Le président de l’Ukraine en Serbie, pays allié de la Russie

Le président de l’Ukraine en Serbie, pays allié de la Russie

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a entamé vendredi soir sa première visite en Serbie, un allié traditionnel de Moscou, depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, en annonçant des discussions avec son homologue serbe sur l'économie et des « questions de sécurité ».

Accueilli à l'aéroport de Belgrade par la ministre serbe de l'Énergie, Dubravka Djedovic Handanovic, M. Zelensky a dîné dans la soirée avec le président serbe, Aleksandar Vucic.

Le chef de l'État serbe a déclaré sur les réseaux sociaux avoir la conviction que cette visite [allait] contribuer au développement des relations entre la Serbie et l'Ukraine, et au renforcement de la coopération dans les domaines d'intérêt commun.

Volodymyr Zelensky, qui multiplie les voyages à l'étranger pour consolider le soutien international à son pays, ne s'était jamais rendu en Serbie depuis son arrivée au pouvoir en 2019.

À Belgrade, il a annoncé sur X qu'il aura des entretiens importants avec M. Vucic et le premier ministre serbe, Djuro Macut.

Nous discuterons du renforcement des relations économiques entre nos deux pays, des relations avec l'Union européenne, d'autres domaines qui peuvent bénéficier à nos nations, ainsi que des questions de sécurité, a dit M. Zelensky.

Les deux présidents doivent s'entretenir officiellement samedi dans le palais présidentiel et faire une déclaration à la presse, selon la présidence serbe.

M. Vucic avait précisé jeudi que leurs discussions porteraient aussi sur la coopération dans le domaine de l'énergie.

Un haut responsable ukrainien avait déclaré jeudi à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, que l'objectif de Kiev était de détacher les Serbes du camp de la Russie et que ce déplacement de M. Zelensky était une gifle pour les Russes.

Des accusations de Moscou

De son côté, M. Vucic avait souligné la position de la Serbie, qui reste très dépendante de la Russie en matière d'approvisionnement énergétique et qui ne s'est jamais alignée sur les sanctions européennes contre Moscou.

La Serbie a établi sa position il y a quatre ans et demi, presque cinq ans, et ne l'a pas modifiée depuis, avait-il martelé jeudi, assurant que cette position restera[it] la même jusqu'à nouvel ordre.

Il a souvent loué par le passé la position de l'Ukraine, qui n'a pas reconnu l'indépendance du Kosovo, proclamée en 2008 par cette ancienne province serbe.

Si M. Zelensky a évoqué des discussions sur des questions de sécurité, ce sujet est très délicat.

Les services de renseignement extérieurs russes (SVR) avaient accusé en mai 2025 les entreprises d'armement serbes de vendre des munitions à l'Ukraine, via des pays tiers, en dépit de la "neutralité" officielle de Belgrade.

Aleksandar Vucic avait alors promis qu'il allait ordonner que les contrats ne soient pas exécutés quand il y a un soupçon sur le destinataire final, puis assuré que la Serbie avait cessé toutes ses exportations d'armes, de munitions et de matériel militaire.

M. Vucic a rencontré son homologue russe en mai 2025 à Moscou, en marge des célébrations de la victoire sur l'Allemagne nazie, puis à nouveau à Pékin, en septembre.

Parallèlement, il s'est rendu en Ukraine en juin 2025 pour un sommet régional à Odessa, et est retourné en juillet dernier à Kiev. Il avait promis une assistance à l'Ukraine, mais avait évité de se joindre à une déclaration de soutien formelle signée par d'autres dirigeants.

À lire aussi :

  • Zelensky propose une rencontre en tête-à-tête dans une lettre ouverte à Poutine
  • Ukraine : l’ONU signale un risque d’escalade « incontrôlable »
  • AUDIO – La Serbie, nation qui joue les équilibristes entre la Russie et l’Occident