Les colons lunaires pourront chercher des gisements de glace à la f...
L'air du temps est à nouveau à la colonisation de la Lune, comme au cours des années 1960 et 1970. Une base permanente sur notre satellite pourrait être un préambule à la colonisation de Mars et du Système solaire ou, pour le moins, à la réalisation des colonies spatiales de Gerard Kitchen O'Neill.
L'énergie solaire est disponible en abondance dans les régions éclairées de la Lune et on sait depuis l'analyse des roches lunaires rapportées sur Terre par les missions Apollo que ces roches et même le régolithe lunaire pourraient facilement servir à produire de l’oxygène avec cette énergie solaire. Mais il manquerait une source d'hydrogène pour faire de l'eau ou du carburant pour la propulsion spatiale, il faudrait donc acheminer de l'hydrogène depuis la Terre.
Jeff Bezos veut transformer la Terre en planète-jardin en déplaçant l'industrie dans l'espace : est-il devenu fou ?
Nombreux sont ceux qui pensent qu'Elon Musk et Peter Thiel sont devenus complètement hors sol et dangereux, malgré des succès entrepreneuriaux incontestables. Faut-il aussi s'inquiéter de la déclaration récente d'un autre milliardaire, Jeff Bezos, lorsqu'il a dit à VivaTech : « Si le voyage spatial devient suffisamment fiable et bon marché, et si nous pouvons obtenir nos matières premières d’astéroïdes et d’objets proches de la Terre et de la Lune, alors cette planète-jardin pourra être rendue à son état d’avant la révolution industrielle » ? Ne risque-t-elle pas de faire miroiter un avenir proche mais illusoire, en nous détournant des mesures indispensables à prendre ici et maintenant pour assurer un avenir durable à l'humanité et sauver des milliards de vies ? Un avenir qui ne pourra pas être sauvé uniquement en utilisant la technologie, sans changement de nos comportements prédateurs dans un monde fini et fragile.... Lire la suite
En fait, probablement pas... Dès les années 1960, au moins, et comme on peut le lire dans les ouvrages d'Arthur C. Clarke, une base établie à proximité des cratères des pôles lunaires pourrait peut-être trouver, dans les ombres partielles de certains cratères, d'importantes quantités de glace qui se seraient formées et conservées depuis des milliards d'années à la suite d'impacts de comètes sur la Lune.
La présence d'eau sur la Lune ouvre de nombreuses perspectives passionnantes pour l'exploration future et soulève tout autant de questions quant à son origine. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Nasa Science
De l'eau lunaire électrolysée avec la lumière du Soleil
Si ces gisements de glace existent, peut-être parfois enfouis sous des couches de régolithe, il suffirait de les exploiter pour les faire fondre et ensuite électrolyser l'eau liquide produite pour avoir de l'hydrogène liquide et de l'oxygène liquide pour la propulsion spatiale (l'eau liquide pouvant bien sûr être utilisée directement par les colons pour la boire ou faire pousser des végétaux).
Pour la colonisation de la Lune, l’ESA teste une centrale à oxygène
Être capable de produire de l’oxygène à partir de ressources naturellement présentes sur la Lune semble indispensable à la future colonisation de notre satellite. Et des ingénieurs de l’Agence spatiale européenne (ESA) annoncent aujourd’hui être sur la bonne voie. Grâce à leur centrale test, ils sont capables d’extraire l’oxygène contenu dans le régolithe lunaire.... Lire la suite
Mais comment découvrir ces gisements de glace enfouis ? Même si des études faites par des sondes lunaires depuis le début du XXIe siècle laissent entendre qu'ils existent aux pôles lunaires, où se trouvent-ils précisément ?
Une étude menée par des géologues de l'Université du Maryland, du Lawrence Berkeley National Laboratory et de l'Université d'Hawaï, est intéressante à cet égard. Elle a été publiée le 31 juillet 2026 dans la revue Science Advances et elle explique que les colons lunaires, en générant des ondes sismiques comme on le fait sur Terre pour trouver et localiser des gisements de pétrole, pourraient faire de même pour ces gisements de glace. Or, le programme Artemis de la Nasa prévoit des alunissages habités dans la région du pôle Sud de la Lune en 2028.
La découverte d'un approvisionnement régulier en glace lunaire pourrait donc réduire considérablement la quantité de matériel que les futures missions devront transporter depuis la Terre.
Depuis les années 1960, les scientifiques soupçonnent la survie d'eau gelée dans les cratères froids et sombres des pôles lunaires. Si les précédentes missions lunaires ont détecté des traces d'eau sur la Lune, de nouvelles données du Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) identifient des zones proches du pôle Sud où la présence d'eau est probable. La clé de cette découverte est l'hydrogène, principal composant de l'eau : le LRO utilise son détecteur de neutrons pour l'exploration lunaire (LEND) pour mesurer la quantité d'hydrogène emprisonnée dans le sol lunaire. En combinant des années de données du LEND, les scientifiques constatent de plus en plus de preuves de la présence de zones riches en hydrogène près du pôle Sud lunaire, suggérant fortement la présence d'eau gelée. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Centre de vol spatial Goddard de la Nasa
L'auteur principal de l'étude, Harrison Lisabeth, physicien des roches au Lawrence Berkeley National Laboratory et ancien étudiant de l'Université du Maryland, a commencé par produire des équivalents de roches lunaires en congelant une roche volcanique provenant d'Arizona. Une fois broyée, cette roche reproduit assez fidèlement les propriétés du régolithe lunaire. On peut alors s'en servir pour estimer ce qui devrait être l'équivalent des gisements de glace lunaire supposés exister.
Les chercheurs ont ensuite montré avec des simulations numériques que la présence de glace modélisée avec le régolithe artificiel précédent conduit théoriquement à laisser des signatures claires et mesurables dans les ondes sismiques traversant les gisements de glace, qui seraient donc bien détectables depuis la surface.
Ce qui est fascinant, c'est que la mission chinoise Chang'e 7, qui doit emporter un sismomètre, devrait se poser près du cratère Shackleton à la fin de l'année 2026. Plusieurs dépôts de glace supposés se trouvent dans cette région. On pourrait donc tester la théorie des chercheurs états-uniens.
L'image publiée en 2018 montre la répartition de la glace en surface aux pôles Sud (à gauche) et Nord (à droite) de la Lune, telle qu'elle a été détectée par l'instrument Moon Mineralogy Mapper de la Nasa. Le bleu indique l'emplacement de la glace, superposé à une image de la surface lunaire où les nuances de gris correspondent à la température de surface (les teintes sombres représentant les zones les plus froides et les teintes claires, les zones les plus chaudes). La nouvelle approche, mise au point par Lisabeth, Schmerr et Siegler, pourrait aider les futurs rovers et les équipes d'astronautes à localiser ces dépôts de glace depuis la surface. © Nasa