Livre Mon Lapin chez Phaidon : « De toute beauté »

Livre Mon Lapin chez Phaidon : « De toute beauté »

Mon Lapin lance son tout nouveau livre avec la prestigieuse maison d’édition Phaidon, représentant le deuxième restaurant canadien — et le premier au Québec (!) — à intégrer le catalogue mondial de renommée internationale. Et nous, on adore quand le Québec rayonne!

Une éditrice de Phaidon s’assoit seule au bar

Tout a commencé avec Emily Takoudis qui s’est assise au bar de Mon Lapin un soir, seule. Elle a mangé et est repartie. Ce n’est que plus tard, par courriel, que l’équipe a appris qui elle était : éditrice chez Phaidon, la maison qui a publié Noma, elBulli et Chez Panisse. Sa question: seriez-vous ouverts à écrire un livre avec nous ? « C’est un peu une histoire de Cendrillon », résume l’équipe. Sauf qu’ici, la pantoufle de verre, c’est un livre de 300 pages qui fait de Mon Lapin le premier livre québécois à rejoindre les rangs réputés. Le sous-titre confirme les intentions de la maison : « Fait à Montréal, avec amour ».

Neuf ans de recettes qui n’existaient nulle part par écrit

L’idée d’un livre n’était pas vraiment sur leur radar, mais elle rôdait, un peu comme un daydreaming entre collègues : on devrait vraiment se faire un cartable de nos recettes, un vrai Google Doc. Le problème, c’est que les chefs de Mon Lapin — Jessica Noël et Marc-Olivier Frappier — n’écrivent à peu près jamais leurs recettes. Neuf ans d’ouverture, des menus qui changent sans arrêt, des plats qui n’ont duré qu’une soirée, d’autres nés en pleine pandémie, les chefs ont dû s’asseoir, peser chaque ingrédient, documenter des techniques jamais formalisées. Plusieurs des classiques de la maison n’existaient nulle part par écrit avant ce projet. Pour l’écriture, Jessica et Marc-Olivier ont reçu l’aide de Vanya et de Mireille Silcoff.

Le livre de Mon Lapin est un peu comme la maison ; unique en son genre, original, offrant des recettes fabuleuses, des histoires palpitantes et amenant dans un monde comme nul autre. Le vrai défi n’a supposément pas été d’écrire, mais plutôt d’avoir choisi. Dix plats de crabe, douze recettes d’asperges : il fallait trancher, garder un représentant par ingrédient, éviter qu’un même produit revienne trop souvent. Un entonnoir, disent-ils, où l’équipe revenait sans cesse sur ses propres choix pour finalement se confirmer qu’elle avait bien fait. Et vous n’avez évidemment que le meilleur. Pour ceux qui demandent, oui, le célèbrissime croque-pétoncle est dans le livre. 

Grammes, tasses ou onces : publier sur trois continents

Travailler avec une maison d’édition présente sur trois continents apporte son lot de défis, certains plus techniques qu’on l’imaginerait. Le sujet qui a le plus fait chauffer les discussions internes chez Phaidon ? Les unités de mesure. Le Québec voulait des grammes. Les Américains, des tasses. Les Britanniques, des onces et des livres. Les Français, eux, ne comprenaient tout simplement pas pourquoi ce n’était pas déjà tout en grammes. Le compromis final mélange les systèmes selon les recettes — preuve que même dans l’édition internationale, la cuisine reste une affaire de partage. 

Oui, on parle français ; non, le Québec n’est pas l’Ontario

Ce qui n’a jamais fait l’objet de négociation, en revanche, c’est la voix du livre. Plutôt qu’une traduction française standard, l’équipe a insisté très fort pour préserver une voix authentiquement québécoise. Jessica appelle ça une belle bataille. Le constat qui l’a justifié est simple : en travaillant avec des équipes à Paris, Londres, New York et Tokyo, l’équipe a réalisé à quel point certaines évidences pour nous demandent encore explication ailleurs — oui, on parle français ; non, le Québec n’est pas l’Ontario. Le livre répond à ça sans discours ni justification, juste en étant fidèle à lui-même. Même logique du côté créatif : Dominique Lafond à la photo, Raphaël Labrie à l’illustration, l’agence montréalaise Paprika au design; une collaboration entièrement montréalaise, parce que Mon Lapin, ni tout à fait bistro, ni bar à vin, investigateur du Fun Dining, choisit préférablement toujours ceux qui comprennent l’âme de la maison pour parle d’elle.

Fait à Montréal, avec amour

Le sous-titre du livre, « Fait à Montréal, avec amour », résume bien l’intention de l’ouvrage: beaucoup d’amour, de générosité, un peu de joual, d’histoires d’amis, de rencontres. Cet objet est imprégné de la ville à travers ses maraîchers, ses pêcheurs, une carte de la Gaspésie dessinée pour expliquer la richesse des fruits de mer d’ici. Le livre s’attarde aussi sur l’hospitalité et le vin. Vanya Filipovic ayant été nommée meilleure sommelière de l’Amérique du Nord —  elle y raconte toutes sortes de récits, d’anecdotes et raconte Montréal et son hospitalité légendaire comme elle seule sait le faire. 

Lancement le 27 septembre et où se procurer le livre

Le lancement a lieu le 27 septembre et vous pouvez vous procurer le livre en prévente ou bien sur tous les sites de ventes de livres de recettes. Le livre est magnifique et très bien écrit. Une autre réussite de l’équipe étoilée. 

Dans dix ans, l’équipe espère une chose simple : que quelqu’un, quelque part, reprenne une recette comme leur mousse de foie de volaille comme référence. En attendant, ils avouent une intention bien plus terre-à-terre — se simplifier la vie pour les cadeaux de Noël (pour nous aussi!). Une belle carte de visite pour le restaurant et pour Montréal. Le monde entier n’a plus qu’à lire.

Bravo les amis ! 

Pour vous procurer le livre, c’est par ici.

Note : Tastet peut recevoir une petite commission sur les achats effectués à partir de ce lien, sans frais supplémentaires pour vous.

Écrit par Élise Tastet
Photographié par Alison Slattery