Macron, Philippe, Hollande... L'échappée des politiques sur le Tour de France

Macron, Philippe, Hollande... L'échappée des politiques sur le Tour de France

Jeudi, Emmanuel Macron. Vendredi, Michel Barnier. Samedi, Édouard Philippe et François Ruffin. Dimanche, François Hollande. Et on en attend d'autres. Alors que les chaudes soirées estivales sont rythmées par les exploits des Bleus aux États-Unis, les politiques se ruent sur les routes du Tour de France, faisant de la voiture rouge de Christian Prudhomme le lieu du mois de juillet. À dix mois du premier tour de l'élection présidentielle, tout est bon pour parcourir le pays, et quoi de mieux que cet événement populaire pour jauger l'opinion.

La suite après cette publicité

En 2011, François Hollande, candidat du Parti socialiste pour l'Élysée, s'autorise une échappée sur le Tour de France. Le Corrézien assiste le 16 juillet à la quatorzième étape entre Saint-Gaudens et le plateau de Beille. Une manifestation d'infirmières se déroule non loin du départ. Le candidat socialiste va les voir, parlemente et obtient la fin de la manifestation. « Avec Henri Nayrou (député socialiste de l'Ariège), nous nous sommes dits : "Là, il se passe quelque chose". Le Tour de France est le thermomètre du pays », soulignait Prudhomme dans le livre « Les lieux secrets du pouvoir » (Éd. Perrin). La démonstration se poursuivra dans la voiture rouge, où le candidat se désintéresse de l'étape pour mettre la dernière main à une interview dans laquelle il expose ses propositions économiques. Neuf mois plus tard, il remporte l'élection.

« Un bon capteur »

« Le Tour de France, c'est un bon capteur. En 2011, je sens qu'il se passe quelque chose. Il y a des moments dans la vie où l'opinion s'empare de vous, se souvenait l'ancien président de la République dans le même ouvrage. Quand vous êtes dans la voiture de Christian, vous voyez des milliers de personnes sur le bord de la route. Vous ouvrez la fenêtre et vous constatez : soit on vous acclame — c'était le cas en 2011, et là on se sent bien —, soit vous vous en prenez plein la tête et les gens crient "Dehors". Quand j'y suis retourné comme président, c'était plus difficile d'ouvrir la fenêtre (rires). »

Depuis Nicolas Sarkozy en 2007, la venue du président de la République sur le Tour de France est devenue une obligation. Cet événement populaire et gratuit rassemble sur les routes et devant la télévision. Il met en valeur l'effort, le travail d'équipe et, surtout, le patrimoine. Le Tour peut paraître également comme une cure de jouvence pour un président en mal de popularité, une parenthèse bienvenue après des semaines compliquées. « Même au sommet de l'impopularité, les présidents de la République ou les Premiers ministres bénéficient de la bienveillance des spectateurs. Le Tour, c'est un lieu de communion », nous expliquait François Bayrou lors d'un entretien croisé avec le patron de l'épreuve.

Emmanuel Macron ne déroge pas à la règle et s'est déplacé chaque année, souvent dans les Pyrénées, là où il a des attaches familiales. C'est d'ailleurs sur le Tour qu'en 2016, il avait confié à Christian Prudhomme qu'il songeait à faire « son échappée ». Deux mois plus tard, il démissionnait du gouvernement et se présentait.

La suite après cette publicité

Dix ans après, le voici une dernière fois en tant que chef de l'État sur la route du Tour. Ses potentiels successeurs ont encore quinze jours pour prendre le pouls du pays, mesurer leur popularité et rêver de maillot jaune. « Le général de Gaulle dirige la France onze mois sur douze ; en juillet, c'est Jacques Goddet », écrivait-on. La présidentielle livrera son verdict le 2 mai. Une seule certitude demeure : Christian Prudhomme restera toujours le patron de la France en juillet.