La nouvelle plainte de Sony contre Udio peut-elle faire plier l'IA musicale ?

La nouvelle plainte de Sony contre Udio peut-elle faire plier l'IA musicale ?

Publié le 22 juillet 2026 à 07:05 par Mathieu M.

Sony Music vient de remettre une pièce colossale dans la machine judiciaire contre Udio, le générateur de musique par IA. La major du disque a déposé une seconde plainte, accusant cette fois la startup d'avoir violé le copyright de plus de 30 000 de ses enregistrements. Un coup de pression juridique massif qui isole Sony, alors que ses rivaux Universal et Warner ont déjà préféré négocier des licences.

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Le ring judiciaire vient de trembler à nouveau. Ce 20 juillet 2026, Sony Music Entertainment a lancé une deuxième offensive dévastatrice contre la société d'IA Uncharted Labs, créatrice d'Udio. Déposée devant un tribunal de New York, cette nouvelle plainte allègue une violation massive de droits d'auteur portant sur 30 117 enregistrements sonores. Le chiffre est vertigineux, incluant des œuvres d'artistes iconiques comme Beyoncé, Elvis Presley ou Harry Styles. Cette escalade fait suite à une décision de justice de juin qui a refusé à Sony d'ajouter cette liste interminable à sa plainte initiale de 2024, pour ne pas paralyser la procédure. La major a donc choisi l'option la plus agressive : un nouveau procès.

Pourquoi Sony Music a-t-il dû lancer une deuxième offensive judiciaire ?

La réponse est un mélange de procédure judiciaire et de découverte explosive. Lors de la phase d'enquête du premier procès, Sony a eu accès aux données d'entraînement de la startup Udio. En utilisant une technique d'empreinte audio (audio fingerprinting), ses experts auraient identifié des centaines de milliers de leurs chansons "ingérées" par l'IA sans aucune autorisation.

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Face à ce volume, Sony a tenté de "mettre à jour" sa plainte initiale. Le juge a dit non. Pas dans ce procès. Il a estimé que rajouter des dizaines de milliers de titres à ce stade reviendrait à faire dérailler le calendrier, tout en précisant que Sony avait parfaitement le droit de réclamer justice pour ces œuvres dans une action séparée. Une porte ouverte que le label s'est empressé d'enfoncer sans la moindre hésitation.

Le "fair use" peut-il encore sauver les générateurs d'IA ?

C'est tout l'enjeu. L'argument du "fair use" (usage équitable), qui permet une utilisation limitée d'œuvres protégées à des fins transformatrices, est le bouclier brandi par toutes les entreprises d'IA. Mais le géant Sony Music a sorti une nouvelle carte, terriblement maligne. La plainte souligne que Udio a récemment signé des accords de licence avec ses principaux concurrents, Universal et Warner. Pour Sony, c'est l'aveu qu'un marché pour l'entraînement des IA existe bel et bien, et que Udio le sait pertinemment.

En payant certains, Udio a lui-même saboté sa propre défense. Comment plaider qu'il n'existe pas de marché de la licence quand on en devient un acteur majeur ? L'attaque va plus loin, accusant Udio d'avoir contourné les protections de YouTube via du "stream ripping" pour aspirer les morceaux. Cette manœuvre, si prouvée, mettrait à mal la notion même de droit d'auteur à l'ère numérique et pourrait constituer une violation directe du DMCA (Digital Millennium Copyright Act), une loi pour laquelle le "fair use" n'est pas une défense.

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Quel est le véritable enjeu de cette bataille en solo ?

Avec cette action, Sony se retrouve à jouer les cavaliers seuls contre une startup déjà adoubée par le reste de l'industrie. Mais les chiffres donnent le tournis et expliquent cette détermination. La major réclame jusqu'à 150 000 dollars de dommages et intérêts par œuvre violée. Faites le calcul : le passif potentiel pour Udio pourrait grimper jusqu'à 4,5 milliards de dollars. Une somme capable de rayer de la carte n'importe quelle jeune pousse, aussi bien financée soit-elle.

Le message envoyé à tout l'écosystème IA est sans équivoque : la récréation est terminée. En refusant de négocier là où les autres l'ont fait, Sony impose un test de résistance au modèle économique de la musique IA. Une victoire de Sony créerait un précédent jurisprudentiel majeur, qui pourrait bénéficier à sa bataille parallèle contre Suno, un autre générateur d'IA. On assiste peut-être à une stratégie calculée pour forcer les futurs "cow-boys" de l'IA à passer à la caisse avant même d'écrire leur première ligne de code.

Foire Aux Questions (FAQ)

Quels sont les dommages potentiels réclamés par Sony Music ?

Sony demande le maximum légal, soit 150 000 dollars par enregistrement contrefait, ce qui pourrait porter le total à plus de 4,5 milliards de dollars, sans compter les pénalités additionnelles pour le contournement des mesures techniques.

Quelle est la principale défense d'Udio ?

Udio soutient que l'utilisation de morceaux protégés pour entraîner ses modèles d'intelligence artificielle relève du "fair use" (usage équitable), un principe juridique américain qui autorise l'utilisation limitée d'œuvres sous copyright à des fins de transformation, comme la critique ou la recherche.

Les autres majors de la musique poursuivent-elles toujours Udio ?

Non. Universal Music Group et Warner Music Group, qui étaient initialement co-plaignants aux côtés de Sony, ont retiré leurs plaintes après avoir conclu des accords de licence avec Udio. Sony est donc désormais le seul grand label à poursuivre le combat judiciaire.

Journaliste GNT spécialisé imprimantes 3D et nouvelles technologies

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