Péages à flux libre : le jackpot à 25 millions pour la Sanef grâce aux pénalités de retard de paiements des automobilistes

Péages à flux libre : le jackpot à 25 millions pour la Sanef grâce aux pénalités de retard de paiements des automobilistes

l'essentiel Le système de péage en flux libre, adopté sur plusieurs autoroutes françaises, génère des revenus conséquents pour les concessionnaires grâce aux pénalités de retard. Rien qu'en 2025, ces pénalités ont rapporté 25 millions d'euros à la Sanef (Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France), concessionnaire privée de certaines autoroutes hexagonales.

A79 entre l'Allier et la Saône-et-Loire, axe Paris-Normandie, et bientôt l'A69, l'autoroute reliant Toulouse à Castres : plusieurs axes français ont une particularité en commun, celle du péage à flux libre. Avec ce système, les conducteurs n'ont plus besoin de s'arrêter à une barrière : des caméras enregistrent leur plaque d'immatriculation et le paiement s'effectue ensuite, en ligne ou chez un buraliste.

Défendu par le ministère des Transports et les concessionnaires comme un moyen de fluidifier le trafic et d'en finir avec les arrêts pour récupérer son ticket et payer. De quoi transformer radicalement l'expérience des conducteurs : plus fluide, plus sereine et plus écologique. Le dispositif est assorti d'une contrainte : sans télébadge, l'automobiliste dispose de 72 heures pour régler son passage. Au-delà, une pénalité de retard, appelée indemnité forfaitaire, s'ajoute au montant du péage. La facture grimpe rapidement :

  • Après 72 heures : 10 €
  • Plus de 15 jours : 90 €
  • Au-delà de 2 mois : 375 €

Un système est devenu le nouveau jackpot des concessionnaires selon Le Canard Enchaîné.

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Les "fraudeurs" ont rapporté 25 millions d'euros en 2025

Le phénomène est loin d'être marginal. Selon l'avis du 6 février 2025 de l'Autorité de régulation des transports (ART) sur la concession d'autoroute du Mont-Blanc, les premiers retours font apparaître "un taux de "fraude" très important, de l'ordre de 50 % pour les VL non équipés d'un boîtier de télépéage". Ce taux aurait depuis diminué à 16 %, selon les données du ministère des Transports citées par Le Canard Enchaîné. Mais les retards de paiement continuent de représenter une source de revenus importante pour les sociétés concessionnaires.

L'avis de l'ART permet d'en mesurer l'ampleur. Sur la concession du Mont-Blanc, une projection à l'horizon 2029 estime à 4,8 millions d'euros les recettes de péage générées par les véhicules légers sans télébadge qui paieraient dans les 72 heures. Dans le même temps, les pénalités liées aux retards de paiement pourraient atteindre 18,9 millions d'euros.

Autrement dit, selon cette projection, les pénalités représenteraient près de quatre fois les recettes de péage effectivement acquittées dans les délais par cette catégorie d'automobilistes. Un écart que l'ART explique notamment par les premiers retours d'expérience du flux libre : au début de leur exploitation, les nouvelles installations ont enregistré des taux de non-paiement particulièrement élevés chez les conducteurs non équipés d'un télébadge. L'envoi des pénalités de retard contribue ensuite à faire baisser ce taux.

En 2025, ces pénalités de retard payées par les conducteurs, appelés "fraudeurs" par l'ART, ont rapporté à la Sanef, un concessionnaire d'autoroute, 25 millions d'euros, sur la seule portion Paris-Normandie. De quoi faire grincer les dents des conducteurs qui peinent à comprendre le système.

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Un délai supplémentaire avant les pénalités

Pour éviter que les oublis ne se transforment trop vite en pénalités, un amendement, le CD80, adopté en commission en juillet, propose d'ajouter une étape au dispositif. L'automobiliste recevrait d'abord un avis l'invitant à régler uniquement le péage, avec 15 jours pour le faire sans pénalité. Il disposerait ensuite d'un délai allant jusqu'à un mois pour régulariser, avec une pénalité minorée. Le texte doit désormais être examiné en séance publique.

Une manière qui pourrait laisser davantage de temps aux conducteurs pour s'acquitter d'un système encore mal maîtrisé.