Décontaminer l’eau des pesticides et PFAS pourrait coûter 5,7 milliards
20 Minutes avec AFP
Publié le 31/07/2026 à 18h36 • Mis à jour le 31/07/2026 à 19h30
C’est un montant astronomique ! La dépollution de l’eau potable face aux micropolluants pourrait entraîner un surcoût annuel compris entre 1,3 et 5,7 milliards d’euros, selon un rapport interministériel mis en ligne jeudi. Le document évalue plusieurs scénarios de traitement des résidus de pesticides et des PFAS.
Réalisé par l’IGEDD, l’Igas, l’IGF et le CGAAER, ce rapport, commandé en septembre 2025, estime que ces substances persistantes « laissent craindre une hausse des non-conformités de l’eau potable dans les années à venir ». Il souligne aussi que « la détection dans l’eau potable de la présence diffuse de nouveaux types de micropolluants chimiques très persistants […] rend le respect des limites de qualité européennes de plus en plus difficile », notamment dans le Nord et l’Est de la France.
Des restrictions d’eau dans plusieurs départements
Ces derniers mois, plusieurs communes de la Meuse et des Ardennes ont mis en place des restrictions de consommation de l’eau après des contaminations, notamment par des PFAS. Le rapport décrit également un service public de l’eau potable « fragilisé par un sous-investissement structurel » et par une application limitée du principe pollueur-payeur.
Quatre scénarios sont présentés. Le premier, qualifié de « socle minimal », représenterait un surcoût de 1,3 milliard d’euros par an. Le deuxième, intégrant des normes plus strictes pour le TFA, atteindrait près de 2,2 milliards d’euros. Les deux derniers, qui étendent la dépollution aux sols et au grand cycle de l’eau, sont évalués à 3,2 et 5,7 milliards d’euros.
Renforcer le principe pollueur-payeur
Le rapport est publié dix jours après l’adoption de la loi d’urgence agricole, qui modifie la hiérarchie des captages d’eau potable à protéger. Des collectivités ont fait part de leurs inquiétudes sur le nombre de captages prioritaires et sur un éventuel report d’une partie des coûts de dépollution.
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Les auteurs recommandent de renforcer le principe pollueur-payeur, avec un potentiel de 1,2 milliard d’euros de recettes supplémentaires par an. Ils estiment toutefois que ces ressources « seront néanmoins insuffisantes pour éviter le recours à terme à une hausse du prix moyen de l’eau », évaluée entre 3,5 % et 59 % selon les scénarios, avec une « forte variabilité selon les territoires ».