Le combat d’Alain Jourdan, « fils spirituel » d’Henri Tisot, pour faire rayonner le souvenir du célèbre acteur, imitateur, humoriste et écrivain seynois

Le combat d’Alain Jourdan, « fils spirituel » d’Henri Tisot, pour faire rayonner le souvenir du célèbre acteur, imitateur, humoriste et écrivain seynois

Depuis quinze ans, début août, au cimetière central de La Seyne, Alain Jourdan se recueille sur la tombe d’Henri Tisot, son « père spirituel ». Le décès de l’acteur, imitateur, humoriste et écrivain seynois, le 6 août 2011, avait suscité un intense émoi au retentissement national.

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Depuis quinze ans, début août, Alain Jourdan se recueille sur la tombe d’Henri Tisot, son « père spirituel » pour raviver le souvenir de l’acteur, imitateur, humoriste et écrivain seynois, décédé à Sanary, à l’âge de 74 ans, le 6 août 2011.
Depuis quinze ans, début août, Alain Jourdan se recueille sur la tombe d’Henri Tisot, son « père spirituel » pour raviver le souvenir de l’acteur, imitateur, humoriste et écrivain seynois, décédé à Sanary, à l’âge de 74 ans, le 6 août 2011.
Frank Muller / Nice-matin

L’émotion toujours intacte. Le rituel mémoriel aussi. Ce vendredi matin, comme chaque année autour de la même date depuis quinze ans, au cimetière central de La Seyne, Alain Jourdan a déposé une gerbe de fleurs champêtres et s’est recueilli sur la tombe d’Henri Tisot, célèbre acteur, imitateur, humoriste et écrivain seynois, dont le décès à son domicile de Sanary, à l’âge de 74 ans, le 6 août 2011, avait eu un écho national.

« Il est un peu tombé dans l’oubli »

Quinze ans après, Alain Jourdan qui honore de même chaque 1er juin, jour anniversaire de la naissance de celui qu’il considère comme son « père spirituel », se sent bien seul. « Hormis sa famille qui bien sûr pense à lui, Henri Tisot est un peu tombé dans l’oubli, j’ai l’impression que son souvenir s’efface », s’attriste l’ex-exploitant de l’auberge des pins à Bandol, dont il a été derrière les fourneaux jusqu’en 2016.

« Un jour de 1988, Henri Tisot est venu à l’auberge nous présenter ses condoléances et nous soutenir à l’occasion d’un deuil familial. Il était très croyant. C’est à ce moment que nous avons noué des liens très forts d’amitié. Le jour de ses obsèques, sa dame de compagnie m’a confié qu’il me considérait comme le fils qu’il n’avait jamais eu », s’émeut encore l’ancien restaurateur aujourd’hui âgé de 62 ans, cité dans les remerciements à la fin du dernier livre d’Henri Tisot : De Gaulle et moi, quelle aventure ! préfacé par l’académicien Maurice Druon.

Un centre culturel à La Seyne et un rond-point à Sanary portent le nom d’Henri Tisot

C’est en 1960 qu’Henri Tisot, pensionnaire de la Comédie Française a gagné en célébrité grâce à ses imitations sur scène du Général de Gaulle, justement, sans jamais le citer nommément. Les ventes du disque 45 tours extrait de son spectacle, atteignent à l’époque le chiffre monstrueux d’un million d’exemplaires ! À la fin des années 1970, le Seynois poursuit une carrière de comédien au cinéma, à la télévision et au théâtre mais aussi d’écrivain, et comptera l’écriture de dix livres à son actif.

La « Une » de Var-matin du 7 août 2011.
La « Une » de Var-matin du 7 août 2011.
DR

« Il avait un charisme énorme, une répartie merveilleuse et n’hésitait pas à dire haut et fort ce qu’il pensait, c’était quelque part un Raimu seynois », encense Alain Jourdan. Aujourd’hui, un centre culturel à La Seyne et un rond-point à Sanary honorent la mémoire du grand homme.

Père pâtissier et peintre expressionniste

« À ceux qui lui faisaient remarquer que le centre culturel portant son nom était construit au cœur de la cité Berthe, il rétorquait : " Quel est le problème ? Tu connais beaucoup d’artistes à qui on donne le nom d’une salle de leur vivant ? ” », sourit Alain Jourdan pour qui la renommée d’Henri Tisot mériterait au moins encore de rayonner sur un nom de rue ou d’avenue seynoise.

Il souhaite également associer à l’hommage, Félix – « Féli » – Tisot (1914-1979), père d’Henri, pâtissier seynois, brillant peintre impressionniste, ami d’Eugène Baboulène, dont le fils entretenait activement sa mémoire au travers de régulières expositions dans le Var et dont l’œuvre a été dispersée après le décès.

Reconstituer une collection de tableaux…

« J’ai racheté à ce jour presque cinquante tableaux de Félix Tisot, je cherche à reconstituer le fond, tout comme Henri Fabre-Bartalli, propriétaire du château de La Clapière à Hyères, dont les parents étaient amis avec ceux d’Henri », souligne-t-il.

L’organisation d’une exposition serait un beau double hommage. Au père et au fils.


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