« Le soir, la rue Vernier bascule dans un univers parallèle » : après la fermeture d’une épicerie du centre de Nice par la police, le voisinage raconte son exaspération

« Le soir, la rue Vernier bascule dans un univers parallèle » : après la fermeture d’une épicerie du centre de Nice par la police, le voisinage raconte son exaspération

Coïncidence ? Une voiture chargée de protoxyde d’azote a été saisie à Nice, mercredi 5 août 2026 dans la soirée, rue Vernier. Cette prise est intervenue lors d’une opération conduite par les polices nationale et municipale, à la suite de plaintes répétées des voisins.

Elles visaient notamment une épicerie de nuit, située au début de la rue, accusée de nuisances sonores et de trafic de stupéfiants.

Sur X, le maire UDR-RN de Nice ajoute, à la liste des méfaits : « vente illégale d’alcool, produits interdits, protoxyde d’azote et détention d’armes ».

Lors du contrôle du commerce « Top Market », situé rue Vernier, réalisé hier soir par la cellule d’intervention mutualisée, un véhicule chargé de protoxyde d’azote a notamment été saisi.

À Nice, nous sommes pleinement mobilisés pour lutter face à ce fléau qui empoisonne notre… https://t.co/6ysBLbOAVr pic.twitter.com/1OyOCWFjKA

— Eric Ciotti (@eciotti) August 6, 2026

« Je n’ose plus sortir le soir »

« Ça fait bientôt deux mois que, dès la nuit tombée, des gens sortent de cette épicerie, s’installent sur des chaises, discutent et boivent des bières. Immanquablement, ils finissent par hurler, voire se battre », râle une voisine.

Le centre social La Ruche, géré par l’association La Semeuse, est le premier des Alpes-Maritimes et l’un des rares de France à être situé en centre-ville. Il a ouvert il y a 22 ans, d’abord dans le quartier Notre-Dame, avant de déménager rue Trachel.

« La rue bascule dans un univers parallèle le soir. On en trouve les stigmates au petit matin, dont des bouteilles de protoxyde d’azote, laissées sur le trottoir », ajoute un deuxième.

« Ils se sont déjà battus avec des clients du bar d’en face. J’ai appelé la police municipale plusieurs fois, à la suite d’altercations violentes. Mais les policiers viennent une fois que c’est fini. Résultat : je n’ose plus sortir le soir dans cette rue », complète une troisième habitante.

« Des mesures concrètes »

Le 17 juillet, CDS Gestion, le syndic de l’immeuble voisin du commerce, a alerté la mairie, la préfecture, la direction départementale de la police nationale et la propriétaire des murs.

Cette dernière n’a pas répondu à nos appels. Ni au courrier du syndic. « Nous avons un pouvoir limité parce que les nuisances ne se déroulent pas à l’intérieur de l’immeuble. Mais les riverains n’en demeurent pas moins embêtés et démunis », regrette François Gille, dirigeant de CDS Gestion.

Les plaignants ont depuis été reçus en mairie.

La municipalité annonce que « des mesures concrètes seront rapidement déployées pour permettre aux riverains de retrouver leur tranquillité. Sans dévoiler le détail des actions envisagées, afin d’en préserver l’efficacité, plusieurs dispositifs seront mis en œuvre : un renforcement de la présence de la police municipale dans ce secteur, la réalisation de relevés sonores ainsi que des opérations ciblées destinées à mettre fin à ces nuisances. » Le contrôle opéré mercredi 5 août 2026 s’inscrivait sans doute dans ces mesures.