Les partis politiques ne s’entendent pas sur la définition de…

Les partis politiques ne s’entendent pas sur la définition de…

Un programme caquiste d’accès au logement dont les loyers atteignent désormais entre 1722 $ et 2026 $ par mois à Montréal, comme le révélait Le Devoir samedi, ne convient pas aux portefeuilles des Québécois, ont conclu les chefs du PQ, du PLQ et de QS. Ces révélations ont poussé la première ministre à d’abord affirmer que la crise du logement « est du passé » dans certaines régions, avant de rétropédaler quelques heures plus tard.

Payer 1722 $ par mois pour un logement de deux chambres à Montréal ne « répond pas à la capacité de payer des Québécois », a affirmé le chef libéral, Charles Milliard, samedi matin lors d’une annonce à Shawinigan. Même son de cloche chez les péquistes. Les logements « abordables » de la CAQ « sont de la salade », a réagi leur chef, Paul St-Pierre Plamondon, ajoutant qu’il ne considère pas un loyer de 2000 $ comme étant « abordable ».

« Qui est capable de payer ces logements-là ? », a questionné la co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal.

C’est pourtant environ ce que prévoit comme loyer maximal à Montréal la Société d’habitation du Québec (SHQ) pour un 4 ½ subventionné par l’État et considéré comme « abordable intermédiaire », dans les termes du gouvernement caquiste.

Abordables ?

Le programme de logements « abordables intermédiaires » est né en 2025 de la volonté de l’ancienne ministre de l’Habitation France-Élaine Duranceau de construire rapidement des milliers de logements au Québec. Subventionnés par l’État, ces logements sont destinés à la « classe moyenne » et leur loyer peut aller jusqu’à 50 % de plus que ceux des logements de la catégorie « abordable ». En 2026-2027, la SHQ permettait aux propriétaires à Montréal de charger jusqu’à 1722 $ pour un logement de deux chambres, et 2026 $ pour un logement de trois chambres.

Est-ce raisonnable ? La première ministre Christine Fréchette s’est fait demander samedi ce qu’elle considère comme un prix abordable pour un logement. « Quand il s’agit d’un studio, on est à 600 $ par mois et quand il s’agit d’un appartement, on est à 1000 $ par mois », a-t-elle répondu, faisant allusion aux logements abordables destinés aux personnes aînées autonomes construits dans le cadre du programme Mission Unitaînés.

Questionnée sur l’état de la crise du logement au Québec, elle a ajouté qu’il y a des « régions pour lesquelles la crise du logement, c’est du passé ».

Cette déclaration a créé un tollé dans les autres partis. « Il y a une crise du logement présentement au Québec à tous les niveaux », a d’abord réagi Éric Duhaime, chef conservateur. « Je ne suis pas passé dans ces régions où la crise du logement n’existe plus », a lancé quelques minutes plus tard le chef libéral Charles Milliard. « J’en reviens pas ! », s’est exclamée la co-porte-parole solidaire Ruba Ghazal devant les médias. « C’est insultant de penser que la crise, elle est terminée. »

La cheffe caquiste a précisé en fin de journée que « là où il y a encore une crise, c’est au niveau des logements abordables ». « Ce n’est pas nécessairement une crise du logement à grande échelle qui existe encore, mais au niveau du logement abordable », a-t-elle expliqué lors d’une mêlée de presse dans son local électoral, à Trois-Rivières. Selon elle, « il y a encore beaucoup de travail à faire » sur ce front. « Il faut construire davantage. »

Avec Marco Bélair-Cirino, Isabelle Porter, François Carabin et Sébastien Tanguay