La France autorise les premiers robots de livraison autonome sans conducteur sur la chaussée
Publié aujourd'hui à 20h06
Lire dans l'appUn arrêté publié par le ministère des Transports autorise l'homologation et la mise en circulation sur route de petits robots de livraison électriques dans un cadre strict, un défi majeur de la logistique du dernier kilomètre.
C'est un tournant réglementaire très attendu par la filière logistique et les constructeurs de technologies autonomes. Sans cadre légal jusqu'ici, les robots de livraison vont pouvoir faire leurs premiers pas officiels sur les routes françaises. Le ministère des Transports a publié ce vendredi 7 août un arrêté ouvrant la voie à leur homologation sur la voie publique.
Conçus pour effectuer des trajets de courte distance sans présence humaine à bord, ces engins compacts et 100% électriques visent à dépoussiérer la logistique du dernier kilomètre tout en fluidifiant le trafic urbain et en diminuant les émissions polluantes, selon le ministère.
La France devient ainsi "l'un des premiers pays au monde à se doter d'un cadre permettant l'homologation de robots de livraison autonomes d'une telle dimension", assure-t-il.
"Cette décision traduit notre ambition pour accélérer le déploiement des véhicules autonomes en France", se félicite le ministre des Transports, Philippe Tabarot.
"En ouvrant la voie à l'homologation des robots de livraison autonomes, notre pays confirme sa place parmi les plus avancés au monde dans ce domaine, fort d'un écosystème reconnu dans l'intelligence artificielle et les technologies connectées", poursuit-il.
Circulation strictement interdite sur les trottoirs
Pour pouvoir rouler légalement, ces machines sont intégrées à la catégorie L de la réglementation routière, la même que celle des tricycles ou quadricycles à moteur. Conséquence directe: leur circulation sera autorisée sur la chaussée, mais strictement interdite sur les trottoirs afin de préserver la sécurité des piétons. Côté gabarit, les plus grands modèles pourront atteindre jusqu'à 4 mètres de long, 2 mètres de large et 2,5 mètres de haut, ce qui représente environ la taille des Clio, 208 et Yaris actuelles. Le tout avec une charge utile maximale de 1.000 kilos, ce qui signifie qu'ils peuvent transporter jusqu'à une tonne de marchandises dans leur caisson, sans compter le poids du châssis, des batteries et des capteurs de la machine
Grâce à leur combinaison de capteurs (lidars, caméras, radars) et de programmes d'intelligence artificielle, ils suivront des itinéraires prédéfinis. Leur exploitation restera toutefois supervisée à distance et devra répondre à des exigences strictes en matière de cybersécurité et de protection des données. De leur côté, les collectivités territoriales garderont la main sur le choix des périmètres et des parcours autorisés.
Pression industrielle entre Chine et États-Unis
En adoptant cette réglementation nationale, la France devance les travaux toujours en cours à l'ONU comme au sein de l'Union européenne. L'objectif consiste aussi à ne pas laisser le champ libre aux géants internationaux. En Chine, des acteurs comme Meituan, JD.com ou Neolix déploient déjà des flottes massives ayant franchi la barre des millions de livraisons. Aux États-Unis, des entreprises comme Nuro ou Serve Robotics arpentent la chaussée et les campus de plusieurs États sous le contrôle de la NHTSA.
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Si les vidéos virales montrant des machines bloquées par un chantier ou confuses face à un obstacle font souvent rire sur les réseaux sociaux, la réalité opérationnelle affiche un taux de réussite supérieur à 99%. Avec plus de 200 expérimentations menées dans l'Hexagone depuis 2015 et dans le cadre de la stratégie nationale pour la mobilité automatisée initiée en 2018, la France entend s'appuyer sur son écosystème technologique pour concilier sécurité et innovation sans accumuler de retard industriel.