Menaçant, le FLNC dénonce la « colonisation galopante » de la Corse par les Français

Menaçant, le FLNC dénonce la « colonisation galopante » de la Corse par les Français

France 06/08/2026 12:25 Actualisé le 06/08/2026 12:49

Le groupuscule indépendantiste corse a menacé les « envahisseurs » français s’installant sur l’île. Le parquet antiterroriste se saisit de l’affaire.

Par Timothée Barnaud avec AFP

Des membres du Front de libération nationale corse (FLNC), tiennent une conférence de presse dans un lieu tenu secret en Corse, en janvier 2024.

PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Des membres du Front de libération nationale corse (FLNC), tiennent une conférence de presse dans un lieu tenu secret en Corse, en janvier 2024.

Par la voix d’hommes en armes, le groupuscule clandestin indépendantiste Front de libération nationale corse - Union des Combattants (FLNC-UC) a vivement rejeté le processus d’autonomie actuellement en discussion, menaçant par la même occasion les Français venant s’installer sur l’île.

Lors de cette conférence de presse clandestine couverte mercredi 5 août au soir par Corse-Matin, qui a été le seul média à y participer, une quinzaine d’individus cagoulés et armés, dans un lieu tenu secret et à une date non spécifiée, ont qualifié le processus qui vise à donner une autonomie à la Corse dans la République et qui a été approuvé le 23 juin par l’Assemblée nationale, de « mascarade ».

Ils s’en sont violemment pris à « la colonisation de peuplement galopante » représentée par « l’arrivée massive de près de 5 000 étrangers, dont une grande majorité de Français » sur l’île chaque année, que ce soit pour y travailler ou du fait de l’augmentation « démentielle » des résidences secondaires. Le tout, en dénonçant « l’État français, qui a tout tenté pour criminaliser le mouvement de libération nationale ».

Une enquête ouverte par le parquet antiterroriste

« Collaborer à la validation de textes constitutionnels réaffirmant (...) les principes qui favorisent et vont permettre d’amplifier cette colonisation de peuplement est une grave faute politique », ont insisté les membres du FLNC dans leur conférence de presse.

« En attendant que nos droits nationaux soient reconnus et respectés, nous n’avons qu’un message à leur adresser : restez chez vous », « et dans le cas contraire, ne vous considérez pas en sécurité sur notre territoire national », menacent-ils en s’adressant aux « envahisseurs »

Ces propos du FLNC ont rapidement fait réagir par le parquet antiterroriste, qui a affirmé ce jeudi avoir ouvert une enquête préliminaire pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme ».

Les investigations portent aussi sur « l’acquisition, détention et transport d’armes, de munitions ou d’éléments d’armes de la catégorie A et B en relation avec une entreprise terroriste », indique le Pnat, sollicité par l’AFP.

« Créer un nouveau rapport de force politique »

Comme lors de leur précédente conférence de presse clandestine en janvier 2024, les membres du FLNC estiment que le projet de loi constitutionnelle, qui doit être examiné au Sénat à partir du 21 octobre, « aboutit à la négation de l’existence de notre peuple et au reniement des principales revendications de ces dernières décennies ». Ils annoncent être « déjà dans l’après-Beauvau ».

Le groupuscule s’en prend à tous les soutiens de ce processus : aux partis nationalistes (Femu a Corsica, Core in Fronte, Parti de la nation corse) en assurant que ceux « qui s’expriment au nom du mouvement national, tout en soutenant le dit processus Beauvau, commettent une duperie sans précédent à l’égard de notre peuple ».

Mais aussi aux « manipulateurs haut placés », à la « caste de groupes financiers corses » et aux collectifs antimafia, sans les nommer mais en assurant ne jamais pouvoir « être aux côtés de ceux qui soutiennent les logiques » de « justices d’exception », défendues par les collectifs.

Sans préciser comment, ils appellent le mouvement national, « celui de la résistance », à trouver « les voies et les moyens de créer un nouveau rapport de force politique ». Le FLNC, qui prône « l’indépendance nationale », assure en parallèle qu’il « continuera à jouer pleinement son rôle en soutenant par nos efforts de paix, pour l’heure unilatéraux, toutes les initiatives qui concourront réellement à une solution politique à laquelle notre peuple aspire depuis des décennies. »