mike Riddell, gestionnaire de portefeuille chez Fidelity International. Responsable de la stratégie actions et obligataires chez Edmond de Rothschild, Guilhem Savry assure lui que "la dette française n’est pas viable à long terme et que les marchés commencent à le comprendre". "L’avenir est très sombre pour la France", prévient-il encore dans le Wall Street Journal.

La France, "exemple frappant" du surendettement des États

En Allemagne, le site d’actualité Web.de évoque une "bombe à retardement" et constate que "la France vit au-dessus de ses moyens depuis des années". "Durant la présidence d’Emmanuel Macron, la dette publique française a atteint plus de 3.500 milliards d’euros, soit la plus importante de toute l’UE. (…) La situation est d’autant plus préoccupante que l’économie française stagne" et que le taux de chômage remonte pour "s’élever à 8%", ajoute le média.

Certes, "l’augmentation des déficits et le ralentissement de la croissance sont devenus un problème mondial à la suite de la pandémie de Covid-19, des guerres et des crises énergétiques successives", reconnaît CNBC mais la France "se distingue", selon John Stopford, responsable des revenus multi-actifs chez Ninety One, interrogé par la chaîne de télévision américaine.

"Ce n’est pas un problème exclusivement français, mais on pourrait dire que la France en est, à bien des égards, un exemple frappant", a-t-il déclaré.

Daire MacFadden qui rédige des articles d’opinion pour le Financial Times alerte de son côté sur "la crise de la dette qui guette la France", même si la situation budgétaire du pays "n'est pas un problème nouveau". Effectivement, l’état des finances publiques tricolores n’était déjà pas reluisant au moment de la crise des dettes souveraines, mais la France avait à l'époque échappé à la sanction des marchés. Pas tant grâce à ses efforts de "redressement de ses finances publiques" mais davantage parce que les marchés ont "négligé ses problèmes", eux qui étaient "occupés" par les mauvais élèves d'alors (Grèce, Espagne…), juge l'éditorialiste.

Désormais, ces pays reviennent progressivement sur la voie du sérieux budgétaire tandis que le spread (écart de taux) entre la France et l’Allemagne ne cesse de croître (autour de 85 points de base actuellement). "Cela fait maintenant deux étés que nous sommes confrontés à une grande incertitude concernant le budget français, et les spreads français sont élevés depuis 2024. Ce qui m'inquiète, c'est leur ampleur", confirme auprès de Bloomberg Mike Riddell.

La France "remplace l'Italie"

Pour les investisseurs, la France est aujourd’hui considérée comme le pays le plus risqué de la zone euro, ses taux d’intérêt étant devenus supérieurs à ceux de la Grèce ou de l’Italie, "ce qui aurait été impensable il y a encore peu de temps", d’après April LaRusse, responsable des spécialistes en investissement chez Insight Investment, citée par CNBC.

Le ratio dette/PIB de la Grèce et de l'Italie demeure certes plus élevé, mais ce n'est pas tant le volume de dette qui compte que la trajectoire aux yeux des créanciers. Or en la matière, la France ne suit clairement pas la bonne direction. Au point de "remplacer l'Italie comme principale source d'inquiétude des investisseurs obligataires européens", confirme le Financial Times.

"Si vous demandez à n'importe quel acteur des marchés quel est le maillon faible de l'Europe, la plupart pointeront du doigt la France", insiste Rohan Khanna, responsable de la stratégie des taux européens chez Barclays. "L'Italie a réussi à refiler la balle à la France". Responsable de la stratégie macroéconomique chez Legal & General, Chris Jeffery observe lui aussi dans le quotidien britannique qu'il y a des "signes d'une 'réallocation' des investisseurs qui se détournent des obligations françaises au profit des obligations italiennes".

Le Monde qui bouge : la revue de presse : La presse étrangère s'inquiète de la dette française - 28/08

Le Monde qui bouge : la revue de presse : La presse étrangère s'inquiète de la dette française - 28/08

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La presse italienne se réjouit

"Ne nous leurrons pas pour autant: les obligations d'État italiennes ne sont pas pour autant considérées comme un placement sûr (...). Cela suggère toutefois que les investisseurs réévaluent le risque politique français (un budget est attendu en octobre ; une élection présidentielle aura lieu au printemps prochain)", tempère de son côté Daire MacFadden.

Qu'importe pour nos voisins transalpins qui se réjouissent de ne plus devoir enfiler le bonnet d'âne. L'article du Financial Times sur l'inversion des rôles entre la France et l'Italie est ainsi qualifié de "rafraîchissant" par Il Giornale. "Ces messieurs de la City, qui jusqu'à hier nous considéraient comme le parent pauvre ayant volé l'argenterie, nous célèbrent désormais. L'Italie n'est plus le problème, c'est la France de Macron, le chouchou de l'Europe qui a régné en maître pendant que nous étions à la traîne", savoure le journal italien.

Le Libero salue pour sa part un "changement de donne historique" et va jusqu'à affirmer que la France "est devenue un cauchemar pour les investisseurs", lesquels jugent Rome "plus fiable que Paris" et voient désormais l'Italie comme un modèle au sein du G7" en matière de gestion budgétaire et de stabilité politique.

Un budget 2027 et une élection présidentielle sources d'inquiétudes

Au contraire de l'Italie qui a su réduire un peu la pression qui pesait sur elle jusqu'à se retrouver en excédent primaire, la France cumule les handicaps. Le pays se trouve dans une situation "particulièrement critique pour les investisseurs obligataires, compte tenu de la combinaison de risques liés à la croissance, à la politique et aux finances publiques", liste Rohan Khanna.

Dans ce contexte, les investisseurs ont peu d'espoir de voir la France engager les efforts nécessaires pour assainir ses comptes dès le budget 2027. À ce stade il y a en tout cas "peu de signes indiquant que la France se prépare au type d'ajustement budgétaire que la dynamique de sa dette semblerait exiger", regrette April LaRusse. "La réforme des retraites étant de facto suspendue jusqu’après les élections de 2027 et le Parlement étant profondément fragmenté, le gouvernement semble privilégier la stabilité politique à la résolution du problème budgétaire de fond", ajoute-t-elle.

Puis viendra le temps de l'élection présidentielle qui, là encore, ne rassure personne. John Stopford exprime lui de sérieux doutes sur la "réelle volonté" des candidats actuellement en tête des sondages "de procéder à une consolidation budgétaire significative". Il faut dire qu'il est "assez difficile" pour les responsables politiques de "plaider en faveur des coupes budgétaires en pleine élection présidentielle", souligne Chris Jeffery.

C'est pour cette raison que l'expert dit comprendre "les inquiétudes" concernant la situation budgétaire de la France car '"il n'est pas certain que cela puisse bien se terminer". John Stopford prédit même le pire: "Je pense que nous nous dirigeons peut-être vers une crise (de la dette). Je ne suis simplement pas certain qu'elle soit imminente". La perspective d'une telle crise fait en tout cas trembler le journal allemand Süddeutsche Zeitung qui rappelle que "les enjeux sont considérables, car la dette croissante de la France pourrait menacer la stabilité du système financier de la zone euro".

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