Près d’un million déjà récolté : comment Raphaël Glucksmann prépare son trésor de guerre pour 2027

Près d’un million déjà récolté : comment Raphaël Glucksmann prépare son trésor de guerre pour 2027

Les politiques ne sont pas les seuls à rejoindre la campagne de Raphaël Glucksmann. L’argent afflue aussi. Selon nos informations, l’essayiste social-démocrate a déjà levé près d’un million d’euros en vue de l’élection présidentielle, principalement au cours de dîners ou de cocktails organisés ces derniers mois par le banquier d’affaires Jacques Ittah, associé-gérant chez Wil Partners et spécialiste des levées de fonds. Le candidat Place publique n’entend pas s’arrêter en si bon chemin : s’il a mis entre parenthèses les levées de fonds le temps de la campagne pour la primaire socialiste, Raphaël Glucksmann compte bien accélérer en cas de victoire le 17 octobre prochain et lever 4 à 6 millions d’euros supplémentaires.

Objectif : apporter les garanties nécessaires aux grandes banques pour décrocher un prêt en vue de l’élection présidentielle et atteindre ainsi « 15, 16 voire 20 millions d’euros de budget de campagne », souffle un proche de Glucksmann. Qui y voit aussi une manière d’affirmer l’ambition du candidat de centre-gauche : « Notre objectif n’est pas d’être sur la ligne de départ mais bien de gagner la présidentielle. » À titre de comparaison, en 2022, le montant des dépenses des gros candidats s’échelonnait entre 10,9 millions d’euros (Éric Zemmour) et 16,5 millions d’euros (Emmanuel Macron). Une division dans laquelle comptent bien se hisser les équipes de Raphaël Glucksmann.

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« Nous aurions pu tout à fait nous financer par nous-même »

D’autant que, s’il venait à remporter la primaire socialiste, Raphaël Glucksmann pourrait compter sur le soutien financier du Parti socialiste. En marge des négociations sur l’organisation du scrutin, un accord a ainsi été trouvé entre les formations participantes pour abonder au compte de campagne du vainqueur.

Le montant qui serait fléché par le PS vers la campagne de son candidat à la présidentielle demeure à ce jour confidentiel. Mais il devrait s’établir a minima à plusieurs millions d’euros. Lors de la dernière élection présidentielle, le PS avait ainsi déboursé 3,7 millions d’euros pour financer la campagne de sa candidate Anne Hidalgo.

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Toutefois, l’entourage du candidat tient à battre en brèche l’idée selon laquelle Raphaël Glucksmann a rejoint la primaire du PS pour des raisons financières, comme la presse a pu s’en faire l’écho ces derniers mois. « Nous aurions pu tout à fait nous financer par nous-même. La décision de concourir repose sur un choix stratégique », avance un soutien. L’eurodéputé Place Publique souhaite avant tout bénéficier du maillage territorial du PS, qui peut compter sur l’enracinement de ses fédérations. Tout comme il espère gagner ses galons de présidentiable, en l’emportant dans une compétition qui s’annonce particulièrement disputée face à Olivier Faure.

« Il se fait défoncer du cocktail au dessert »

Très vite, l’équipe chargée des levées de fonds a renoncé à imiter Emmanuel Macron, qui en 2017 avait financé sa campagne, exclusivement à base de dons de particuliers, récoltant près de 16 millions d’euros, dont près de la moitié venait de gros donateurs, qui avaient contribué à hauteur de 4 500 euros ou plus. « Impossible à reproduire, concède un proche du candidat. On ne peut pas battre Macron, c’était l’arme ultime de la levée de fonds. C’était une machine qui n’hésitait pas enchaîner deux ou trois dîners de levée de fonds après un meeting. Raphaël Glucksmann n’est pas monté sur le même modèle. Après un meeting, il a besoin de se poser, réfléchir. »

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Le candidat Place Publique ne ménage pas pour autant ses efforts. « Il est monté crescendo et s’est familiarisé peu à peu avec l’exercice », souffle un participant. La mécanique derrière les dîners de levée de fonds est désormais bien rodée. Il ne s’agit pas uniquement de gagner de l’argent mais aussi « d’endurcir » le candidat, en le confrontant à des experts sectoriels aux points de vue parfois très différents des siens. « Il y a toujours un tiers de soutiens de Raphaël et un tiers d’opposants, glisse un proche. Avec parfois des dîners qui durent de 20 heures à une heure du matin, où il se fait défoncer du cocktail au dessert… ». La préparation à la présidentielle passe aussi par là.