Les maires entendus sur l’itinérance, en partie sur les…
Réunis pour un sommet à Québec, les élus municipaux ont reçu les engagements qu’ils réclamaient des cinq chefs de partis sur l’itinérance et l’achat des terrains scolaires vendredi. Le bilan est plus mitigé sur le financement des infrastructures.
Comme à chaque campagne électorale, les chefs de partis sont venus dire aux maires et mairesses ce qu’ils comptaient faire pour eux une fois élus, à l’occasion d’un « sommet électoral » à Québec.
Trois chefs sur cinq se sont engagés à mettre fin à « l’obligation des villes de payer pour les terrains d’école », un irritant de longue date des élus : Christine Fréchette de la (Coalition Avenir Québec), Éric Duhaime (du Parti conservateur du Québec) et Charles Milliard (Parti libéral du Québec).
Depuis 2020, les municipalités doivent céder gratuitement des terrains aux centres de services scolaires pour la construction de nouvelles écoles, un fardeau financier qui représente des millions de dollars pour certaines d’entre elles.
Deuxième à se faire entendre après Ruba Ghazal, Mme Christine Fréchette a eu droit à une des rares salves d’applaudissements de l’événement lorsqu’elle l’a annoncé.
Elle a aussi fait mouche auprès des maires en s’engageant à « fusionner » tous les programmes qui financent les infrastructures municipales en un seul.
Récolte partielle sur les infrastructures
Le financement des infrastructures trône au sommet des priorités des villes, en particulier pour les infrastructures en eau, dont elles estiment le déficit d’entretien à 50 milliards de dollars.
À titre d’exemple, la municipalité de La Pêche, en Outaouais, a dû annuler un projet de construction de 200 logements parce que son système de traitement des eaux est surchargé, révélait vendredi Le Devoir.
La plupart des partis politiques se sont aussi engagés à en faire plus sur ce plan. Mais l’UMQ, qui réclamait la mise sur pied d’un fonds dédié de 25 milliards $, est restée sur sa faim à cet égard.
« Ils ont tous dit que c’était une priorité. Maintenant, on veut savoir de quelle façon concrète ils s’engageraient », a résumé son président, le maire de Mascouche Guillaume Tremblay après les discours.
La porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a promis de leur réserver une enveloppe de 2 milliards de dollars dans le Plan québécois des infrastructures (PQI). Le chef du PLQ a réitéré que leur part passerait de 4,4 à 8 %.
Plus prudent, le chef du Parti Québécois s’est engagé à conclure un nouvel « arrangement fiscal » sur la base du rapport des anciens ministres Monique Jérôme-Forget et Nicolas Marceau qui réclamait un virage draconien dans le financement des infrastructures municipales.
Des centaines de millions $ pour lutter contre l’itinérance
Les chefs de parti ont aussi parlé longuement d’itinérance comme le leur demandaient les maires. Ruba Ghazal a annoncé que sur les 50 000 logements abordables et sociaux qu’elle a promis, 6000 seraient dédiés aux personnes itinérantes. Paul St-Pierre Plamondon s’est engagé à y consacrer 1 milliard $ sur 4 ans, soit 4 fois plus que ce que propose le PLQ, par exemple.
Mais le chef péquiste a dû défendre certaines positions moins populaires en immigration, en affirmant qu’il fallait revenir aux niveaux d’immigration qu’avait le Québec au début des années 2000 pour rééquilibrer les choses. « C’est à partir de Jean Charest qu’on a dit qu’il fallait monter l’immigration pour combler la pénurie de main-d’œuvre. C’est scientifiquement inexact de dire ça. »
Aux élus qui réclament la régionalisation de la planification de l’immigration, il s’est engagé à « y aller par région et par secteur avec sensibilité ». « Je demande aux gens de ne pas perdre confiance. »
Sur le même sujet, Éric Duhaime a reconnu que les régions avaient besoin de travailleurs étrangers, mais a dit qu’il fallait fermer la porte aux « abuseurs », notamment parmi les demandeurs d’asile. « On n’est pas là pour récompenser ceux qui profitent du système. »
Un discours avec lequel s’est inscrit en faux le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard. « C’est facile de casser du sucre sur le dos des immigrants », a-t-il dit à la fin de son discours.
M. Duhaime et M. Milliard sont toutefois d’accord pour que les régions aient voix au chapitre dans la planification de l’immigration. Les conservateurs souhaitent décentraliser la prise de décision au niveau régional tandis que les libéraux proposent que le ministère de l’immigration consulte les maires et préfets avant de planifier les arrivées.