Le maire RN de Carcassonne dénonce les propos "à vomir" du policier municipal... mais oublie ses dérapages et ceux de ses proches

Le maire RN de Carcassonne dénonce les propos "à vomir" du policier municipal... mais oublie ses dérapages et ceux de ses proches

En conférence de presse, mercredi 9 septembre, le maire Rassemblement national de Carcassonne, Christophe Barthès, a dénoncé "les scandaleux propos racistes, misogynes, complotistes et homophobes" d'un policier municipal dans une vidéo alors en patrouille avec ses collègues. L'édile d'extrême droite s'est pourtant lui-même affiché devant une pancarte misogyne durant la crise agricole de 2024 et trois de ses colistiers, durant la campagne des municipales de mars 2026, avaient été épinglés par L'Indépendant pour avoir tenu des propos racistes sur les réseaux sociaux.

Christophe Barthès a la mémoire courte. Il l'a démontré alors que la polémique continue de s'étendre concernant la vidéo d'un policier municipal, membre du service d'ordre du Rassemblement national, tenant des propos racistes, misogynes, complotistes et homophobes durant son service, le maire du RN a convié les médias - sauf le groupe La Dépêche qui s'est vu refuser l'accès - à une conférence de presse. 

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Diffusée sur les réseaux sociaux, l'édile d'extrême droite revient sur ces longues tirades d'une rare violence prononcées par l'agent. D'emblée, l'élu, entouré de ses fidèles ce mercredi 9 octobre en début d'après-midi, dénonce les "propos scandaleux racistes, misogynes, complotistes et homophobes qui sont à vomir et inexcusables. Je les condamne avec la plus grande des fermetés car ils ne correspondent en rien aux valeurs de rassemblement que nous portons au sein de la majorité".

Le premier magistrat lepéniste oublie des précédents... Alors que la crise agricole déferle sur la France début d'année 2024, Christophe Barthès est alors député du Rassemblement national. Comme ses deux collègues de l'Aude qui siègent à l'Assemblée nationale, il se rend au chevet du monde agricole pour leur apporter son soutien. Mais un cliché suscite rapidement une énième polémique. Julien Rancoule, député de la troisième circonscription, partage une photographie. Sourire aux lèvres des trois députés, Christophe Barthès y compris, se trouvent devant une pancarte ouvertement misogyne sur laquelle on peut lire : "Va faire la soupe salope". Une référence directe à la venue de la députée des Écologistes, Sandrine Rousseau, et la leader du parti, Marine Tondelier, qui avaient été insultées par un viticulteur lors d'un déplacement dans l'Aude. 

La présidente de l'Assemblée nationale avait été saisie mais n'a pas donné suite à cette polémique affirmant que l'image avait été prise à l'extérieur de l'hémicycle. À noter que Christophe Barthès ne s'est jamais excusé publiquement à la différence de Frédéric Falcon. De son côté, Julien Rancoule a supprimé la photo de ses réseaux sociaux.

"Brebis galeuses" pendant les municipales 

Deux ans plus tard, Christophe Barthès est candidat aux élections municipales de mars 2026 à Carcassonne. Parmi ses 43 colistiers, trois d'entre eux sont alors épinglés par L'Indépendant pour avoir tenu, ou partagé, des propos à connotation raciste sur leurs réseaux sociaux. 

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Pour en faire une liste non exhaustive, on retrouve notamment les publications nauséabondes d'Alric Nazon, 27 ans, en 39e position du maire d'extrême droite. Très actif sur les réseaux sociaux, notamment sur X (anciennement Twitter), celui-ci a retweeté ou commenté de nombreux contenus qui interrogent, pour le moins, voire sont ouvertement racistes. Une vidéo expliquant que "des bandes de singes prennent le contrôle de la ville touristique de Lopburi, en Thaïlande, obligent la police à utiliser des fléchettes tranquillisantes". Il préfère commenter cette situation en la comparant "à la Seine-Saint-Denis"

Dénoncer les Arabes qui volent au taf, un plaisir

Il a également très largement commenté la mort de Nahel, en juin 2023. Alors que de nombreuses émeutes éclatent partout en France, Alric Nazon commente une vidéo postée par le média social "Cerfia", montrant un homme dont la voiture a été retournée par des émeutiers. En message, le membre de la liste Demain Carcassonne twitte : "Et ça les fait marrer, ces bougnes de merde, brûlez-les."

Même propos sur l'ouverture d'une cagnotte pour le jeune homme relayée par l'influenceur catalan, Nasdas, qui a doublé en moins de 24 heures : "Normal, la CAF (Caisse d’allocations familiales) est tombée aujourd’hui." Et ce post aussi : "Dénoncer les Arabes qui volent au taf, un plaisir." 

Mais il y avait aussi Michèle Sola-Lassort, 73 ans et 42e colistière de l'ex-député d’extrême droite qui partageait des photomontages racistes envers les joueurs de l'équipe de France de football sur un fond noir laissant apparaître les joueurs Antoine Griezmann, Lucas Hernandez ou Adrien Rabiot : "L’équipe de France quand tu éteins la lumière."

Dernier exemple : Jean-Marc Sarraute, 62 ans et 29e sur la liste. Sur son profil Instagram, celui-ci partage un montage de la célèbre bande dessinée Tintin, avec en titre : "Objectif gare du Nord", sur lequel on remarque le capitaine Haddock en train de se débattre contre des personnes d’origine africaine. Il ajoute en description de son montage caricatural : "Pourvu que ça dure !". 

Le silence de Christophe Barthès 

En tête de suffrage après le premier tour des municipales, Christophe Barthès organise alors une conférence à laquelle il convie les journalistes, L'Indépendant y compris, en présence du premier magistrat de Perpignan, Louis Aliot. Interrogé par notre confrère sur ces "brebis galeuses", celui qui deviendra maire de Carcassonne botte en touche expliquant que ses colistiers ne sont pas éligibles. C'est vrai pour deux d'entre eux mais pas pour Jean-Marc Sarraute qui est aujourd'hui conseiller municipal, chargé du site patrimonial de la Cité. 

Le futur maire précise : "Ce n’est pas le moment. Vous n’avez qu’à faire des enquêtes sur les colistiers de LFI." Aucune sanction n'a donc été prise à leur égard. Alric Nazon, membre du Rassemblement national jeune, continue d'ailleurs de s'afficher à divers événements avec d'autres membres du RNJ, notamment à la féria de Carcassonne, en présence de Florent Ghisi, 2e adjoint et proche de Christophe Barthès. N'étant pas élu municipal, Alric Nazon a tout de même été désigné grand électeur dans le cadre des élections sénatoriales.

Interrogé sur France Info sur l'affaire du policier municipal, Louis Aliot a également tenté de minimiser le scandale qualifiant l'employé de mairie "d'un cas isolé". Difficile de croire en cette défense notamment à Carcassonne.