« On a des idées communes, mais... » : que pensent les militants PS d’une union avec la France insoumise ?
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Les conversations des militants du Parti socialiste réunis en université d’été à Blois se terminent la plupart du temps par une question : leur secrétaire national Olivier Faure sera-t-il candidat à la primaire ? La place de favori que truste Raphaël Glucksmann tiendra-t-elle dans la longueur ? Quel rôle jouera l’ex-président François Hollande, lui qui assure qu’il ne participera pas à la primaire ? Quelle union pour la gauche à la prochaine présidentielle, notamment avec la France insoumise ? Si les cadres du parti semblent unanimes pour la rejeter, qu’en pensent les militants socialistes ? « Le Nouvel Obs » leur a posé la question.
« Nous, on cherche l’union avec ceux qui veulent la faire », explique Rémi Boussemart, président des Jeunes Socialistes qui ajoute : « C’est le choix de Jean-Luc Mélenchon de se lancer dans une candidature très solitaire, sans se concerter avec le reste de la gauche. »
Dans les rangs socialistes, la question insoumise ne semble toutefois pas si tranchée. « Beaucoup d’idées de la France insoumise sont compatibles avec le programme que nous portons », assure Marie Cavalié-Noua, mandataire pour Oliver Faure dans le Tarn-et-Garonne. C’est même ce qu’a répondu le premier secrétaire, interrogé par les journalistes à son arrivée au CamPuS vendredi 28 août : « À 80 %, on vote avec la France insoumise [les projets de loi] ». Sofiane Dihmani, militant socialiste dans l’Essonne, entend lui aussi porter ce projet : « Mon union de la gauche serait la plus large possible. La démocratie est l’amie de la pluralité, c’est pourquoi je ne suis pas un ennemi des autres partis de gauche. » Et d’ajouter une précision hautement symbolique : « J’ai même un portrait de Mélenchon dans ma fédération ! ». Le Nouveau Front Populaire semble encore dans les esprits de certains…
Mais l’engouement unioniste n’est pas répandu chez tout le monde. « Je suis fermé à l’idée d’une union avec le parti de Mélenchon, plaide Jimmy Desmoulin, militant à Amiens (Somme). On a des idées communes, mais la revendication et la véhémence des propos de Jean-Luc Mélenchon ne me correspondent pas ». Beaucoup de socialistes reprochent au dirigeant de la France insoumise ses méthodes antidémocratiques ainsi que ses nombreux dérapages, notamment sur l’antisémitisme. « Le comportement de Mélenchon est presque repoussoir. L’union avec LFI n’est pas bonne pour la gauche », abonde Ivan Aldeguer, serveur et militant dans l’Essonne. Pour « J.-E. », militant à Toulouse, « il n’y a aucun scénario où un front Républicain se constituerait derrière Mélenchon ». Au risque, de perdre le combat face à l’extrême droite.
Alors, quel futur pour les socialistes ? Appelés à voter pour leur primaire début octobre, beaucoup attendent une candidature de leur premier secrétaire. « Je suis convaincu qu’Olivier Faure, avec ce qu’il a fait pour le Parti socialiste, a toutes ses chances pour remporter cette primaire », espère Noé Beulz, militant du Val-d’Oise. Pour l’instant, le favori de la primaire reste Raphaël Glucksmann, ex-socialiste et co-président de Place publique. « Il faudra convaincre de nombreux socialistes, dont moi », prévient Prince Maboussou, militant dans le Loiret, avant d’être rejoint par Lucia Ferreira, élue à l’opposition à la mairie de Biscarosse (Landes) pour qui « Raphaël Glucksmann n’incarne pas les valeurs de la gauche militante. »
Beaucoup d’incertitudes donc, et la probable candidature de Ségolène Royal et la présence de François Hollande en embuscade, compliqueront encore davantage l’équation. Une équation qui devra pourtant être résolue d’ici quelques semaines.
Par Florian Gaupin (envoyé spécial à Blois (Loir et Cher))