Narcotrafic : de nombreuses armes et un stand de tir découverts ce mardi lors d’une importante opération policière à Charleroi - RTBF Actus

Narcotrafic : de nombreuses armes et un stand de tir découverts ce mardi lors d’une importante opération policière à Charleroi - RTBF Actus

Une année d’enquête, avec des écoutes téléphoniques et des perquisitions, a permis de mener hier une vaste opération sur le territoire de Charleroi.

Au total, trente-quatre perquisitions ont été menées dans le cadre d’une enquête visant une bande criminelle active dans le trafic de stupéfiants, principalement de cocaïne, sur le ressort du parquet de Charleroi. Les communes concernées sont notamment Lodelinsart, Roux, Chapelle-lez-Herlaimont, Dampremy et Courcelles. Vingt‑sept suspects ont été ciblés et arrêtés hier.

Un stand de tir a été découvert dans le sous-sol d’une des maisons perquisitionnées

Les saisies comprennent notamment des GSM, 30.000 euros en liquide, de la cocaïne, de l’or et des produits de luxe, mais aussi 24 armes longues, des armes de pointe, des munitions et une mitrailleuse. Un stand de tir artisanal a également été découvert dans une cave, ainsi que des gilets pare-balles, des brouilleurs d’ondes et des véhicules.

Cinq mandats d’arrêt ont déjà été délivrés.

Le juge d’instruction poursuit actuellement son travail.

Des violences liées au trafic de stupéfiants

Au-delà de ce dossier, de manière générale, les autorités constatent une banalisation et une évolution préoccupante des violences liées au trafic de stupéfiants. Septante-neuf faits de violences graves liés à la drogue ont été recensés ces 8 derniers mois à Charleroi, dont quatorze attaques à l’arme blanche et neuf faits d’enlèvement et de séquestration. "Nous ne sommes plus face à une violence de rue classique, mais face à des groupes criminels organisés", explique Vincent Fiasse, Procureur du Roi de Charleroi.

Le territoire de Charleroi est, selon lui, l’un des plus touchés du pays. Les forces sur le terrain sont confrontées à une pression criminelle réelle. Onze faits liés à des guerres territoriales ont été recensés. Tout au long de l’année, entre huit et treize événements graves ont été enregistrés par mois.

Le service judiciaire et la police sont confrontés quotidiennement à cette situation, avec un recours massif aux armes et des risques de victimes collatérales.

La charge opérationnelle est très lourde pour la PJF de Charleroi.

Une mobilisation importante des forces

Delphine de Lavareille, directrice de la Police judiciaire de Charleroi, souligne une pression réelle et de plus en plus forte.

Pour l’intervention d’hier, trois cent cinquante membres de la police fédérale ont été mobilisés, dont deux cent quatre-vingts enquêteurs, avec la collaboration de l’ensemble des forces de police judiciaire du pays. Sont notamment intervenus des membres du laboratoire, de la Computer Crime Unit, onze maîtres-chiens ainsi que des drones de la police fédérale de Liège. Les unités spéciales et les zones de police locale ont également été mobilisées, notamment avec le prêt de cellules pour placer les suspects durant la nuit.

"Cette opération témoigne de l’expertise de la PJF, avec une année d’enquête avant l’intervention menée hier. L’enquête continue. La lutte contre le trafic de stupéfiants reste une priorité pour la police fédérale", conclut Vincent Fiasse.